NADINE TRINTIGNANT, cinéaste et écrivain de nationalité française, est née à Nice le 11 novembre 1934.
Biographie
Née Lucienne Marquand, c'est la sœur des acteurs Serge Marquand et Christian Marquand, l'ancienne épouse de Jean-Louis Trintignant et la mère de Pauline et de Marie (toutes deux décédées) ainsi que d'un fils, Vincent Trintignant.
Pauline
Trintignant morte à 8 mois.
En 1971, militante active du féminisme, ayant elle-même pratiqué un avortement et étant totalement favorable à l'avortement, elle signa la pétition en sa faveur, dénommée par le magazine Charlie-Hebdo le Manifeste des 343 salopes ; elle a par ailleurs appartenu à l'Organisation communiste internationaliste. En 2 012, elle soutient la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle2.
Elle était la dernière compagne d'Alain Corneau (décédé en 2010).
CULTURE-MATCH | VENDREDI 3 SEPTEMBRE 2010
A LIRE AUSSIParu dans MatchDe “Police Python 357” à “Fort Saganne” en finissant par “Crime d’amour”, tout le monde a vu ou verra les films d'Alain Corneau, un des piliers du cinéma français.
Avec Nadine Trintignant, ils formaient un couple solaire. « Plus encore. Fusionnel », raconte une
amie. « Pour nous, c’étaient Alain et Nadine. Jamais l’un sans l’autre. Lorsque je venais passer un après-midi avec elle, notre conversation s’arrêtait naturellement quand Alain rentrait, car
ils
allaient s’accaparer l’un l’autre. Ils n’aspiraient qu’à être ensemble. D’ailleurs, ils ne
sortaient jamais. Alain Corneau détestait les dîners où il y avait plus de deux têtes inconnues. Mais il pouvait traverser Paris pour aller à la projection d’un film coréen non sous-titré. »
Dans leur couple, elle était (dans) la Lune ; lui, son axe. Dans leur appartement de plain-pied de la rue des Francs-Bourgeois, à Paris, quand Nadine se perdait dans ses pensées, Alain la
ramenait sur terre, en bougonnant « Oh Nadine ! » parce qu’elle avait oublié un détail d’intendance. Tous deux fous de voyages, ils partaient dès qu’ils le pouvaient. Alain devait rappeler
Nadine à l’ordre quand elle se présentait au départ avec un surplus de valises. « Oh Nadine ! » soufflait-il tendrement.
Leur histoire n’avait pourtant pas commencé par une déflagration d’amour. Ils s’étaient rencontrés sur le tournage de « Ça n’arrive qu’aux autres », sur lequel Alain Corneau était premier assistant. L’histoire autobiographique, réalisée par Nadine Trintignant, d’un couple qui ne se remet pas de la mort accidentelle d’un enfant. Au fil du temps, une amitié s’était muée en amour. Alain Corneau en avait été surpris. « J’étais préparé à un avenir de célibataire sans attache, dédié exclusivement au cinéma, à la lecture et aux voyages. Et puis… » Nadine se sépare doucement de la vie avec Jean-Louis Trintignant, et Alain s’installe dans la sienne. Il amène avec lui son espièglerie adolescente. « Il était toujours entre deux éclats de rire, explique un ami. Ensemble, ils ne vivaient que pour la lecture et la musique. » Et le cinéma, bien sûr. Comme tous les parents saltimbanques, Alain, qui élève les enfants de Nadine, Marie et Vincent, essaie de les décourager de poursuivre dans cette voie. Il ne résiste pourtant pas à prendre dans son film « Série noire », en 1979, Marie qui a 16 ans et dont le mystérieux visage de madone illumine la détresse de Patrick Dewaere. Il tente, un temps, d’orienter Vincent vers Sciences po, mais celui-ci revient avec la volonté de devenir… réalisateur.
FOU DE JAZZ
Corneau, petit provincial fou de jazz et fasciné par l’Amérique qui se déploie pendant son enfance dans sa région, se fond avec facilité dans un univers qui n’est pas le sien. Celui de Nadine et des Marquand, grande famille marseillaise aussi exubérante que celle de Corneau et ses parents vétérinaires est réservée. Avec les succès de « Police Python 357 » et « Le choix des armes » – « le charme des oies » disait Depardieu –, Alain Corneau devient le chef de file du nouveau polar à la française. Mais cette notoriété ne change rien à sa vie avec Nadine. Ancien de l’Alliance des jeunes pour le socialisme, « une plaisanterie qui a quand même duré deux ans », il fait entrer chez Nadine une « conscience de gauche » qui ne demandait qu’à s’épanouir. Sans se voir pour autant en Signoret-Montand, Nadine et Alain signent des pétitions et vont en Bosnie, durant la guerre, distribuer des jouets aux enfants.
Après presque trente ans de vie commune, ils se marient en catimini. En 1998, à la mairie du IIIe. Et parce que Marie a donné son accord. C’est Vincent, le fils de Nadine et de Jean-Louis Trintignant, qui sera le témoin d’Alain. Marie, celui de sa mère. Dans la foulée, Corneau adopte les deux enfants de Nadine avec le consentement de Jean-Louis qui demande simplement : « Mais ce seront toujours mes enfants quand même ? » La tribu est alors plus soudée que jamais. Alain racontait comment Nadine voyait les grandes familles. « Elles sont plus amusantes et joyeuses mais, au fur et à mesure de la vie, les inquiétudes et les tragédies sont plus nombreuses. » Lui ne s’angoissait de rien, surtout pas du pire. Leurs seuls moments de séparation avaient lieu durant les tournages. Comme l’avait raconté Nadine pendant la préparation de « Colette » : « Je ne me vois pas tourner un film avec Alain qui m’attendrait à 15 mètres, dans une caravane, à ne rien faire. Ce n’est pas agréable, le plateau des autres. C’est une aventure dans laquelle on n’est pas. » De fait, Alain Corneau n’est pas en Lituanie lorsque Marie Trintignant sombre dans le coma sous les coups de Bertrand Cantat.
« Je suis rapatrié d’urgence depuis Singapour, racontera-t-il. J’ai la vessie perforée. Lorsque Nadine m’appelle à l’hôpital, je comprends que quelque chose va très mal. Marie est dans le coma ! Je n’arrive pas à le croire. C’est un mauvais rêve. Pas Marie, pas elle ! Comment aller à Vilnius ? Je ne peux même pas me tenir droit sur mon lit… Je vis mon impuissance du mieux que je le peux, mais je voudrais être avec eux pour les soutenir. Je pense que Marie va s’en sortir. Elle est si forte ! Voir grandir Marie et Vincent a été un bonheur quotidien. Elle nous rassurait souvent, avec Nadine, en nous disant : “Ne soyez pas inquiets, il ne peut rien m’arriver. Je suis un camion. Je vais vivre longtemps, je vous le promets. Lorsque le neurochirurgien nous apprend qu’il n’y a plus d’espoir, Nadine n’en peut plus et je suis en lambeaux. Marie est rapatriée à Paris et meurt le 1er août. Nadine, qui ne veut pas être seule à la maison, me rejoint le soir dans ma chambre d’hôpital. Le décès de Marie est une souffrance infinie. Nous sommes ensemble dans l’horreur et la douleur. »
D'ABORD UN OPTIMISTE
« Depuis ce drame, si c’était encore possible, Alain s’était davantage rapproché de Nadine », explique un proche. Parce qu’elle le lui demande, il n’assiste pas au procès à Vilnius, mais il l’appelle trente fois par jour. Il abandonne ses projets pour se consacrer à elle, à sa souffrance. Oubliant la sienne, aussi. Il ne dort que d’un œil pour écouter le cliquetis rassurant du clavier d’ordinateur, sur lequel Nadine retranscrit toutes les nuits sa douleur dans une longue lettre posthume à sa fille. Pour « l’emporter hors d’elle-même », Corneau l’emmène en Inde. Souvent. Ce pays est sa passion depuis qu’il a découvert Ravi Shankar en 1962. Il essaiera de communiquer sa fascination en réalisant « Nocturne indien », mais « sans jamais réussir à retranscrire l’indicible », comme il l’avouait. Grâce à lui, Nadine survit puis revit. Un peu. « Sans lui, sans sa joie de vivre, Nadine n’aurait pas tenu le coup après le drame de Marie », estime une proche.
Pour tous ceux qui le connaissaient, Alain Corneau, c’était d’abord un optimisme. Certains de ses échecs au cinéma l’affectaient, bien sûr, mais aucun n’obscurcissait sa vision « un peu boy-scout » de la vie, comme disaient certains. Pour Sylvie Testud, qui avait tourné sous sa direction dans « Les mots bleus » : « Alain adore les conneries. Il faut vraiment savoir qu’il est Alain Corneau pour le prendre au sérieux. Et puis, il est curieux de tout. Il a une culture démentielle. Vous le branchez sur n’importe quoi, il en sait plus que vous. Dans ses envies, ses enthousiasmes, il ressemble à un gamin. Il faut l’entendre éclater de rire. On dirait un môme de 8 ans ! » Un contraste avec la gravité de ses films, sur lequel Nadine ironisait souvent. Lui-même ne comprenait pas ce qui le poussait à filmer des personnages « abîmés qui se découvrent dans le regard de l’autre et dont les fragilités constituent le moteur ».
Un cancer diagnostiqué au mois de septembre dernier, Alain Corneau n’avait pas pour autant perdu
son optimisme. Un premier traitement avait laissé croire à une rémission. Avec Nadine, ils en avaient immédiatement profité pour partir se reposer dans leur refuge de Bonifacio, mais les
escaliers un peu raides de leur appartement en duplex avaient fini par le fatiguer davantage. C’est pourtant quasi pimpant qu’il assiste à la remise de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy à
Danièle Thompson au mois d’avril. « Je savais ce qu’il avait eu, mais il apparaissait pourtant en pleine forme », se souvient un des témoins de la cérémonie. La sortie en août de son dernier
film, « Crime d’amour », avec Ludivine Sagnier et Kristin Scott Thomas, était sa cible. Tenir jusque-là. Au mois de juillet, il recevait des journalistes et parvenait sans peine à
s’enthousiasmer de la conversation. Mais début août, sa foi en la vie et les choses avait fini par disparaître. « Ne venez pas, ce n’est pas la peine », disait-il à ses amis. Nadine l’a veillé
jusqu’au dernier souffle, confiante, se souvenant sûrement de ce qu’elle écrivait dans la postface du livre de souvenirs qu’il avait publié en 2007 (« Projection privée », éd. Robert Laffont) :
« Lui que je vois toujours prendre le bon chemin. Avec sa loyauté. Sa tendresse. Sa lumière. Alain est un lumineux. »
Filmographie[modifier]
- Au cinéma
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1967 : Mon amour, mon amour, scénariste, avec Jean-Louis Trintignant, Valérie
Lagrange, Michel Piccoli
- 1969 : Le Voleur de crimes
- 1971 : Ça n'arrive qu'aux autres, scénariste, avec Catherine Deneuve, Marcello Mastroianni, Serge Marquand
- 1973 : Défense de savoir, scénariste, avec Jean-Louis Trintignant, Michel Bouquet, Charles Denner
- 1975 : Le Voyage de noces, scénariste, avec Jean-Louis Trintignant, Stefania Sandrelli
- 1980 : Premier voyage, actrice, avec Richard Berry, Patrick Chesnais, Vincent Trintignant
- 1985 : L'Été prochain, scénariste, avec Philippe Noiret, Claudia Cardinale, Jean-Louis Trintignant
-
1988 : La Maison de jade, scénariste, avec Jacqueline Bisset, Vincent Perez
- 1991 : Contre l'oubli, réalisatrice d'un court-métrage de trois minutes (avec 29 autres réalisateurs) sur un cas d'appel d'Amnesty International.
- 1995 : Lumière et Compagnie, avec Pernilla August, Romane Bohringer
- 1995 : Fugueuses, scénariste, avec Marie Trintignant, Irène Jacob, Nicole Garcia
- À la télévision
- 1976 : Madame le juge, scénariste
- 1986 : Le Tiroir secret (1 épisode sur les 6)
- 1986 : Qui c'est ce garçon ? (1 épisode)
- 1990 : Hôtel des caravaniers
- 1992 : Une mère, co-scénariste
- 1992 : Lucas
- 1993 : Rêveuse Jeunesse
- 1995 : L'Insoumise, co-auteur avec Vincent Trintignant
- 1997 : L'île bleue, co-adaptation et dialogues avec Vincent Trintignant
-
1999 : Victoire, ou la douleur des femmes
-
2003 : Colette, une femme libre
Théâtre[modifier]
- Metteur en scène
- 2010 : Ce soir j’ovule de Carlotta Clerici, Théâtre des Mathurins
Œuvres écrites[modifier]
- Ton chapeau au vestiaire, récit (Fayard, 1997)
- Combien d'enfants (Stock, 2001) - roman ayant reçu le Prix Goya du premier roman
- Le jeune homme de la rue de France, roman (Fayard, 2002)
-
Ma fille, Marie (Fayard, 2004)
- J'ai été jeune un jour Biographie (Fayard, 2006)
- Une étrange peine, recueil de nouvelles (Fayard, 2007)
- Les silencieuses, roman (Fayard, 2009)
-
La dormeuse, roman (Fayard, 2011)
-
Nationalité
Français
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Naissance
7 août 1943 (Meung-sur-Loire, Loiret - France)
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Décès
29 août 2010 à l'âge de 67 ans (Paris, Paris - France)
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Cause du décès
Cancer du poumon
Musicien de formation et diplômé de l'IDHEC, Alain Corneau débute sa carrière au cinéma en devenant en 1970 le premier assistant de Costa-Gavras sur L'Aveu. C'est l'occasion pour lui de travailler une première fois avec Yves Montand qu'il dirigera par la suite à trois reprises. Egalement assistant de Nadine Trintignant pour Ca n'arrive qu'aux autres, il co-écrit avec elle Défense de savoir en 1973. Cette même année, il réalise son premier film : France, société anonyme. Entre polar et science-fiction, ce long métrage déroute et subit une interdiction aux moins de seize ans. Le public n'adhère pas mais Alain Corneau trouve sa voie dans le registre policier. C'est ainsi qu'en 1976, il s'inspire du personnage de L'Inspecteur Harry pour sa deuxième réalisation, Police Python 357, un petit bijou du polar superbement interprété par Yves Montand. Les deux hommes collaboreront à nouveau sur La Menace (1977) et Le Choix des armes(1981), deux autres classiques du film noir à la française. Entre-temps,Alain Corneau signe l'adaptation de Série noire (1979), film pour lequel la prestation de Patrick Dewaere en représentant de commerce au bout du rouleau est unanimement saluée par la critique.
A partir des années 80, le réalisateur s'essaie à d'autres genres, mettant en scène la prestigieuse fresque coloniale Fort Saganne (1984), filmant la société indienne dans Nocturne indien (1989) et remportant le César du Meilleur film en 1992 pour le long métrage d'époque Tous les matins du monde. Après l'autobiographique Nouveau monde (1995), Alain Corneauretourne au film policier avec Le Cousin (1998) et offre ainsi aux comiques Alain Chabat et Patrick Timsit la possibilité de s'illustrer dans des rôles à contre-emploi. Son film suivant, l'ambitieux Prince du Pacifique, réalisé en 2000 avec le même Patrick Timsit et son complice Thierry Lhermitte, se solde quant à lui par un échec, tant commercial que critique.
Le cinéaste abandonne alors la comédie à gros budget au profit d'oeuvres plus intimistes comme Stupeur et tremblements (2003), adapté du roman homonyme d'Amélie Nothomb, ou Les Mots bleus (2005), inspiré de l'ouvrage homonyme de Dominique Mainard. L'année suivante, Alain Corneau concrétise un rêve vieux de trente ans en transposant à l'écran le livre de son ami José Giovanni, Le Deuxième souffle. Ce polar est emmené par un luxueuxcasting composé entre autres de Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Jacques Dutronc et Michel Blanc. Poursuivant ce retour aux sources, il met également en scène en 2009 Crime d'amour, un thriller au féminin interprété par Ludivine Sagnier et Kristin Scott Thomas.
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Nationalité



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