Cet archipel, accroché au flanc Est de l'Afrique, le poète n'a cessé de l'imaginer,
de le fantasmer.Il n'y accosta jamais.
Sur cette carte, vous avez au-dessus à droite, Aden (Harar) où vivait Rimbaud avant de partir en Ethiopie et Zanzibar est en-dessous à droite au-dessus de Dar es Salamm
"
"Je me trainais dans les ruelles puantes et, les yeux fermés, je m'offrais au solei, dieu de feu
"
Dans ses lettres, Rimbaud se plaignait de la chaleur "On étouffe déjà" (Aden , le 14 avril 1885). Nul doute qu'il aurait apprécié les ruelles
ombragées de la vieille ville de Stone Town, où le vent de la mer se faufile en douceur. On y voit d'antiques portes ouvragées et des bâtiments
emplis d'âme, fusion des culltures africaines, arabes, indiennes et européennes pendant plus d'un millénaire
S'il avait débarqué à Zanzibar, Rimbaud aurait-il adopté les habitudes du pays. Après une chaude journée les jeunes aiment se baigner au coucher du soleil, ici devant le consulat britannique de Stone Town, aujourd'hui
désaffecté. Mais seuls les hommes se jettent à l'eau. Les rares femmes indiennes iu africaines, à se baigner le font toujours habillées d'un ari soteux ou d'un kanga bariolé
Qu'importe, ces moments témoignent de la douceur de vivre qui règne dans l'archipel
Le rituel des prises débarquées sur le sable, Rimbaud l'a sans doute observé dans les ports de la mer rouge
Combien de fois
Rimbaud devenu négociant en café dans la corne de l'Afrique, a t'il pu voir des "dhows" (des
barques) de ce type décharger leur précieuse cargaison Au XIXe siècle, ces boutres d'origine omanaise transportaient au vent des alizés toutes les marchandises posssibles, y compris des
esclaves, entre la péninsule arabique, l'Inde et l'Afrique. A Zanzibar, ils embarquaient des chardements entiers de clous de girofle, culture qui
fit la fortune de l'ïle aux épices"
A Zanzibar, les "dhows" de petite taille, leur voile gonflée par le vent servent à la pêche quand ils n'embarquent pas des "Musungus" (les "Blancs" en Swahili ) pour une
sortie en mer. Les voyageurs sont attirés par l'exotisme de l'archipel, son passé mythique, ses plages de sable blanc, sa mer turquoise, son ciel d'azur
"J'ai vu des archipels sidéraux et des îles dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur"
Pour s'être aventuré sur
les hauts plateaux arides de l'Ethiope, Rimbaud aurait été étonné de la facilité avec laquelle les palétuviers prennent racine à Zanzibar. Ils se
replantent d'eux-mêmes, les jeunes pousses constituant une dangereuse herse végatale. Les Zanzibarites utilisent ce bois, pour charpenter leurs maisons et leurs bâteaux. Calciné, il entre dans la
fabrication de la chaux qui sert à blanchir les maisons. Les fleurs et les racines bouillies possèdent quant à elles, des vertus médicinales

