Dans les Monts de Vaucluse, un des plus beaux villages perchés de
France, au Sud-Est de Carpentras, dominant la Vallée de La Nesque, ancienne capitale du Comtat-Venaissin (1320). Cédé en 1274 par Philippe III le Hardi, au Pape Grégoire III, et demeuré
sous autorité pontificale jusqu'en 1791
Venasque est une commune française, située dans le département de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont les Venasquais.
Venasque est classée parmi les plus beaux villages de France.
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Géographie
Le village est à environ 11 km au sud-est de Carpentras par le CD 4, puis le CD 28 et à une trentaine de km d'Avignon et de la gare d'Avignon TGV.
Le village de Venasque est situé sur un éperon rocheux aux flancs abrupts, au débouché des gorges de la Nesque. Le territoire de la commune comprend des terres cultivables vers la plaine de Carpentras, et des zones de garrigue sur les hauteurs des monts du Vaucluse. La commune occupe donc un emplacement facile à défendre, permettant dans la plaine des cultures irriguées grâce à la Nesque, possédant des zones de garrigue fournissant le bois et permettant l'élevage des moutons. Enfin, c'est le début de la route qui mène à la vallée du Calavon, par Murs et la combe de Vaulongue vers Gordes. Passage défendu par la tour de Pinet qui se voit toujours sur une hauteur. Cette situation favorable a conduit très tôt à une occupation humaine.
Son sol calcaire bien mis en valeur par l'irrigation, a permis la création d'immenses jardins spécialisés dans la production de primeurs exportés dans la France entière.
Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments1.
La commune, située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en fin d'hiver, une très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare2.
La commune de Venasque est arrosée par la Nesque.
Histoire
Dès l'époque paléolithique, puis surtout au Néolithique, on constate une intense fréquentation des grottes de la vallée de la Nesque, comme en attestent :
- le gisement de plein air néolithique ancien de Céron ;
- la grotte de Unang, à mi-pente des falaises de la Nesque, dans laquelle un enseignant, Maurice Picard, découvrit en 1947 des vestiges de l'époque néolithique ;
- la grotte des dents, vestiges de l'âge du bronze.
Venasque faisait partie du territoire des Memini, tribu gauloise dont le chef-lieu était Carpentras (Carpentorate Meminorum). L'archéologie et la toponymie montrent que Vindasca fut l'une des principales places fortes de cette tribu. Le territoire de la tribu des Meminiens s'est conservé dans celui de l'évêché de Carpentras, et celui du Comtat Venaissin.
Au Bas-Empire, le site de la ville actuelle eut ses défenses naturelles améliorées par une muraille barrant l’éperon, renforcés par trois tours semi-circulaires à pédoncule et doublés par un large fossé sec. Pour les fondations de ces remparts, on utilisa des blocs de pierre ouvragés, provenant probablement d'un édifice démoli pour ses pierres.
Le quartier de Notre-Dame-de-Vic (de vicus, bourg — aujourd'hui Notre-Dame-de-Vie) a livré des vestiges gallo-romains et surtout la pierre tombale de Bohetius, évêque de Carpentras (583-604).
L'histoire de Venasque suit celle du comtat Venaissin. En 1125 il devient la propriété des comtes de Toulouse. En 1219 le comte de Toulouse Raymond VII étant allié des Albigeois, vaincus par les troupes du pape et celles du roi de France, dut céder le comtat au pape. Le Comtat resta aux papes jusqu'au 14 septembre 1791, date à laquelle il fut réuni à la France.
La Cruxifiction, tableau de l'école d'Avignon, daté de 1498, orne l'église paroissiale Notre-Dame.
Le village eut à souffrir des guerres de religion, et fut assiégé en 1562 puis en 1564 par les troupes protestantes de François de Beaumont, baron des Adrets. Venasque ne fut jamais conquise : lors de ces deux sièges, des traîtres, achetés par les réformés, furent découverts. Certains furent pendus à Avignon, un autre roué en place publique à Carpentras.
Époque moderne
Venasque a été chef-lieu de canton durant la Révolution (du 14 septembre 1791 au 8 Pluviôse an IX (28 janvier 1801)).
Après la réunion à la France, Venasque subit aussi les effets de la Terreur : en 1793, dix-huit habitants, dont le premier maire J.-J. Cortasse et son prédécesseur le dernier consul J.-A. Morel, furent guillotinés à Orange[Pourquoi ?].
L'histoire de Venasque est depuis lors l'histoire de France. La population de la commune diminua : il y avait 1723 habitants en 1723, et seulement 371 en 1946. De plus, les habitants du village, dont beaucoup étaient exploitants agricoles, eurent tendance à descendre s'installer dans la plaine, près de leurs terres. Il y eut de plus en plus de maisons vides qui tombaient en ruine. Le mouvement s'inversa dans les années 1960, de nouveaux venus de France ou d'Europe vinrent s'installer et remirent en état ces maisons, soit pour y vivre en permanence : les « étrangers d'ici », ou seulement une partie de l'année : les « étrangers d'ailleurs ».
L'eau courante fut définitivement installée entre 1959 et 1965, auparavant il fallait aller à la fontaine.
Le nom de Venasque — Vindasca — est probablement d'origine ligure, comme en général les noms qui se terminent par le suffixe -asc. Actuellement, en se basant sur les formes anciennes biens connues, il est proposé la racine *Vin-. Elle se retrouve dans le Mont Ventoux et la montagne Sainte-Victoire, qui étaient tous deux des Mons Venturi, ainsi qu'en région provençale dans Venterol (Alpes-de-Haute-Provence), Venterol (Drôme), Vence, Ventabren, Ventavon ou en en Corse dans Venaco et Ventiseri. Elle apparaît aussi dans le Piémont où se trouve un Venasca ainsi que dans les Pyrénées avec le Port de Venasque et Benasque qui a aussi donné son nom à la vallée de Bénasque. Cette racine pré-latine, répandue sur un large territoire, désigne à chaque fois une hauteur ou un lieu élevé3.
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Les armes peuvent se blasonner ainsi : De geules à la croix vidée, cléchée et pommetée d'or4 |
Administration
Démographie
En 2010, la commune comptait 1 156 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque annéeNote 1,Note 2.
Économie
Les Venasquais s'étant spécialisés dans la cerise (label Cerise de Venasque) et le raisin de table (muscat de Venasque).AOC muscat du Ventoux. De nos jours, la commune est essentiellement vigneronne et produit du raisin de table et un peu de vin AOC Ventoux. Les fourrés de yeuses et les chênaies sont producteurs de truffes.
La plaine du comtat bénéficie de l'attrait touristique qu'engendre l'histoire de ses villages, le Mont Ventoux qui la domine au sud de son relief particulier, la richesse de ses sols et le résultat de son agriculture (oenotourisme en plein développement) et bien sur son ensoleillement.
L'Institut Notre-Dame de Vie attire régulièrement de nombreux fidèles (et curieux) sur la commune.
L'on peut aussi ajouter comme attrait la proximité des Gorges de la Nesque ou de la vallée du Luberon.
Petite hôtellerie, chambres d'hôtes, locations vacances, etc.
Vie locale
Lieux et monuments
- Chapelle Saint-Siffrein.
- Église Notre-Dame de Vie. Très remaniée, elle possède un beau retable du XVIIe siècle en bois sculpté et, surtout, la Cruxifiction, tableau de l'école d'Avignon, daté de 1498.
- Baptistère de Venasque.
- Prieuré de Saint-Pierre-les-Thermes.
- Remparts.
- Bories et murs en pierres sèches : 240 bories sur la commune.
- Mur de la peste.
- Les tours sarrazines ou tours historiques protégeant le village.
- La tour de Pinet.
- L'Institut Notre-Dame de Vie fondé en 1932 par le Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, puis reconnu en 1973 comme un seul Institut séculier de droit pontifical à trois branches autonomes.
- Venasque possède sur le territoire de la commune plusieurs dizaines de bories abritant des cuves vinaires rupestres. Elles ont été découvertes et étudiées au cours des années 1990 par Michel Bouvier.



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