It has been just a dream..
En décembre 1970 ma fille Valérie participe à un concours de dessin au Grand Bazar de LIège. accessible aux enfants de 7 à 21 ans; Un immense rouleau de papier est étendu sur un mur du grand magasin de la Place Saint-Lambert. Chaque participant dispose d'environ un mètre carré pour dessiner sur le thème "Paix sur la terre aux Hommes de bonne volonté". Environ 120 participants. Nous allons la conduire le matin et allons la rechercher le soir et puis nous oublions complètement cette histoire en dépit du fait que le premier prix annoncé est assez fabuleux: "Un voyage de 5 jours à New-York avec un des deux parents". Mais 120 personnes avec des adolescents de 13 à 21 ans, il ne faut pas rêver...
Un mois après, un couple ami, travaillant au Grand Bazar, nous téléphone, à mon épouse et à moi, pour nous dire que Valérie a
gagné. Nous ignorions jusqu'à la date de cette proclamation des résultats. Il est 17h00, tout le monde nous attend, il faut venir immédiatement !...; Désolé, Valérie est chez sa grand-maman à la
campagne. Nous arrivons mais ...sans elle. Un monde fou, une estrade sur laquelle je monte, la presse, des flashes, je n'en reviens pas. Nous sommes en début janvier 1971, oui nous allons à
New-Tork mais les formalités de ce voyage vont durer jusqu'en juillet car il s'agit tout de même d'aller rencontrer Mr Thant, le Secrétaire Général des Nations-Unies et il faut une intervention
de notre Ministre belge des Affaires étrangères, Pierre Harmel (voir le télégramme ci-dessous)
Nous nous embarquerons donc le lundi 12 Juillet, à l'aéroport Findel de Luxembourg, Islandic Airlines-Lofleidir, sur un DC10. Avec
une escale en Islande . Ceci après avoir pris le train à Liège et être passés par la gare de Libramont, cette petite ville où nous allons emménager le 21 Juillet pour des raisons
professionnelles. Nous décollerons à 17h20 avec une heure de retard. Ca commence mal et ça continue car il y a du brouillard au-dessus de l'Islande et nous serons forçés d'atterrir en
Irlande (Shannon Airport ).
Voici ce que j'écris dans le train : "Dans quelques heures nous serons dans l'avion. Je puis à peine imaginer. Une certaine appréhension. Il m'a fallu 33 ans pour vivre cette expérience. Valérie dort déjà. Il est 9h30 et nous venons de quitter Gouvy (Belgique). Le rêve commence à se matérialiser mais je n'y crois toujours pas. Il y a 12 ans j'ai manqué les USA et je l'ai toujours regretté. Cette fois j'yarriverai. Quel tortillard ce train, il ne rate pas une gare. Et on appelle cela un express et international, par-dessus le marché (Ligne Luxembourg-Bâle) "
Et dans l'avion : " 17h20, nous avons quitté Luxembourg avec une heure de retard. Première escale en Irlande au lieu de l'Islande. On a changé d'itinéraire car il y a du brouillard au-dessus de l'Islande(Keflavik). Nous volons maintenant vers New-York. Il reste 6h15 de vol. Auucn commentaire n'est fait en français, uniquement en anglais et en allemand. Il n'y a pour ainsi dire que des américains dans l'avion. Nous avons un voisin sympathique heureusement. Il me fait boire mon premier Whisky américain, du Bourbon (Burbon)et il joue aux cartes avec Valérie. Il rentre à Chicago avec sa femme et sa fille qui apprend le français. L'avion est fort étroit. Il ne faut pas être claustrophobe. Dans l'ensemble c'est peu confortable. Nous attendons toujours notre premier repas. On crève de faim et on n'a eu droit qu'à des jus de pamplemousse"
Nous arriverons à l'Aéroport Kennedy à 23h40, heure belge et ne sortirons de la gare qu'à 1 heure du mat, à savoir à 20h00,
heure locale (reculer de 5 heures). Un délégué d'ambassade, Mr.De Schrijver vient nous chercher; Nous allons traverser le Brooklyn d'Henri Miller et de Paul Auster et aborderons le vaisseau de
Manhattan par le Pont de Brooklyn, avec un soleil rougeoyant se couchant derrière les gratte-ciel à contre-jour. Un spectacle apocalyptique que je n'oublierai jamais
Voici le dessin-peinture que j'en ai fait, de ce Pont de Brooklyn à mon retour en Belgique
Nous arrivons donc dans notre hôtel, situé à Broadway, dans la 46e rue Ouest, le Century Paramount, vers 21h30. Hall d'entrée
impressionnant ; ascenseur jusqu'au 10e étage, Un Flic dans le couloir avec sa matraque double-mètre, adossé au mur juste à côté de notre porte. Nous sommes manifestement protégés par l'ambassade
de Belgique à l'ONU. New-York en 1971 est une ville extrêmement dangereuse et puis ma fille est une star...à sa façon. Belle ambiance sereine en tout cas, comme entrée en matière . On entre
dans la chambre et en refermant la porte, je vois qu'en plus du verrou, je dois attacher une chaîne au chambranle de ladite porte. Le tout va être maintenant de raconter une histoire à Valérie
afin de dédramatiser tout celà. Je ne sais plus ce que j'ai inventé
Notre chambre au Century Paramount
Et voici la
vue de notre hôtel; c'est mignon, non ??
Et notre situation exacte à Broadway-Times Square,- 2- au Sud-Ouest de Central Park, voir la flèche noire, à deux pas du Musée d'Art Moderne et pas bien loin des Nations Unies ( à droite, sur l'East River), où ous avons rendez-vous le lendemain matin. Nous irons à pied d'ailleurs (à suivre)
Voici un article sur New-York paru avant notre départ et qui est peu rassurant




