BIO 28 SCOUTISME-1949
1949, c'est aussi mon entrée dans le Scoutisme à Liège. A la XXe Saint-Hubert, une troupe catholique mais inter-paroissiale, qui a son local à Cointe, au lieu-dit "Le petit Bourgogne", la troupe de la grande bourgeoisie liègeoise, de la noblesse aussi. Des noms à charnière, comme de Laminne de Bex, Begasse de Dhaem, de Ville de Goyet, de Theux de Melan de Montjardin, chevaler du Saint-Empire (oui ça existait encore; il se prénommait Louis et se présentait "Louis de Theux de Montjardin, Chevalier du Saint-Empire du même style de folie que celle de Jean-Edern Hallier, à qui il ressemblait d'ailleurs ), de Spirlet, de Pierpont et autres Nagelmackers. Rien que du beau linge! Voici deux photos de mon premier camp en 1949 à Bérisménil. Photo du haut, le blondinet à droite sans chapeau, c'est moi. Le 2e, debout à gauche, c'est Vincent Halkin, futur Doc Gyneco et fils du Professeur d'Université Leon Halkin. Photo de bas, le petit chétif, debout à gauche, devant mon chef de patrouille, Jean-Pierre Paquot, futur toubib, c'est encore moi. A sa droite, mon cousin germain François Duesberg, de quatre ans mon aîné. Accroupi devant moi, Baudhuin Nagelmackers. Accroupi à l'extrême droite, Hervé de Borman (futur Notaire). Debout derrière lui le second de patrouille, Baudhuin Jamar de Bolzée.
Je vais sur mes 12 ans et je m'allonge, devenant presque chétif et courbé. Après mon entrée flamboyante au Collège Saint-Servais, il est en train de se passer quelque chose avec l'entrée dans le tunnel de l'adolescence, car aux scouts, je vais devenir un garçon timide, complètement recroquevillé sur lui-même, totalement silencieux (parmi ceux qui sont en train de me lire et qui me connaissent aujourd'hui, je devine beaucoup de regards incrédules).
Eh bien non tous les scouts savent que je suis le garçon qui ne parle pas. La preuve: deux ans plus tard, on me totémisera Ecureuil Réservé. De cette torpeur, je ne me réveillerai que vers 17-18 ans!
Il n'empêche que le scoutisme m'a aidé. D'abord à avoir une famille. Ensuite à côtoyer la nature régulièrement, ce qui pour un enfant de villes est fondamental Mais des amitiés, je n'en ai gardé aucune car à 18 ans, j'ai quitté ce monde catholico-bourgeois, en dehors de quelques boums dans des familles très "chic" au cours desquelles j'ai foutu un tel bordel que très rapidement je n'ai plus été "prié" Et oui "Prié"c'est comme cela qu'on disait! chez les cathos bourgeois. Il n'empêche que jusqu'à mes 18 ans, je vais faire une "brillante carrière" dans le scoutisme, passant une à une les épreuves initiatiques (Le Wood Badge notamment) qui vont m'amener à 18 ans, à être consacré Scout du Roi et Scout de la Couronne.( J'étais mal barré, là)
A 18 ans, entré à l'Université, j'ai fait un dernier camp à Marcourt, comme assistant de Troupe et puis... terminé ! Je ne suis pas devenu routier, ni routier-maître comme la plupart des autres et n'ai jamais assisté à un banquet d'Unité. Comme autres faits marquants, il y aura un Jamboree en Autriche à Bad Ischl, en 1951, à deux pas de chez Thomas Bernhard, qui heureusement n'était pas du tout scout, lui. Et puis un tournoi de tennis que j'ai remporté en battant tous mes amis qui, eux, étaient affiliés à un club chic, celui du Sart-Tilman, moi pas, et un tournoi de rugby où j'ai marqué de nombreux essais en finale contre une autre troupe liégeoise. Je n'étais pas spécialement baraqué mais je courais très vite et puis surtout, j'avais la rage ! Et puis j'avais 17 ans et je commençais à sortir de ma réserve. C'est cette même rage qui m'amènera sur les rings autour de mes 20 ans, à La Sauvenière, à Liège en 1963.





