Photos de notre excursion à LA PEURRIE, lieu Mythique, avec Claudine et Denis VIncenot ce mardi 2 septembre.Rendez-vous à 14h00 à La BUSSIERE-sur-Ouche avec Claudine et Denis. Nous sortons de table-Châteauneuf en Auxois- où nous avons mangé avec le Maire de Commarin, Michel Raiffeau et ses deux adjoints, dont Christian Kubala, artiste peintre à Commarin
Nous retrouvons les Vincenot sur la petite place de La Bussière et nous les suivons en voiture par des chemins agricoles. Pour accéder au lieu-dit nous devons en finale monter dans le 4/4 de Denis Vincent, puis continuer à pied jusqu'à la maison de La Peurrie avec les 3 tombes d'Henri Vincenot, de sa femme Andrée Baroin et de son fils François
Voici d'abord le village le plus proche...LA BUSSIERE
De La Bussières, nous prenons le chemin de La Peurrie. Des prés et des bois sans nombre. On abandonne les voitures. Danielle ma compagne et Claudine la fille d'Henri Vincenot ouvrent la marche. L'endroit est magnifique et puis tout à coup, la maison et sa source, ni eau courante, ni électricité. Nous visitons l'intérieur mais Denis Vincenot ne veut pas que je prenne des photos. Il devait y avoir jadis un groupe de fermettes (un Hameau) car il y a des murs en lambeaux, au-delà de la maison principale
Et derrière la maison, les trois tombes d' Henri, de sa compagne et de son fils
http://www.christianvancautotems.org/2014/09/henri-vincenot-et-la-peurrie.html
www.christianvancautotems.org
Ce texte m'a été envoyé par Marie-Claudine VINCENOT après notre rencontre de ce mardi 2 septembre 2014 à La Peurrie, elle et son frère Denis ayant bien voulu se déplacer de Dijon pour me permettre de photographier ces lieux secrets et de les ajouter sur mon Blog en annexe à un premier article, déjà publié il y a peu, au sujet de son père Henri Vincenot, visite où j'étais acompagné de ma compagne Danielle et qui fut très émouvante
Chrisian Vancau
Texte de Claudine VINCENOT
"LA VILLE ENGLOUTIE et son HEROS SALVATEUR.( REDEMPTEUR) Ainsi, en est-il de l’histoire de cette Belle Endormie, au titre de légende : « résurrection », d’un hameau perdu dont mon père écrivit que ce fut « la folie de (sa) vie jusqu’à la mort »(note 1 : « Prélude à l’aventure », 1941)
En relisant les romans publiés et en découvrant les textes inédits, je suis très vite parvenue à me demander si mon père n’avait pas écrit pour toujours conter de mille façons différentes l’histoire de cette Belle au Bois dormant qu’il s’est juré, à 17 ans, de délivrer et de posséder. Ce véritable fantasme d’adolescent, un rêve de Robinson Crusoë, en quelque sorte, Henri le sublima en le vivant comme une épreuve initiatique sur son chemin de vie, véritable obsession jusqu’à son décès puisque c’est là qu’il goûte au repos éternel, comme il l’avait désiré.
Cette « légende » que lui, Vincenot, va vivre « pour de vrai », comme disent les enfants, nourrira donc toute sa vie mais aussi celle de la famille qu’il va fonder. Légende dans laquelle il est à la fois le héros salvateur, voire rédempteur(car on peut songer à la Ville d’Ys dont il entendit conter l’histoire en Bretagne, nous y reviendrons), puis le héros fondateur . Voilà donc le sens du titre choisi pour cette rencontre avec vous .
En 1929,- Henri a dix-sept ans-, se produit un évènement essentiel : la découverte d’un hameau en ruine, perdu dans la forêt bourguignonne C’est à cet instant que le rêve bourguignon va supplanter le rêve breton : le paradis perdu et retrouvé, se transforme en paradis à conquérir.
Voici l’histoire : Après une petite enfance partagée entre Dijon, où demeurent ses parents, et Commarin, le village de sa famille maternelle où il passe toutes ses vacances, Henri s’alite , terrassé par une pneumonie : les antibiotiques n’étant pas encore connus, l’enfant échappe de peu à la mort.
Très affaibli, il part en Bretagne avec ses parents pour « respirer l’iode marin », souverain, disait-on, pour les convalescents. Dans « L’œuvre de chair », il raconte avec émotion sa découverte d’une terre de légendes au langage mystérieux : « A Rennes commença l’envoûtement ; dès Vitré, le paysage breton avait fait son apparition : bocage morcelé, coupé de murs de terre, sarrasins fleuris, arbres en quenouilles(…) mais après Rennes, je sentis comme une main dans ma main, et, en moi-même, ce fut comme une hypnose; j’entrai en féérie ». Tout enfant, Henri avait manifesté cette propension aux rêveries et à cette intuition qu’il existait un monde parallèle, celui de l’imagination. La piété, déjà, qui lui avait été inculquée par les aïeules de sa famille maternelle, puis sa formation en école chrétienne avaient éveillé son attirance pour l’invisible et le merveilleux, son sens de la transcendance et son désir de dépassement de soi-même afin d’atteindre Pureté et Perfection. Sa « passion » pour la figure christique ne le quittera jamais .Il nous parlait, dans notre enfance, de ce « type formidable » qu’était Jésus et dont le message lui importait plus que tout : « Amour, pardon, partage ».On retrouvera cette admiration permanente pour la figure christique, dans sa peinture et sa sculpture essentiellement.
En Bretagne ,donc, les veillées dans la pénombre fantastique des jeux du feu autour l’âtre où crépitent des brassées de genêts, la ronde d’auditeurs aux ombres et lumières d’un La Tour, buvant les parolesd’une vieille conteuse étrange qui sait les mots mettant en état d’hypnose l’assistance émerveillée, l’entraînent plus encore dans ses fantasmagories adolescentes : « J’attendais ce moment avec impatience car il me semblait être plongé dans un monde très ancien, certes, mais qu’il me semblait avoir connu ; je comprenais pourtant très mal( …) mais je me laissais bercer par cette langue harmonieuse, souple, très musicale, quoique rude et si audacieuse( …)
C’était, me semble-t-il , une langue supérieure à notre français ; un vrai trésor perdu. C’est ainsi que je le ressentais alors ». (note :biographie page ) En relisant ces lignes, je ne puis oublier les rêves de Nerval, contés dans « Aurélia », ce Nerval que d’aucuns, dont mon père, nommaient « le grand Celte ». Henri, enfant imaginatif et rêveur, voit donc s’ouvrir en Bretagne un champ de rêveries nouvelles où son mysticisme, qui est, étymologique ment, « l’intuition des choses secrètes », va peu à peu, au fil des ans, sortir des sentiers battus du catholicisme très saint-sulpicien de son enfance et s’enrichir, en s’engageant dans des voies plus secrètes de ce qu’on n’appelle pas encore « le celtisme ». Ce « rêve perdu », qu’il vient d’évoquer, Henri, à son retour de Bretagne, va tenter de lui donner vie en Bourgogne profonde, celle qu’il connaît si bien, celle des friches et des bois. Mais comment, me demandez-vous ?
Ainsi que je l’ai rapidement évoqué tout à l’heure, c’est en 1929 que se produit le… « miracle » ! Cet hiver-là, lors d’une battue au sanglier avec son grand-père et les chasseurs du village, Henri s’éloigne de la chasse. Il va « à la billebaude » comme il aime tant le faire, mais finit par s’égarer. Le jour baissant très vite en hiver, le jeune homme cherche alors un chemin pour rentrer à Commarin au plus court. Débouchant du bois, il tombe en arrêt, sidéré, sur un hameau en ruine à l’orée d’une combe, tapi sur l’adret en plein soleil du sud, à l’abri des vents d’est et du nord .Il observe la configuration des lieux couronné de bois épais : la seule issue apparente est un goulet d’étranglement, en contrebas, verrouillé par des bâtiments d’une ferme qu’il ne connaît pas. Cela le surprend car il fréquente métairies et fermages des alentours avec son grand-père, Compagnon sellier-bourrelier, qui l’emmène avec lui lorsqu’il y est appelé à entretenir les attelages. Ainsi, la combe apparaît close, en forme d’utérus (ce mot me valut des remarques… « freudiennes » mais c’est à dessein que je l’emploie et vous comprendrez pourquoi.).Et, ô merveille, en son point le plus élevé jaillit une source s’écoulant en un minuscule ruisseau limpide : un « p’tiot riot », un « peût riot », comme on dit en patois ; c’est de cela que le lieu tient son nom : la Peurrye, que des cartographes « ignorants » écriront « Pourrie »
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Dans un recueil de feuilles volantes que mon père intitula « Idées sur tout », il nous dit : «Il y aurait un livre à écrire sur les énormes bêtises faites par les spécialistes qui ont réalisé le nivellement général de la France, des bêtises capitales qu’on s’explique difficilement parce que ceux qui les ont commises étaient tout de même de savants ingénieurs ; mais il est vrai que l’on peut être savant et sstupide ; souvent même science nuit à connaissance. Lorsque ces messieurs sont arrivés avec leur goniomètre et leur théodolite, ils ont entendu « la pourrie » ; en réalité, l’homme disait « ç’ast lai peu rie », le petiot ruisseau, mais pas putride !( …)Les géomètres ont massacré toute la poésie de nos toponymes » En effet, c’est dommage et bien immérité car l’endroit, tout de friches, de bois, d’odeurs sèches et craquantes, est d’une vitalité étonnante : on y sent passer un grand souffle sauvage qui transporte l’esprit. Un souffle où palpitent d’invisibles présences…
Mais il y a une autre explication à ce nom, explication farfelue, sans doute, mais qui nous séduisit d’emblée : en allant peindre le dimanche matin dans Paris, pendant les années 45-55, Henri Vincenot faisait toujours des rencontres extraordinaires : Gary Cooper, par exemple, Louis-Ferdinand Céline, des clochards philosophes, des émigrés russes et, un beau jour, celui qu’on appela le Yogi. Un grand Jésus, beau et diaphane, vêtu de lin blanc et se réclamant du brahmanisme. Il avait table ouverte chez nous et, lors d’un dîner où nous étions fascinés, nous les enfants, par son aura de mystère et d’évanescence, il nous expliqua qu’en sanscrit, « atma pouri » signifiait « ville de l’âme ». Nous fûmes confortés dans la certitude que nous étions les pionniers prédestinés d’un lieu magique. Nous ne nous sommes pas souciés de vérifier. Et c’est là, en effet, que mes parents ont mis toute leur âme et nous avec eux. Il n’est pas indifférent que, pour aller dans ce lieu à la configuration féminoïde,-voilà pourquoi j’ai parlé d’utérus »- il faille monter : géographiquement, la combe est une sorte de val perché qui conjoint dépression et altitude. Symboliquement, elle est profondeur et hauteur : elle offre à la fois le bien-être du sein maternel et la possibilité d’exercer une toute-puissance de chef de tribu. A la Peurrye, on peut se blottir, se cacher, mais on domine la situation et l’on peut, sans être vu, voir « l’étranger » qui arrive !. C La Peurrie était, on le sent encore aujourd’hui, un lieu de prédilection pour les défricheurs et les découvreurs d’un monde nouveau, un lieu à la Maria Chapdelaine et à la Jack London, livres d’aventures qui, choisis par nos parents, enchantèrent notre enfance.
N’oublions pas que la Résistance y avait installé, lors de la dernière guerre, l’un de ses campements : le maquis du Malgache ; c’est pour cela, entre autres causes, qu’ Henri Vincenot fut arrêté par la Gestapo…mais ceci est encore une autre histoire ! (
En note infra-paginale :la combe et le hameau sont décrits avec exactitude dans les premières pages de « Les yeux en face des trous » 1959 Denoêl, 2000 A.Carrière. et , surtout, dans « Le Pape des escargots »Denoël 1969) . Ce lieu fut sans doute habité dès la préhistoire, dans ce que les géologues nomment le « système de pied de corniche » : calcaires bathoniens, apparaissant parfois en peti














