Donc c'est à ce moment-là que je vais vraiment aller voir du côté des filles. Pour moi c'est l'inconnu et une certaine crainte à vaincre. Mais j'ai toujours provoqué mes peurs en duel !
Et n'allez pas croire que je couche avec mon amie Cécile, car, comme moi, elle sort d'un bénitier, ma petite grenouille rousse. Toutes les filles que je vais rencontrer par la suite désirent arriver vierges au mariage. Alors on fait tout sauf "ça". En outre la pilule n'existe pas encore et le préservatif on n'ose pas aller en demander un dans une pharmacie, car tout le monde vous regarde de travers. Elles sont toutes "filles à marier" et elles ont peur de pas pouvoir trouver un époux, si elles n'arrivent pas vierges a leur mariage. Oui c'est comme cela dans mon milieu catholico-bourgeois, en 1958. Et j'ignore si l'on baisait plus facilement dans les milieux ouvriers de Seraing ou de Flémalle.
Dans mon entourage, il y a quelques "sorteurs" qui ont des préservatifs en poche et les montrent à leurs copains, avec un clin d'oeil complice, pour essayer de faire croire qu'ils "couchent", eux !. Des petits caïds de province avec une démarche à la Bronson. Cette deuxième année de droit m'amène donc à une certaine déliquescence? En fait, on commence à faire vraiment du droit, Droit Romain et Droit Civil, et ça ne m'intéresse pas du tout. Ce sont le filles qui m'intéressent.
Et dans ma révolte de jeune bourgeois aux jeans bleus, Duffelcoat noir et cheveux anormalement longs, j'attrape un style qui est dans l'air du temps et je commence à réaliser tout doucement que je peux plaire aux filles. Au début je n'y crois pas, car je n'ai aucune confiance en moi, à ce niveau. J'ai conquis Cécile difficilement, mais très vite lors d'une soirée, je me laisse séduire par une grande séductrice, une amie proche de Cécile. Je me souviens d'une longue promenade dans l'aube naissante, au centre de Liège, main dans la main. Son père est banquier et habite Place Cathédrale (à la Banque commerciale dite Banque Denis, bien connue à l'époque) Elle, est étudiante en philo, comme Cécile. Je connais son frère Pitou qui a été aux scouts avec moi. Quant à sa soeur Agnès, elle est fiancée avec Jean-Maurice Dehousse, futur mayeur de Liège et socialiste convaincu. Je vis au-dessus de la Banque quelques repas de famille étonnants.
Jean-Maurice Dehousse, je le fréquenterai véritablement un an plus tard, dans un petit comité que nous constituerons (aussi avec Robert Remouchamps), pour permettre au Père Pire de construire une maison au Pakistan, dans une de ses Iles de la Paix, maison patronnée par l'Université de Liège. Nous récolterons la somme nécessaire à savoir 300.000 FB !! Quant à Anne, notre idylle fut de courte durée et je suis revenu rapidement vers Cécile. J'ai revu Anne bien plus tard, non pas "un soir par hasard dans un bar" (de Guy Beart), mais dans une friture, en bas de la rue Saint-Gilles, et entre un cervelas et une sauce tartare, j'ai appris qu'elle était devenue psychanalyste. Je me suis demandé si elle avait résolu ses propres problèmes à ce point ??
En tout cas c'est rempli de Cécile, que je descends en Février 1958 à MENTON, rejoindre ma mère pour une semaine. Que fait-elle là ma mère, éternelle voyageuse. Une cure? Avec ou sans Curé ? Et pourquoi vais-je la rejoindre ? Il est vrai que j'ai chopé en 1956, le virus méditerranéen et qu'il y a quelque chose de fascinant à quitter la Belgique en plein hiver, pour se retrouver dans une chaleur douce et caressante. Il fait doux en effet mais il pleut comme personne et sans arrêt pendant toute la semaine que je passe là-bas, ce qui ne m'empêche pas de visiter cet extrême Est de la côte d'Azur: Menton et ses arcades, dejà l'Italie. Et la découverte du Rocher de Monaco et de l'arrière pays, celui de Sospel. Mais je ne pense qu'à Cécile. Je me souviens avoir vu une robe dans une vitrine. J'aurais voulu la lui offrir et je la montre à ma mère. Naïf ! Tu n'as pas encore compris que ta mère s'appelle Jocaste, pauvre Oedipe, C'est la bagarre, ma mère est ulcérée. Je me tire et je rentre en Belgique, avec le souvenir d'une bien belle ville, pleine de caractère, italienne, puisque nous sommes à la frontière. Jugez vous-mêmes

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Ci-dessus les Jardins BIOVES
Et enfin la Plage. Il faisait chaud et il pleuvait. Je m'y suis baigné tous les jours




