John Brown (né le 9 mai 1800
à Torrington dans l'État du Connecticut aux États-Unis et est mort par pendaison le 2
décembre 1859 à Charles Town, Virginie (maintenant en
Virginie-Occidentale), était un abolitionniste, qui en appela à l'insurrection armée pour abolir l'esclavage. Il est l'auteur du massacre de Pottawatomie en 1856 au Kansas et d'une tentative d'insurrection sanglante à Harpers Ferry en 1859 qui se termina par son arrestation, sa
condamnation à mort pour trahison contre l'État de Virginie et sa pendaison.
Le président Abraham Lincoln le décrivit comme un « fanatique ». L'activisme sanglant de John Brown, son raid sur Harpers Ferry et son issue tragique sont parmi les causes de la guerre civile américaine. Personnalité contemporaine et historique très controversée, John Brown est ainsi décrit à la fois comme un martyr ou un terroriste, un visionnaire ou un fanatique, un zélote ou un humaniste.
La chanson John Brown's Body (titre original de Battle Hymn of the Republic) devint un hymne nordiste durant la guerre de Sécession.
Genèse d'un engagement
Fils d'un calviniste, à l'âge de douze ans, il est amené à parcourir le Michigan, où il séjournera chez un homme qui possédait un esclave. Il assiste aux violences qu'on fait subir à l'esclave noir ; ces scènes fondent son engagement, autant que les convictions de son père.
Il était par ailleurs, un temps, franc-maçon, association qu'il quitte ensuite[5]. En 1837, après l'assassinat d'un de ses amis, directeur d'un journal abolitionniste, Brown se donne pour mission d'éradiquer l'esclavage.
Brown est entrepreneur de métier, mais il rencontre de grosses difficultés professionnelles et fait faillite plus de vingt fois dans six États différents. Il est criblé de dettes mais pense être l'envoyé de Dieu sur Terre.
L'activisme abolitionniste
En 1847, il rencontre Frederick Douglass,
ancien esclave noir devenu orateur et homme d'État (il brigua la vice-présidence des États-Unis). Il s'installe en 1849
dans une communauté noire de l'État de New York.
Son action devient plus violente à partir de 1855 : aidé de cinq de ses fils, il part dans le Kansas. Il est aidé pour cela,
financièrement, par de nombreux abolitionnistes. Il rencontre le philosophe Henry David Thoreau qui lui
voue, par la suite, une admiration sans bornes et qui prend une part active contre l'esclavage (nombreuses conférences et
aide aux fugitifs).
En 1856, à Pottawatomie Creek, ils massacrent cinq colons esclavagistes à coups de sabre au motif qu'ils sont pour lui les « légions de Satan ». Lors de la bataille d'Osawatomie, au Kansas, il défendit le village contre 400 hommes armés.
Quelques années plus tard, en 1859, John Brown projette de provoquer un soulèvement d'esclaves. Avec l'aide d'une vingtaine d'hommes, il s’empare d’un arsenal fédéral en Virginie pour lancer l’insurrection (16 octobre 1859). La révolte tourne au désastre : aucun esclave ne le rejoint et Brown est grièvement blessé de plusieurs balles, deux de ses fils sont tués. Il est arrêté à la suite des évènements et jugé pour trahison envers l'État de la Virginie. Il sera ensuite condamné et pendu le 2 décembre 1859.
Il deviendra un symbole de la lutte pour l’abolition de l’esclavage. La bataille d'Osawatomie lui vaudra une statue dans la ville, et le nom sera repris par le Weather Underground dans les années 1970 pour son journal.
Réactions
Victor Hugo, depuis son exil à
Guernesey, tentera d’obtenir sa grâce : il adressera une lettre ouverte qui paraîtra dans la presse européenne et
américaine (cf. Actes et paroles - Pendant
l'exil 1859). Ce texte, qui annonce comme une prémonition la guerre civile, vaudra au
poète bien des critiques aux États-Unis.
« [...] Au point de vue politique, le meurtre de Brown serait une faute irréparable. Il ferait à l’Union une fissure latente qui finirait par la disloquer. Il serait possible que le supplice de Brown consolidât l’esclavage en Virginie, mais il est certain qu’il ébranlerait toute la démocratie américaine. Vous sauvez votre honte, mais vous tuez votre gloire.
Au point de vue moral, il semble qu’une partie de la lumière humaine s’éclipserait, que la notion même du juste et de l’injuste s’obscurcirait, le jour où l’on verrait se consommer l’assassinat de la Délivrance par la Liberté. [...]
Oui, que l’Amérique le sache et y songe, il y a quelque chose de plus effrayant que Caïn tuant Abel, c’est Washington tuant Spartacus. »
— Victor Hugo, Hauteville-House, 2 décembre 1859
Henry David Thoreau écrivit un long Plaidoyer pour John Brown et prononça un éloge funèbre, lors d'un office à Concord, le 2 décembre 1859, date de son exécution.
Le futur président Abraham Lincoln, dans un contexte tendu (le pays est alors au bord de la guerre de sécession), quoique abolitionniste comme Brown, ne s’opposera pas à l’exécution et prendra même ses distances avec l’action de ce dernier, dont il condamnera la violence.
Le symbole
La condamnation à mort de John Brown fournit à la cause abolitionniste un martyr auquel se rallier. Dorénavant, celui-ci deviendra la référence de son combat, et inspirera une chanson qui deviendra l'hymne de la cause chez tous les abolitionnistes de l'Union :
- John Brown's body lies a-mold'ring in the grave
- His soul goes marching on
- (Le corps de John Brown gît dans la tombe.
- Son âme, elle, marche parmi nous.)
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- Lire le roman de Russel Banks sur ce sujet, cet homme paradoxal, étrange. Très belle écriture. LE POURFENDEUR DE NUAGES
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JOHN BROWN L'ABOLITIONNISTE 1800-1859- BIOGRAPHIE PLUS
POUSSEE

John Brown est né le 9 mai 1800 à Torrington dans l'Etat du Connecticut. Son père, un fervent religieux calviniste, s'opposait à l'esclavage et croyait que le fait de maintenir un homme en esclavage était un acte contre Dieu.
Pendant la guerre de 1812, John Brown se rendit dans les régions inexplorées du Michigan. Il logea chez un homme propriétaire d'un esclave. John Brown était bien traité contrairement à l'esclave qui était systématiquement battu avec une pelle, sous ses yeux. Ces scènes de violence restèrent gravées à jamais dans sa mémoire.
Le 21 juin 1820, John Brown épousa Dianthe Lusk qui mourut en 1832, suite à une fausse couche, après avoir eu sept enfants. En juin 1833, John Brown se maria avec Mary Ann Day, elle prit soin des cinq enfants de John Brown nés de son premier mariage et elle-même donna naissance à 13 autres enfants. De ses 20 enfants seulement dix survécurent jusqu'à l'adolescence et six jusqu'à l'âge adulte et deux furent tués lors du raid sur Harper's Ferry.
En 1836, John Brown et sa famille s'en allèrent vivre à Franklin Mills dans l'Etat de l'Ohio. Il emprunta de l'argent pour acheter de la terre. Mais avec les difficultés économiques que connurent les États-Unis en 1837, il ne put rembourser ses dettes. Il parcourrut également la Pennsylvanie, la Massachusetts et l'État de New-York. Il fut tour à tour, fermier, marchand de laine, tanneur, et spéculateur terrien. Mais n'eut aucun succès financier.
Toute la famille Brown était impliquée dans la lutte pour l'abolitionnisme et ses fils survivants étaient ses plus fidèles lieutenants. Le 7 Novembre 1837 à la suite de l'assassinat de son ami Elijah Lovejoy, un éditeur d'un journal abolitionniste, John Brown fit le serment de mettre fin par tous les moyens à l'esclavage.
Le 28 septembre 1842, une cour fédérale prononça l'insolvabilité de John Brown. Les créanciers prirent ce dont la famille avait besoin pour vivre. Cependant, ses déboires financiers ne l'empêchaient pas de continuer sa lutte.
En 1847, Frédérick Douglass rencontra J. Brown pour la première fois à Springfield dans l'Etat du Massachusetts
. A l'issue de la réunion Douglass déclara : "Though a white gentleman, [Brown] is in sympathy a black man,
and as deeply interested in our cause, as though his own soul had been pierced with the iron of slavery." C'est sans doute au cours de cette première entrevue, que John Brown dévoila à
Douglass les grandes lignes de son plan de guerre pour la libération des esclaves noirs.
En 1849, John Brown s'installa parmi une communauté noire au nord de la ville de Elba dans l'Etat de New-York créée à l'initiative de Gerrit Smith. Ce généreux philanthrope fit don de 50 âcres de terre aux familles noires disposées à défricher et à cultiver la terre. Brown proposa d'installer sa propre ferme afin de diriger et d'aider les noirs par son exemple
En dépit de ses diverses contributions à la cause anti-esclavagiste, John Brown n'émergea pas comme un leader dans la lutte pour la libération des esclaves.
En 1851, le président Stephen Douglass fit adopter la loi "Nebraska-Kansas". Cette disposition législative déclencha une guerre civile au Kansas entre les colons pro-esclavagistes et les partisans d'une terre libre exemptée de l'institution de l'esclavage.
En juin 1855, John Brown décida de partir au Kansas avec cinq de ses fils combattre les colons esclavagistes.
Le 24-25 mai 1856, suite au pillage de la ville de Lawrence dans le Kansas par des esclavagistes venus de l'Etat du Missouri et à l'agression du sénateur abolitionniste, Charles Summer, John Brown accompagné de ses fils et de trois autres hommes, décidèrent de se venger. Ils enlevèrent cinq colons esclavagistes près de Pottawatomie Creek puis les tuèrent à coup de sabre.
En août 1856 John Brown lança avec ses hommes un raid sur la ville d'Ossawatomie.
Dès janvier 1857, John Brown avait un projet: provoquer un soulèvement d'esclaves dans les Etats du sud. Afin de réaliser son rêve, il avait besoin d'argent pour équiper son "armée". Pour lever des fonds, il obtint d'abord des lettres de recommandation de la part de Charles Robinson, gouverneur du Kansas pour les partisans de la "terre libre". Dès lors, sa vie se partagea entre le Kansas et Boston. Dans la capitale de l'Etat du Massachusetts, John Brown fit la connaissance de nombreux abolitionnistes fortunés; tels que les membres d'un groupe clandestin appelé "les Six Secrets" qui servaient la cause anti-esclavagiste au Kansas. Comme son nom l'indique, ce cercle était composé de six membres issus de la bourgeoisie bostonienne: Thomas Wentworth Higginson, pasteur transcendantaliste et écrivain, Théodore Parker, fondateur de l'Eglise unitarienne de Boston, Samuel Gridley Howe, médecin de réputation internationale pour ses travaux auprès des aveugles et des sourds, Georges L. Stearns un riche commerçant et Franklin B. Sanborn, jeune enseignant. Il rencontra aussi Amos Lawrence, l'homme qui donna son nom à la fameuse ville de Lawrence au Kansas et le sénateur Charles Summer. Tous acceptèrent de l'épauler dans son projet.
Pendant l'hiver 1858, installé dans la ville ontarienne de Chatham au Canada, lieu de ralliement pour les esclaves en fuite, John Brown envoya une lettre type à quelques personnes minutieusement choisies: "monsieur, nous vous demandons instamment de venir rencontrer de nombreux amis de la liberté...et d'amener avec vous tous ceux que vous savez totalement dédiés à notre cause.Ici, beaucoup d'entre nous sommes déjà réunis. Nous avons donc cru bon de tenir cette assemeblée dans la plus haute discrétion." en fait, John Brown commença à élaborer son plan destiné à s'emparer d'un arsenal fédéral afin de provoquer une insurrection d'esclaves en Virginie; l'endroit choisi fut Harper's Ferry, une ville se situant à quelques kilomètres de la Pennsylvanie.
En mai 1858, John Brown retourna au Kansas sous le pseudonyme de Shubel Morgan. Chevauchant à travers le Missouri, il attaqua deux fermiers propriétaires d'esclaves. Il leur confisqua leurs biens et libéra onze esclaves dont deux allaient se joindre plus tard à la bande. En 28 jours, il couvrira plus de 600 kilomètres afin de rejoindre le Canada et de redonner la liberté aux esclaves.
Le 3 juillet 1859, Au Nord de Harper's-Ferry, sur la rive du Potomac situé dans l'Etat du Maryland, John Brown loua une ferme sous le nom de Isaac Smith. Le 16 août 1859, John brown et Frédérick Douglass eurent un entretien clandestin dans une vieille carrière de Chamberburg. Pour convaincre l'abolitionniste noir, il lui dit: "Venez avec moi, Douglass. J'ai besoin de vous pour une mission spéciale. Quand je frapperai, les abeilles formeront leur essaim et il faudra que vous m'aidiez à les diriger vers la ruche". Frédérick Douglass refusa. Au cours de cette rencontre, il fit la connaissance d'un jeune noir de 23 ans, Shield Green. John Brown n'eut aucune difficulté à le persuader de se joindre à lui.L'attaque de l'arsenal Fédéral de Harper's Ferry.
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• Le 16 octobre 1859, avant de quitter la ferme, il dit à ses hommes: "Messieurs, prenez vos armes, nous recourrons à la violence à Harper's Ferry". Après la tombée de la nuit et laissant à la ferme trois de ses hommes par précaution pour garder sa base, John Brown et sa petite armée composée de treize hommes blancs dont trois de ses fils, et de cinq hommes noirs attaquèrent l'arsenal fédéral de Harper's Ferry se trouvant sur Potomac Street. La sentinelle prise par surprise par le commando se fit rapidement désarmer. Brown lui dit: "Je suis du Kansas et je viens ici car c'est un Etat esclavagiste; je veux libérer tous les noirs de cet Etat; je prends dès maintenant possession de cet arsenal et si les citoyens de cette ville tentent de s'opposer à moi, je mettrai le feu aux maisons et je ferai couler le sang".
John Brown envoya des hommes pour avertir les esclaves de sa présence et de ses intentions. Ils ramenèrent soixante otages dont l'arrière-petit-neveu de Georges Washington, le lieutenant-colonel Lewis Washington, lui-même propriétaire d'esclaves. Toute la nuit, John Brown attendit les esclaves. Aucun d'entre eux ne vint le rejoindre. Il réalisa que son plan était un échec. Vers minuit, il fit arrêter un train sur un pont. L'un des hommes de John Brown tua un bagagiste noir. L'abolitionniste du Kansas paralysé par l'indécision, ne sachant que faire, retourna dans l'arsenal. La contre attaque des habitants de Harper's Ferry et de la milice locale s'organisa.
• Le 17 octobre 1859. Envoyée de Washington, une compagnie de fusiliers marins arriva sur place. A sa tête, le colonel Robert E. Lee (futur général de l'armée sudiste) secondé par le lieutenant J.E.B. Stuart (futur général de cavalerie confédéré). Les échanges de coups de feu durèrent toute l'après-midi. Ayant déjà perdu des compagnons, John Brown se réfugia avec les survivants de sa petite "armée" et les prisonniers dans la caserne des pompiers de Harper's Ferry. Ce bâtiment avec ses murs épais lui offrait une meilleure protection. A la fin de la journée, John Brown subit une déconvenue: huit hommes du commando avaient été tués dont deux de ses fils, tandis que sept autres membres du raid prirent la fuite (plus tard deux d'entre eux furent capturés). John Brown, quant à lui, fut blessé par l'épée de parade d'un officier puis capturé. Du côté des miliciens, on ne déplora qu'un mort, tué dans l'assaut final de la caserne des pompiers.
Des cinq noirs qui avaient suivi John Brown, deux hommes furent tués au moment des combats: Dangerfield Newby et Lewis Sheridan Leary originaire de Caroline du Nord. Deux autres, Shields Green et John Anthony Copeland Jr, furent arrêtés puis pendus le 16 décembre 1859. Seul un noir, Osborn Perry Anderson pu s'échapper et rejoindre le Canada. Il ne reviendra qu'en 1864 pour s'engager dans l'armée nordiste. Il mourut en 1872.
Le 27 octobre 1859 afin d'éviter toute tentative de lynchage, l'Etat de Virginie organisa rapidement le procès de John Brown. Les chefs d'accusation portèrent sur trois points: la haute trahison, l'incitation à l'insurrection et le meurtre. Au cours de son procès, John Brown gagna l'admiration de certaines personnalités par sa dignité, son éloquence et son implacable engagement anti-esclavagiste. Il devint un véritable symbole de la lutte contre l'esclave et rapidement un martyr.
Le 2 novembre 1859, le jury condamna John Brown à être pendu, après cinquante cinq minutes de délibération.
Le 2 décembre 1859 John Brown fut pendu. Victor Hugo écrivit une lettre au gouvernement des Etats-Unis en soutien au condamné.
Ne voulant pas soutenir et cautionner l'action de John Brown, Abraham Lincoln déclara en décembre 1859: "John Brown a été exécuté pour trahison; nous ne pouvons nous élever contre cette décision bien qu'il ait partagé notre conviction sur l'esclavage. Cela ne peut excuser la violence, l'effusion de sang, et la trahison. Et le fait qu'il pensait avoir raison, ne l'excuse pas davantage".
La mort de John Brown allait être un prélude à la guerre de Sécession que Victor Hugo prophétise ici.
Le Progrès, de Port-au-Prince, publia la lettre suivante, écrite par Victor Hugo à M. Heurtelou, rédacteur en chef de ce journal, en réponse aux remerciements que M. Heurtelou lui avait adressés pour la défense de John Brown.
Hauteville-House, 1 mars 1860
Vous êtes, monsieur, un noble échantillon de cette humanité noire si longtemps opprimée et méconnue.
D'un bout à l'autre de la terre, la même flamme est dans l'homme; et les noirs comme vous le prouvent. Y a-t-il eu plusieurs Adam? Les naturalistes peuvent discuter la question; mais ce qui est certain, c'est qu'il n'y a qu'un Dieu.
Puisqu'il n'y a qu'un père, nous sommes frères. C'est pour cette vérité que John Brown est mort; c'est pour cette vérité que je lutte. Vous m'en remerciez, et je ne saurais vous dire combien vos belles paroles me touchent.
Il n'y a sur la terre ni blancs ni noirs, il y a des esprits; vous en êtes un. Devant Dieu, toutes les âmes sont blanches.
J'aime votre pays, votre race, votre liberté, votre révolution, votre république. Votre île magnifique et douce plaît à cette heure aux âmes libres; elle vient de donner un grand exemple; elle a brisé le despotisme.
Elle nous aidera à briser l'esclavage.
Car la servitude, sous toutes ses formes, disparaîtra. Ce que les États du Sud viennent de tuer, ce n'est pas John Brown, c'est l'esclavage.
Dès aujourd'hui, l'Union américaine peut, quoi qu'en dise le honteux message du président Buchanan, être considérée comme rompue. Je le regrette profondément, mais cela est désormais fatal; entre le Sud et le Nord, il y a le gibet de Brown. La solidarité n'est pas possible. Un tel crime ne se porte pas à deux.
Ce crime, continuez de le flétrir, et continuez de consolider votre généreuse révolution. Poursuivez votre oeuvre, vous et vos dignes concitoyens. HaÏti est maintenant une lumière. Il est beau que parmi les flambeaux du progrès, éclairant la route des hommes, on en voie un tenu par la main d'un nègre.
Votre frère,
VICTOR HUGOAujourd'hui, John Brown reste un personnage très contreversé aux Etats-Unis.

