Le jeune illustrateur, cependant réserve un coup de théâtre à ses complices de l'Uylenspiegel ; Il
se marie le 28 Juin 1857 avec Charlotte Polet,( voir m
es articles sur Thozée) dans cette même rubrique) fille d'un juge au tribunal de Namur et comble de l'inconséquence, retourne
vivre en Namurois. Voici une vue de son atelier à Namur à cette époque, rue Neuve n°13 et juste en-dessous une oeuvre de son époque namuroise qui date de 1863 et s'intitule " Un enterrement en pays wallon ";
Dans une lettre à Charles De Coster, Rops décrit un triste cortège funêbre qu'il a suivi, à Namur et qu'il a fidèlement
reproduit:
" J'étais à Namur, ne sachant que fire(...)En chemin, je rencontre un enterrement.
J'ai toujours eu un faible pour les enterrements. c'était un enterrement triste celui-l, c'est rare. Derrière le cerccueil (...) suivait un petit garçon blond, de ce blonf fade né des cours
de récréation sans air et des verbes copiés 10 fois en punition d'un sourire. C'était lui le pauvret qui menait le deuil, avec son petit nez rouge et de grosses marmes à travers les cils. A ses
côtés, digne et protiectant, ambulait un monsieur, le "mon oncle" ou le tuteur légal (...)Un gris curé goutteux,avec les bras tombant sur les boucles de ses souliers, deux prêtre
psalmodiant lugubrement grotesques, encore enluminés par la digestion dérangée, un bedeau avec de
l'ouate dans ses oreilles, deux membres mâle et femelle de quelque congrégation, un enfant de coeur et un chien, c'est tout(...)L'enfant de choeur pendant les derniers oremus, aspergeait le
chien, et les porteurs buvaient le pequet de circonstance. Celà m'a plu. Je l'ai dessiné sur une grande pierre lithographique, et voilà ! "
La presse namuroise a violemment attaqué cette oeuvre qu'elle trouvait
anticléricale. Difficile, en effet, de ne pas voir dans cette lithographie, la dénonciation de la bêtise du clergé, absorbé par les conventions cléricales, et celles des adultes, coincés dans
leurs fonctions respectables. Pas un geste de consolation ou de tendresse pour le petit orphelin debout, face à la fosse. La seule présence féminine, en face de lui, semble froide, distante et
indifférente. L'homme de dos, à côté de l'enfant, ne fait pas un mouvement vers lui. Les deux pieds plantés dans le sol, il paraît plutôt autoritaire qu'amical. N'oublions pas qu'à l'âge de
quinze ans, Rops perd son père et est confié à un tuteur avec qui il ne s'entendra jamais. Dans cette oeuvre, l'artiste a t'il stigmatisé une part tragique de sa jeunesse?
On a souvent comparé" Un enterrement en pays wallon" à" l'Enterrement à Ornand de Courbet". Cependant le propos en est différent. Courbet a fait
oeuvre de réalisme en peignant un village au grand complet, rassemblé pour un enterrement. Rops, quant à lui, insiste sur la physionomie des personnages, touchant à la caricature On remarquera"
L'Ecriture de Rops " qui était aussi un grand écrivain et dans son style, très en avance sur son temps, tout comme dans sa "peinture"

