Un petit retour en arrière. Juan-Manuel FANGIO et Paul GENDEBIEN, photographiés sur le podium de Francorchamps, avec mon petit appareil .Agfa Box, dans les années 1953-54. Chaque scout avait son coureur et devait afficher dans les tribunes, le nombre de tours accomplis par son coureur
Donc il ne me dérange pas ce nouveau professeur de rhétorique, le Père Delepierre, un petit gros. Je lui offre même une dissertation philosophico-religieuse, à l'examen écrit de religion, un texte remarquable, paraît-il, à propos duquel, il est dithyrambique devant toute la classe, classe dans laquelle je suis devenu parfaitement terne an niveau de mes résultats et pestiféré au niveau de mon refus d'entrer dans les ordres. Je suis un élève moyen qui essaie péniblement de s'en tirer au niveau des maths, de l'algèbre et de la trigono (par contre la géométrie ça marche), qui sont ses cauchemars depuis toujours (autre forme de refus du père), afin de pouvoir obtenir "Le grand Diplôme ", le "petit diplôme" ne donnant accès qu'aux études littéraires ou au Droit. Le grand diplôme par contre donnait accès à la Médecine, aux ingénieurs etc..., à condition que nous les "gréco-latins" fassions une année après la rhéto à savoir la Scientifique, qui elle, était la rhéto normale de ceux qui avaient fait leurs études modernes et qui n'en avaient rien à cirer des langues mortes. Au fait à quoi ça sert une langue morte au fait ???.
Mais ce même Père Delepierre nous tenait néanmoins des discours délirants destinés à canaliser notre puberté turgescente. Il nous donnait un cours de religion sur le mariage. N. Notre mariage serait une répétition du mariage entre le Christ et sa Sainte Eglise, donc une grande histoire d'amour entre le message du Christ et une Eglise qui bien entendu, ne l'aurait en rien trahi. Il faut oser tout de même. Donc notre future femme serait comme une église. Tu parles d'un pied. Nous étions tous des "Christ "et notre future femme serait notre "Sainte-Mère l'Eglise, donc notre mère. La boucle est bouclée car si la femme n'est pas exclusivement une mère et une église, elle ne peut être qu'une salope. Notre mariage serait donc l'alliance du Christ et de l'Eglise et nous aurions beaucoup de petites grenouilles de bénitiers que nous vêtirions de soutanes noires. Je ne plaisante pas, il existait un cours écrit par lui et il doit en rester des traces. Et en plus celà ne concernait évidemment que les cinquante pour cent d'entre nous qui ne voulaient pas devenir "Curés"
Petit execice de mémoire en regardant la photo ci-dessus. De bas en haut et de gauche à droite: Paul Gielen, premier de classe, Alain Nondonfaz, Malmédy, Le Père Delepierre notre professeur, Walsch, Roger Le Bussy et Pierre Verlaine, grands amis.
Deuxième rang en montant: Manu Delamotte, autre premier de classe, Jeukens, Bormans, Pierre Smal, Moi (quelle coiffure zazou ou zazie comme dirait Johnny dans le Paris-Dakar à propos de Zidane) Campion, Michel Potelle, Pierre Couvreur et Devresse.
Troisième rang: Fanuel, Trousse, Albert Hemmerlin, Jean-Pierre Willemaers, mon ami poète, Philippe Nonet, grand ami aussi, Emmanuel Mahy
Quatrième rang, toujours de gauche à droite. Boxus, Guy Palmers, Cawez, Hardenne, Guy Philippart de Foy, Michel Mersch (autre grand ami)
Et les trois au-dessus: Brisbois, Georges Gevers et Alain Pirard S.J. C'est lui qui s'occupe de l'Association des anciens élèves. C'était mon second de patrouille aux Scouts
Eh bien finalement, 52 ans plus tard, je me souviens de tous les noms
Je dois aussi et encore parler du scoutisme, toujours présent, à la XXeme Saint-Hubert, troupe inter-paroissiale de gosses de riches et de nobilions, troupe évidemment catholique mais trop snob pour se mêler à la lie des paroisses de quartier. L'Ecureuil réservé (moi) est devenu second (sous-chef de bureau, pourrait-on dire ) de la patrouille des Spiroux, décidément les écureuils me poursuivent , puis chef de patrouille, après le départ d'Hubert Halkin. CP comme on disait. Fort taiseux, je n'ai pas d'autorité sur les autres, je suis trop "copain" avec eux. Les chefs hésitent à me donner cette responsabilité, mais il n'y a personne d'autre. Je suis en fait, nommé à l'ancienneté et m'efforcerai de prouver que je vaux bien n'importe qui. Mon second de patrouille est un élève de ma classe à Saint-Servais, André Pirard, totemisé Girafe car il est plus grand que tout le monde. Futur Jésuite et donc toujours à Saint-Servais, et responsable des Anciens. Salut André si tu m'écoutes ! (je sais que certains me lisent là-bas au Collège, quelques survivants) Et j'accomplis alors une sorte de carrière dans le Scoutisme. Je réussis mon Hike de première classe (On part dans la nature pendant trois jours, on repère ses itinéraires avec une carte et une boussole, on doit gagner son pain en travaillant dans les fermes et on dort dans les foins à l'intérieur des granges ). Ensuite je réussis à Bruxelles, successivement le Hike de la Couronne et le Wood-Badge. Je deviens ainsi Scout de la Couronne, une sorte de Légion d'honneur, en somme. Imaginez la fierté de ma mère, elle qui pleure encore l'abdication du Roi Leopold III en 1950
D'ailleurs en 1951, à 14 ans (il en fallait quinze normalement), j'ai eu la chance d'être sélectionné pour participer à un Jamboree, grand rassemblement des scouts du monde entier. Je me suis retrouvé à Bad Ischl, en Autriche, dans la vallés de l'Inn, à 34 Kms de la maison de Thomas Bernhard à Gmünden (mais je ne le connaissais évidemment pas à l'époque ), non loin de Salzbourg. Immense plaine entre deux montagnes, avec des milliers de tentes et des scouts de toutes les couleurs. On se promenait les uns chez les autres, on s'échangeait des badges ( j'en ai encore), on assistait aux feux de camp des indiens Dakotas ou des Ethiopiens cuivrés
Ma troupe est donc une troupe de nobles ou de semi-nobles, royalistes et catholiques. Beaucoup de parents ont de petits ou de grands châteaux dans la région liégeoise ( de Laminne de Bex, de Theux de Melan de Montjardin, Chevaliers du Saint-Empire, Henri de Frahan, de Pierpont, de Terwagne d'Hautricourt etc...) Tout ce petit monde doré, joue au tennis au Sart-Tilman, à Duinbergen et au Zoute, à savoir à la Côte belge et se passionne pour les courses de motos et de Formule Un, à Francorchamps. Etant affecté à l'affichage du nombre de tours accomplis à la Tribune d'honneur de Francorchamps sur la ligne d'arrivée, j'ai pu côtoyer les grandes vedettes de l'époque, Fangio, Stirling Moss et en moto le fameux Pasteur Anglais prénommé Duke qui gagnait sur Norton 350 et 500 et franchissait la ligne en solitaire en se couchant de tout son long sur sa moto ( voir photo en haut de page)



