BIO 54 Année 58 Cours de Danse et Avignon TNP-Cavalière
En 1958 je rate ma deuxième année de droit (il commence à y avoir trop de droit et trop peu de littérature, bref ça devient barbant). Au lieu de préparer ma deuxième session, je m'inscris à un stage de théâtre en AVIGNON. Pofesseurs: Jean Vilar, Gérard Philippe, Maria Casarès, Daniel Sorano, Georges Wilson, et Maurice Jarre, le père de l'autre. Excusez du peu. Nous prenons nos cours de théâtre dans les Jardins d'Urbain V et nos apéros et nos repas avec les comédiens et quels comédiens ! C'est la grande époque du TNP (Théâtre National Populaire). Chaque soir les commerçants ferment boutique et montent vers le Château des Papes aux sons des trompettistes de Maurice Jarre situés dans la cour d'honneur (je suppose qu'aujourd'hui aux mêmes moments du grand Festival, leurs enfants doivent regarder la télévision). J'assiste aux représentations " d'Oedipe-Roi" d'André Gide avec Jean Vilar, de" Lorenzaccio" et des "Caprices de Marianne" de Musset avec Gerard PHILIPE. Quelle aventure d'avoir pu côtoyer ces gens-là !!!.
Cette même année Gerard Philippe avait défilé contre le retour de De Gaulle au pouvoir.Et comment oublier Maria Casarès...
Et Jean Vilar que j'ai vu dans "L'Oedipe" d'ANdré GIDE et qui est enterré dans le même cimetière que Valéry et Brassens
Souvenirs étranges. je suis au bord des choses de la vie, rencontre des gens passionnés et passionnants, au sein d'une époque de fêtes, mais je suis mal dans ma peau. je sors du cocon de ma mère et je me heurte maladroitement aux vitres, mouche naissante, pleine de vitalité, mais trop pressé (ça na pas changé, je suis resté un "homme pressé" mais différent de celui de Paul Morand)
J'ai une compagne plus ou moins attitrée, Cécile D. qui fait la Philosophie à Liège, mais nos rapports sont très conflictuels et j'ai pas mal d'autres aventures
Après Avignon, je descends vers cette Méditerranée qui m'aspire depuis 1956.Je repasserai par Paris au retour et y retrouverai ma compagne Cécile. Mais je suis très mal dans ma peau, quasi suicidaire. Je porte jeans et t-shirt à rayures horizontales bleues et blanches, tel un petit mousse, maigre comme un clou, graine de voyou. Interminables attentes en stop, le lond de la Nationale 4, notamment dans la région du Luc et de Draguignan. Je vise Saint-Tropez mais en fait aboutis à Cavalière (Photo du bas), dans un camping. Vacances nulles sous un soleil brûlant. Je suis maigre comme un clou

