Le" Ravissement de Lol.V.Stein"
terminé en 1963 à Trouville (voici Marguerite à Trouville en 1962)
mais publié seulement en 1964, consommera la séparation d'avec Gerard Jarlot.
L'amant dans Lol V. s'appellera d'abord Gerard et on trouvera une version de Lol dans sa garçonnière. lol dit à l'amant"Je ne vous aime pas,
cependant je vous aime, vous me comprenez". Le Ravissement aura été leur dernier terrain d'entente, leur ultime collaboration. Après la fin de sa cure. Marguerite
décide de quitter Gérard et de vivre seule. Elle se sent trop malheureuse pour accepter ses aventures, trop défaite par la torture de la jalousie: "La seule connaissance qu'il avait de lui-même
en passait par les femmes," écrira-t-elle dans "L'Homme menti". "Je l'ai vu dans des bars, la nuit pâlir soudain à
l'approche de certaines d'entre elles, comme tout à coup au bord de l'évanouissement. Pendant qu'il la regardait, il perdait le souvenir de toutes les autres. Chacune se présentait à lui comme la
seule et la dernière. Et celà a duré jusqu'à sa mort". Jarlot nie toujours les faits, supplie, promet mais Marguerite apprend qu'il a une liaison avec une strip-teaseuse...de gauche. C'en est
trop. Jarlot tente de faire intércéder Louis-René des Forêts, et Alain Resnais, pour obtenir un rendez-vous. Plus jamais ils ne se rencontreront
Gérard Jarlot meurt le 22 février 1966. De quoi? D'une crise cardiaque, en faisant l'amour. Il a
été retrouvé mort dans un hôtel deSaint-Germain-des-Prés, à l'heure de la sieste. Une jeune femme a téléphoné d'une cabine pour prévenir la police. Marguerite quand elle apprend la nouvelle
devient folle, de douleur, certes mais aussi de jalousie envers la femme qu'elle rendait responsable de sa mort. Elle mena elle-même l'equête pour découvrir son identité
1963 c'est aussi
un séjour à New-York, payé par un producteur américain qu a fait aussi appel à Beckett, Ionesco et Genet. En compagnie de son ami, le peintre Jo Dawning, elle
s'embarque à bord du France avant de découvrir émerveillée "son Amérique", une amérique qu'elle va ensuite tant aimer et tant défendre. Mais le projet américain tourne court.
Voici Marguerite à New-York.
En 1965, elle publie le Vice-Consul
En 1966 elle coréalise La Musica avec Paul Seba et rencontre Delphine Seyrig. Pendant une quinzaine d'années, elle élabore une oeuvre cinématographique hors norme, cohérente, un cinéma de la fascination fondé sur la durée et sur les jeux croisés des voix et de la musique
En 1968, elle participe aux évènements de Mai. Le 5 mai, en compagnie de Dionys et de Robert, elle se joint aux intellectuels qui appellent au
boycott de l'ORTF, fait signer la pétition, et commence à militer activement. Dès les premières manifestations, elle descend dans la rue chanter à tue-tête, courir devant les flics, participe aux
barricades, rieuse, gamine. Mai 1968 la ressuscite (elle n'est pas la seule). Pour elle mai68 c'est l'exploration d'un lieu sauvage, l'expression du désordre fondamental qui nous
habite
En 1969 elle porte au cinéma "Détruire dit-elle" qu'elle
vient de publier. Elle auditionne rue Saint-Benoît, Roland Dubillard, Michel Bouquet et bien d'autres. Finalement elle choisra Michaël
Lonsdale, Daniel Gélin, Henri Garcin; Mais Marguerite est en panne d'inspiration. Elle écoute par hasard l'Art de la Fugue. La musique travaillera
à sa place. Le tournage se fait dans le parc de la maison d'un riche banquier. Film-slogan, film-propagande," Détruire" se veut aussi prophétique, appelant à un nouvel optimisme politique. Il ne
provoque guère la curiosité du grand public, mais fait beaucoup parler de lui dans les cercles intellectuels influencés par la psychanalyse. Philippe Sollers y voit un grand bouleversement formel et une nouvelle lecture du texte d'Engels, "L'origine de la
famille, de la propriété privée et de l'Etat". Film très sexuel aussi. Il aurait pu s'appeler "Castrer dit-elle"
En 1970, elle publie Abahn Sabana David. C'est une démonstration de l'inefficacité du
militantisme
En 1971, elle publie" l'Amour" où la mer est omniprésente " cette masse visqueuse qui
bat, avance et engloutit, cette mer qu'elle observe à Trouville, des nuits entières d'insomnie, cette mer qui lui fait si peur (remplacez mer par mère et vous aurez tout compris) et
réalise "Jaune le soleil". Elle signe l'appel de 5 avril 1971 des "343 salopes" avec entre autres Deneuve,
Beauvoir, Moreau, réclamant l'abolition de la loi punissant l'avortement
En 1973 elle réalise "La femme du Gange"
Et elle réalise India Song en 1974, qui obtient le prix de l'Association française des cinémas d'art et d'essai au Festival de Cannes en
197. C'est son chef d'oeuvre. La musique de Carlos d'Alessio y est pour beaucoup, lancinante, envoûtante, elle scande les images que Duras voudrait
presqu'effacées, éteintes
En 1975 c'est la rechute lors du dernier jour de tournage du "Camion" à Chartres
En 1979, elle tourne"Le Navire night" et fait
un voyage en Israël, pays qu'elle a toujours défendu. Elle y présente
" India Song" et "Le Camion". Il lui semble revivre l'histoire du Christ en parcourant le pays qu'il avait
parcouru

