Depuis l'université, Rops connaît une jeune
namuroise, Charlotte Polet de Faveaux (photo, ci-contre) fille d'un juge au tribunal de Namur.Le château de Thozée appartient à cette famille et c'est ainsi que Rops découvrira ce lieu
enchanteur: "Je file pour l'instant un amour platonico-culinaire, écrivait-il en 1854, trois ans avant son mariage, j'entrecoupe chaque bouchée par un madrigal, et j'effeuille une marguerite
entre deux verres de bordeaux; on tient à ce que les qualités physiques du gendre ne soient pas détériorées et on le soigne, le gendre-bohême se laisse pousser des rubis sur le nez, et tout
le monde est content. Voilà ce que j'appelle la vie de château"
Le mariage est célébré le 28 Juin 1857 et les jeunes époux habitent dans la demeure familiale, rue Neuve, 13 à Namur. Le 7 novembre 1858, Rops annonce en grandes pompes la naissance de son fils:
"Il m'est né né un fils qui s'appelle Paul. Il avait le nez rouge foncé en venant au monde, j'en ferai un rude coloriste ".
Juliette rejoint le cercle familial en 1859. Rops la décrit: " Elle a des cheveux noirs et de grands yeux bleus, je l'adore, prie Dieu de me la conserver, je me tuerais si je la perdais-ces
yeux-là feront bien souvent rêver leur père. Je l'aime " Elle décèdera d'une méningite, à l'âge
de 6 ans(ci-dessous les photos
de Juliette et de Paul ) " C'est mon grand malheur, confie Rops à Alfred Delvau. Il faut du temps pour s'habituer à supporter une douleur quand on n'a jamais rien supporté du tout "
Le quotidien du couple se partage entre Namur et le château de Thozée, propriété de l'Oncle de Charlotte, Ferdinand de Faveaux, et ensuite Bruxelles, ù le couple se fera construire une maison au
Rond Point de l'avenue Louise
Au décès de son Oncle en 1877, Charlotte hérite du domaine de Thozée. Feliceine y accueille nombres de ses amis artistes. Parmi eux le poète
Charles Baudelaire. Rops écrit à Henri Liesse: " Ici rien de nouveau, - les grands saules chantent dans le vent et les ormes prennent des airs sombres qui font présager
l'automne. Les brouillars lumineux de septembre vont venir et me rappeler les jolis départs de chasse de mon enfance...Moi trop jeune pour prendre mon repos, j'ai accroché dans la panoplie sous
la trompe bosuée des grands parents qui, jadis avait tant sonné la curée, à côté du fusil à baguette de mon père, le bon Léfauchaux dont le damasquinage s'est usé sur mon épaule et qui abattait
si vaillamment les bécasses en novembre dans les aulnaies de la Mare aux pies. J'ai pris la pique et le sac du paysagiste tant méprisé par les figuristes
Braconnier ne puis
Chassaillon ne daigne
Peintre je suis
Et voilà comment mon cher ami je me suis fait paysagiste ".
Et voici comment Rops n'hésite pas à faire de Thozée le château de ses
ancêtres
Voici une peinture de Rops réalisée en 1874, représentant son épouse Charlotte se dirigeant vers l'étang 'Huile sur
panneau 15/30) et plus bas " Neige à Thozée" réalisée en 1875 (Huile sur toile 42/67,5

