C'était en août 1981, à Hauterives, sur la
route du Lausanne et de la Fondation de l'Art Brut de Michel Thevoz. On me voit sur cette vieille photo aux pieds des trois Géants, César, Vercingétorix et Archimède.Je me suis cru au Cambodge
alors que j'étais en pleine Drôme. J'ai ramassé beaucoup de cailloux
, les cailloux ronds de la Drôme, comme Cheval lorsqu'il rentrait de tournée,
avec sa brouette chargée....
1879-1912
Dix mille journées
Nonante-trois mille heures
Trente- trois ans d'épreuves
Plus opiniâtre que moi se mette à l'oeuvre (Cheval)
Il a commencé à l'âge de 43 ans
La PALAIS IDEAL fait 23 mètres de long, 12 mètres à sa plus grande largeur et 11 mètres à sa plus grande hauteur
Il a été construit avec les cailloux de la Drôme, ramassés par le Facteur au cours de ses tournées.
Il est décédé en 1924







Voici le poème écrit par André BRETON sur l'oeuvre du Facteur Cheval, après l'avoir visité en 1931
CLAIR DE JOUR
Nous les oiseaux que tu charmes toujours du haut de ces belvédères
Et qui chaque nuit ne faisons qu'une branche fleurie de tes épaules aux bras de ta brouette aimée
Qui nous arrachons plus vifs que des étincelles à ton poignet
Nous sommes les soupirs de la statue de verre qui se soulève sur le coude quand l'homme sort
Et que des brèches brillantes s'ouvrent dans son lit
Brèches par lesquelles ont peut apercevoir des cerfs aux bois de corail dans une clairière
Et des femmes nues tout au fond d'une mine
Tu t'en souviens tu te levais alors tu descendais du train
Sans un regard pour la locomotive en proie aux immenses racines barométriques
Qui se plaint dans la forêt vierge de toutes ses chaudières meurtries
Ses cheminées fumant de jacinthes et mues par des serpents bleus
Nous te précédions alors nous les plantes sujettes à métamorphoses
A qui chaque nuit nous faisions des signes que l'homme peut comprendre
Tandis que sa maison s'écroule et qu'il s'étonne devant les emboitements singuliers que recherche son lit avc le corridor et l'escalier
L'escalier se ramifie indéfiniment
Il porte à une porte de meule, il s'élargit tout à coup sur unr place publique
Il est fait de dos de cygnes une aile ouverte pour la rampe
Il tourne sur lui-même, comme s'il allait se mordre mais non il se contente sur nos pas d'ouvrir toutes ses marches
Comme des Tiroirs
Tiroirs de chair à la poignée de cheveux
A cette heure où de milliers de canards de Vaucanson se lissent les plumes sans se retourner
Tu saisissais la truelle dont on fait les seins
Nous te souriions tu nous tenais par la taille
Et nous prenions des attitudes de ton plaisir
Immobiles sous nos paupières pour toujours comme la femme aime voir l'homme
Après avoir fait l'amour

