BIO 54 bis. Côte dAzur 1958
Pourquoi à Cavalière ?. Parce qu'en fin de parcours je prends un car, abandonnant le stop après avoir traversé tous les faubourgs de Marseille, sans être chargé, sympathise avec un petit français, sorte de Brialy de poche
Il n'a pas de tente, j'en ai une, il me demande de la partager, j'accepte et il m'emmène dans son camping préféré, en bord de plage. C'est un vrai petit dragueur à la con et là je vais vivre une semaine totalement creuse, une semaine de plage, sous un soleil implacable, car dragueur je ne suis pas, du moins pas à la con. Et puis je pense à ma compagne Cécile qui est restée en Avignon.
En outre, j'ai raté ma première session, je vais devoir rentrer chez moi pour" bûcher" et tout cela n'est pas très gai. Je ne suis pas encore rôdé au soleil du Sud et j'attrape des brûlures féroces surtout aux jambes (Voir la photo ci-contre), c'est presque Rimbaud en Abyssinie," un sieur Vancau, dit négociant". Après tout je suis un blond à la peau claire et mon père est à la limite de la rousseur. Sur la plage, il porte un chapeau sous un parasol et cette double protection ne lui suffit pas. Alors il entoure ses jambes écrevissées, de journaux entortillés. Ah la vie au grand air !!! Ce sont pour moi des images fortes. Mon père aime la mer mais seulement à l'aube ou au crépuscule, sur les plages du Nord de préférence. Ce que voyant, je décide de devenir le contraire. Je serai l'Indien que j'étais lorsque j'avais cinq ans. Je bronzerai ma peau à tous les soleils, des mers du Nord à celles du Sud. J'ignore à l'époque, que cette offrande perpétuelle au soleil, va faire de moi un véritable Sioux, aux totems de cocagne. Ce que je suis aujourd'hui, à quatre-vingt ans: Un Indien Peau-Rouge, Gitan blond (enfin gris)

