Pour rappel, tous ces articles, depuis 1980 sont extraits de mon journal manuscrit qui, à cette date du 8 mars 2012, compte plus de 50.000 pages, et 168 volumes inéditables, si ce n'est par le biais d'Internet et de mon Blog
Cette année 1986 va être marquée par mon nouveau secteur bancaire,énorme, où je vais entrer en lice en tant qu'AUDIT. Ce secteur va du Nord au Sud de la frontière allemande (Aachen), à la Frontière française (Sedan-Montmédy-Longwy), en longeant à l'Est, le Grand-Duché de Luxembourg. Voici d'abord la partie Nord avec deux régions allemandes celle d'Eupen et celle de Saint-Vith. Eupen prospère car proche d'Aix-la-Chapelle et une région plus pauvre et plus rurale, ce qu'on appelle "les Rédimés", régionde Saint-Vith, qui a été annexée par l'Allemagne à certains moments de son histoire. On m'attribue de secteur parce que je me débrouille en allemand, ce qui va être pour moi l'occasion de repratiquer cette langue
Ensuite la partie Sud de mon secteur, qui va jusqu'à la frontière française. Notez que Moircy est sur la gauche. Disons que du Sud au Nord mon secteur fait environ 200 Kms et Moircy (à la fois mon domicile et mon bureau) apparaît très clairement dans le haut de cette carte
Je vais donc vous faire visiter toutes ces régions en photos et en textes puisque je suis sur les routes environ 12 heures par jour, dans une Ford Sierra blanche, appartenant à la Banque.
Mon job consiste à arriver à l'improviste chez des "agents" qui sont indépendants, par exemple "courtiers d'assurances" et de clôturer la caisse et le reste, séance tenante, en transmettant par ordinateur à la Banque IPPA Anvers, le résultat de mes contrôles. J'insiste bien, ces agents ne font pas partie du personnel Ippa, je ne suis donc pas dans des agences bancaires mais chez des Indépendants. Je dois demander bien gentîment à effectuer les inspections et revenir le lendemain si les gens ne sont pas disponibles
Et nous sommes dans une époque où il y a de plus en plus de fraudes et de hold-ups. J'en ai donc vu de toutes les couleurs. En outre je suis surveillé de près, puisque la Banque IPPA veut ma peau depuis 1980. Je m'apprête donc à vivre près de 4 ans d'enfer.
En attendant l'hiver est rude.
Janvier. Période à nouveau très difficile pour moi. Incertitude totale quant à mon avenir. Incapacité de faire un choix. Quitter la Banque c'est perdre mon territoire et mon eouvre. A la limite de la tenabilité avec mes employeurs.... Je viens de passer 3 semaines de congé de maladie, grâce à mon hyper-tension. Quel bonheur !!!!
Je n'ai q'une vie, alors laissez-moi la vivre et foutez-moi la paix....
Mon ami Jean-Pierre VERHEGEN, écrivain belge publie "Pubères, Putains". Voici un article à ce sujet, qui paraît dans la Presse belge en ce début 1986
Jean Pierre a déjà commis quelques livres qui ont eu un certain retentissement: "Le Degré Zorro de l"Ecriture" à ne pas confondre avec Barthes, "Ni-Nietzsche Peau de Chien", "Madame Mao " etc...
Je les connais bien lui et son épouse Gisèle Fusani , italienne de la région de Carrare.
Jean-Pierre VERHEGGEN
Poète, romancier, conteur, péteur de mots...
Né(e) le 06/06/1942
Biographie kaléidoscopique
Jean-Pierre Verheggen n'accorde que peu d'importance à une biographie académique. Il ne révèle d'ailleurs que l'essentiel, c'est-à-dire ce qui influe directement sur son oeuvre. Comme il se plaît à le souligner, au-delà de cette limite, tout portrait de lui n'est plus valable.
Sa naissance, le 6 juin 1942, à Gembloux, l'inscrit déjà dans la mouvance linguistique. Son père est originaire d'Orléans, sa mère est wallonne. Français et wallon se côtoient et se mêlent dans son oeuvre comme dans sa vie. En effet, si Verheggen vit à Mazy, dans le Namurois, il n'en manie pas moins la belle langue française, mieux même, il l'enseigna à l'Athénée royal de Gembloux. Il fréquenta l'ULB, ce lieu où il n'est pas bon de se prendre pour un écrivain, et, plus précisément, la section de philologie romane. Quelques années plus tard, son mariage avec l'Italienne Gisèle Fusani l'immergera un peu plus encore dans les langues, langues multiples et plurielles d'où naîtra sa langue.
Il est malaisé de dénouer le fil des influences qui ont joué sur l'oeuvre de Verheggen. Il se recommande en effet de tous - de tout même! - et de personne. Notons qu'il eut pour professeur de littérature Raoul Vaneigem (Auteur du" Traîté de Savoir-Vivre à l'usage des jeunes générations " ) et qu'André et Cécile Miguel, ses voisins, le guidèrent, sans l'orienter. Rappelons aussi que le Namurois est la patrie de Michaux et de Rops. Pour le reste, demandez à Verheggen quelles sont ses sources d'inspiration. Il vous répondra volontiers, et le plus sérieusement du monde : Badoit, Volvic, Spa Monopole, Chaudfontaine...
De plus, pour lui, être écrivain ne veut pas dire limiter sa curiosité au seul domaine littéraire. Toutes les formes d'expression retiennent son attention : la peinture, par exemple, mais aussi les moyens audio-visuels. La langue, en effet, est multiple.
L'épisode biographique maoïste résonne dans Le degré Zorro de l'écriture, Divan le terrible, et Vie et mort pornographique de Madame Mao. Le vécu a imprégné ces textes d'un leitmotiv : lézarder les images figées et sacralisées des Pères du monde. Mao rejoint ainsi Nietzsche, Platini, Tintin, Sade, Buck Danny, Lénine et tout autre prétendant au piédestal. L'auteur y compris.
À chaque instant, derrière chaque mot, se retrouve donc la biographie rejouée de l'auteur. La vie et la langue s'imbriquent indissociablement. Miséréré, qui clôture Stabat Mater, voit Verheggen nous livrer ses impressions post-opératoires.
Le bistouri du chirurgien qui le taillade lacère son texte. Pour l'auteur, c'est très clair : plus rien ne distingue son oeuvre de sa vie. Pénétrer l'une, c'est s'immiscer au coeur même de l'autre.
Le voyeurisme est pourtant ardu. La démesure peut occulter la pudeur d'un homme qui se livre avec une sophistication non fardée comme dans cette Lettre d'amour à Gisella Fusani au coeur du Ridiculum vitae.
C'est en définitive par irrespect du lecteur et de lui-même que le luxuriant luxurieux Jean-Pierre Verheggen, actuellement «chargé de mission spéciale» à l'asbl "Promotion des Lettres belges de Langue française", nous livre ses Portraits de l'auteur où se rejoue ce que cet homme n'est peut-être pas.
Ce 28 février je me rends à la clinique de Sainte-Ode, voir mon beau-père Louis Nassogne, qui est en mauvais état.
Ma belle-soeur Marie-Henriette Nassogne vient le WE. Elle lit "La Femme essentielle" de Philippe Solié et nous amène deux poupées "Vaudou", achetées par Marcel Reynders lors de son voyage dans les cajuns de la Louisiane
Je vais commencer sérieusement à voyager dans mon nouveau secteur, vissé au volant de ma voiture. Chaque lundi je reçois une volée de dossiers d'inspection à réaliser.
En mars je commence par la région arlonnaise. Voici les contreforts du quartier et de l'Eglise Saint-Donnat . Mon resto crétois El Greco et en fin de journée le Coconut, tenu par Murielle Huberty et son mari Jean-Marie Luntumbwe, Zaïrois et musicien, ceci avant de reprendre la route de Moircy, situé à une cinquantaine de Kms d'Arlon. Bien souvent des journées de treize heures, départ à 7h du mat, retour à 20h00.
16 mars. Aujourd'hui les élections en France et cette terrible crainte que la gauche ne soit virée après 5 ans de pouvoir. La peur du retour de ces vieilles et grandes gueules de la droite, ces éternelles et envahissantes bêtes gueules à cravattes aussi pincées que leurs lèvres
J'ai envie de créer un club de pré-suicidés cioraniques. On ne vit vraiment que lorsque l'on accepte d'être en bordure de la mort
Depuis fin janvier 1986, je commence à remonter vers le Nord dans ce qu'on appelle "Les Ardennes liégeoises". Région de Hamoir sur Ourthe, avec la maison de ma tante Berthe Duesberg-Pirenne, souvenir d'enfance et d'adolescence "Je suis à Hamoir le long de l'Ourthe, près du château Rancelot, sur la route de Lassus, là ou je péchais à longueur de journée quand j'étais adolescent et je viens de revoir les deux propriétés (Pirenne et Hanquet) dans les quelles j'ai passé plusieurs séjours, le dernier en 1956, avec mon ami Alex Jacquemin (devenu professeur d'Economie à l'Université catholique de Louvain). Dans cette villa nous avons parlé des "Jeunes Filles " de Montherlant, dont la lecture était interdite dans le collège de Jésuites dont nous sortions
Ensuite je remonte sur la région de Verviers, via Theux, sur la place où vécut le peintre et écrivain Marcel MARIEN. Voici un article où Marien parle de l'héritage de MAGRITTE
La colline des SIx-Cents Franchimontois
REMOUCHAMPS et l'Amblève, la cascade de Coo, La Reid,
STAVELOT, la ville d'Appolinaire 
SPA, ville d'Eaux et de Victor Hugo, voici son hôtel (ci-dessous) "La CHAMBOTTE"
Le Pouhon de Pierre Le Grand (Les Sources des Eaux de Spa)
La Promenade des Sept heures
La promenade des Artistes (nous sommes au bord des Fagnes)
Et enfin VERVIERS, le berceau de ma famille maternelle, ville des LAINIERS (Les DUESBERG et les HOUGET, notamment))
D'abord la Vesdre (l'arrière de la rue Spintay, vue du Pont des Récollets) Une villa en ruines à Stembert sur le haut de Verviers, ayant probablement appartenu à un riche patron lainier du début de siècle, Verviers étant devenue la Capitale mondiane de la Laine 

La rue Spintay sur une carte postale ancienne
L'Harmonie (Société musicale de Verviers).
La Place du Général Jacques où habitent André et Odette BLAVIER (vers le dessus à gauche)
La même place vue du haut, donc de l'Eglise Ste Julienne.
Un plan de Verviers , brossé dans mon journal
L'Hôtel de Ville de Verviers, face à la Bibliothèque de Verviers, où se trouve André BLAVIER, qui gère là-bas, le Fonds QUENEAU, son ami pataphysicien
Voici la Bibliohèque communale de Verviers
et son conservateur André BLAVIER, membre du collège de Phataphysique, celui de Vian et de Queneau et auteur, notamment des "FOUS LITTERAIRES", Fondateur de la revue "TEMPS MÊLES", dont il va me donner une série de numéros que j'ai conservés soigneusement. Ajoutez à cela, héritier de tous les documents Queneau, qu'il mettra à la disposition des chercheurs et du public dans sa bibliothèque communale de Verviers


A la mi-mars je ne suis pas allé à mes 30 ans de rhétorique au Collège Saint-Servais à Liège. Je m'y étais rendu en 1976, pour les 20 ans. Enorme erreur. Jamais plus.... Mais j'ai envoyé une lettre pour m'excuser (donc pas encore tout à fait libéré), donner de mes nouvelles, communiquer mes coordonnées. Aucune réaction. Ce qui prouve à suffisance l'inanité et la fausseté de ces réunions de vieux troupiers, d'anciens collègues boy-scouts, en culottes courtes. On bat le rappel tous les dix ans, mais comme on n'a plus rien à se dire-on n'a peut-être jamais rien eu à se dire d'ailleurs, on organise pour tuer le temps, une visite guidée des anciennes Mines de Blegny-Trembleur. Ensuite, Messe au Colège à Liège, mais non-obligatoire. Manquerait plus que cela !!!. Ensuite apéro feutré, du vin de messe coupé d'eau bénite et dîner dans un brouhaha indescriptible, une salle remplie de tables et de jubilaires de tous crus, avec des soutanes, des sermons et aussi plein de scouts, de "routiers-maîtres", traduisez de boy-scouts attardés, la cinquantaine, toujours en culottes courtes ( Il faut choisir, la culotte courte ou la jupe de la soutane) avec leurs jambes poilues et plissées dépassant péniblement, de leurs culottes bleu- libéral ou kaki-caca et leurs noms d'animaux, leurs" totems", Eléphant, Jumbo, Grizzly, Hamster, Spirou, Baloo, Isard, Fouine, Blaireau...tu parles d'une ménagerie...
Après cette première tournée dans mon secteur, fin mars, je me paie un petit séjour à Bruxelles avec ma compagne Céline. D'abord rue de Florence, chez notre amie hongroise Maya et son nouvel ami Serge Janssens, attaché au Service commercial du Crédit Lyonnais.. Nous traverserons" Le mont des Arts" et le magasin d'instruments de musique Old England (voir plus bas)...
Puis nous émigrerons vers le quartier Ste Catherine, où nous visitons la maison de la Bellone (1883-Art Nouveau).
Nous nous retrouverons au grand café d'artistes de Bruxelles, au Falstaff (Brasserie), près de la Bourse, où nous buvons une bière à la framboise.

L'Eglise Ste Catherine
Le Mont des Arts et le magasin d'Instruments de Musique ex- Old England
Puis la Gand'Place et la Maison de Victor Hugo (1851 en partant pour l'exil)
au 26-27 de la Grand-Place "Le Pigeon". La maison du milieu sur la photo ci-dessous.Il y a une plaque commémorative
Nous irons à la Libraire "La Proue" où je veux acheter "Les Fous littéraires" d'André Blavier mais les trois derniers exemplaires viennent d'être volés.. Discussion avec un certain Pochet, un client de mon âge (48 ans) qui me demande si j'ai des numeros de "Temps Mêlés" (la revue d'André Blavier) à revendre. André m'en a donné une série mais pas question que je m'en défasse. Pochet a participé à deux colloques Queneau (à Cerisy, je suppose).
Et le WE de fin mars qui est le we de Pâques, nous sommes à Redu avec notre ami Jean Bernard, le village européen du livre, situé à une trentaine de Kms de chez moi. Chaque maison est une librairie ou un café-resto. Il y a des nuits du livre. J'achète un livre de René Crevel "Mon Corps et moi-La mort difficile" (Editions Rencontres-Lausanne) et un Une vie de Rimbaud d'André D'Hôtel. Rencontre de Mireille Gerard, peintre et de son ami Michel Olivier (le neveu d'Omer Marchal) qui tient une librairie très à droite, "L'Ile lettrée". Gros malaise
Je retournerai seul à Redu le lendemain et rencontrerai un guitariste de 24 ans qui s'appelle Hughes DRAYE. Après quoi je veux reprendre ma voiture dans un terrain boueux et je patine a donf. Je serai dépanné par un tracteur. Je suis bel et bien en train de m'ENLISER et c'est un avertissement. Je ne vais pas bien du tout et je me suis pété la gueule à Redu. Ca ne marche plus avec mon épouse et je suis hyper harcelé par ma banque au point d'avoir envie d'en finir.
Ce 1er avril, à Apostrophes on parle du "Parfum" de Patrick SUSKIND.
Sur Télé 2 un autre reportage sur un peintre, écrivain, cinéaste belge Pierre MICHEL, mort accidentellement en 1981, à 32 ans. Un petit bonhomme, bourré de créativité, proche d'Alechinsky et de Cobra, entre autres, et qui se révèle incapable de répondre un mot lors de l'émission Arts-Hebdo de 1979 (RTB Christian BUSSY), dans laquelle je passerai un an plus tard, interrogé par le même Christian Bussy. Et il meurt à 32 ans, totalement méconnu alors que nos cimaises nationales et internationales sont bourrées de nullités tapageuses. Il a fallu qu'il meurt et qu'il ait sans doute 2 ou 3 amis fidèles pour que ce film superbe jaillisse, avec sa peinture, son écriture, sa musique et ses films! Une production abondante et remarquable d'originalité et de vibrations
Nous sommes le 9 avril et je repars vers le Nord. J'en suis à ma 89e inspection depuis le 3 février avec des trajets harrassants en voiture et une obligation de surgir à l'improviste dans les agences, prévenir relève de la faute grave, et donc de tomber à de mauvais moments et de devoir revenir le lendemain ou les jours suivants. Découvrir les fraudes dans certaines agences et aussi les dépanner en cas de hold-ups, commis la veille. C'est l'enfer...
Je suis à nouveau dans la région de Verviers et je découvre un petit resto sympa "Le CANOTIER", rue des Raines. Au fond, l'Eglise Saint-Remacle. Le Canotier est un cabaret. Ils ont reçu les PLATTERS la semaine dernière, avec deux membres-fondateurs. C'est l'ancien Hôtel des Flandres au nos 65 et 67 de la rue des Raines. Je parle à un habitié un certain monsieur Froidthier car en fait je cherche la maison de l'historien Henri Pirenne et le patron ne sait pas, et ce client non plus. Pourtant il me parle de ma famille. Un certain Leon Duesberg, de son château de Soiron, d'un fils suicidé.

A 11h45 je me tire chez André Blavier et on revient avec Odette prendre l'apéro au Canotier. Monsieur Froidthier, toujours là (il habite rue du Centre et nous offre un verre). André me propose d'aller à la recherche de la maison d'Henri Pirenne, l'Historien. ll ne sait plus très bien laquelle mais il se souvient qu'il y avait un perron devant la porte d'entrée. Nous y sommes c'est le n °17 de la rue des Raines, au coin de la rue des Suisses ( La maison Vivroux). André s'est occupé du frère d'Henri, le peintre Maurice Pirenne, qui avait épousé la soeur de mon grand'père Jules Duesberg, ma tante Maria. Henri, lui est un historien célèbre mais dans sa rue on ne sait plus où est sa maison???
André m'apprend que dans cette rue des Raines, il y avait des étangs, remplis de Rainettes. Finalement on mange là-bas. Un certain Williquet s'amène, il tient une galerie à côté du resto. André regarde mon journal et semble s'y intéresser beaucoup. J'en suis à cette époque à la page 1790 et c'est mon 5e tome. André Blavier est mon premier lecteur
Je pars pour faire deux inspections-retomber dans ce stupide monde de la finance, sans transition, dans des villages avoisinants et serai rentré à la maison à 20 heures

Je demande à André d'où provient ce nom des Dardanelles attribué à un quartier de Verviers (voir le haut du plan ci-dessus), le long de la Vesdre. Il me dit que Victor Hugo qui est aussi venu à Verviers, s'était posé la même question. Mais pas de réponse. Verviers a été en relation avec l'Orient dans son commerce lainier. Alors Bosphore, Dardanelles et Vesdre (la rivière qui arrise Verviers)???
Je réalise qu'en un mois je suis tombé 3 fois sur Victor Hugo, à Spa, à Bruxelles et à Verviers
Nous sommes le 11 avril et à Moircy, il neige sans arrêt. C'est le week-end et je vais acheter des planches pour construire mon 1er barrage sur le ruisseau. Je plante aussi des tas d'arbustes
Le samedi 12 avril, nous partons pour Luxembourg où habite notre fille Valérie, récemment mise en ménage avec Stephane Poncin de Saint-Hubert. Ils travaillent tous deux dans cette ville, située à 60 Kms de chez nous. 
Dès le 15 je vais repartir en inspection, encore plus au Nord à la frontière allemande, Welkenraedt, Montzen, La Calamine, Gemmenich. Gemmenich point extrême, faisant frontière avec l'Allemagne et les Pays-Bas, est à 135 kms de chez moi. Il me faut 1h45 pour y arriver, cela veut dire 3h30 de trajet aller -retour, plus les trajets dans le secteur. C'est une région sinistre et plate, située à 1/2 heure d'Aix-la-Chapelle. Voici Montzen
Gemmenich et son parc des trois frontières. Là j'aime bien. On descend à gauche on est en Allemagne, à droite on est en Hollande à Vaals
Voici Vaals aux Pays-Bas
Et de temps en temps je vais pousser mon nez à Aachen-Aix-la-Chapelle


Cette nuit du 20 au 21 avril, mort de notre chat siamois Colombo. Il était né le 13 avril 1973. Toujours cette rhinite dont il était resté atteint et qui avait, il y a 2 ans, entraîné la mort de son frère Congolais, de sa mère Mistinguett et de son demi-frère Figaro, la panthère noire. Seule Chélidoine, siamoise et Jojo le tigre en ont réchappé. Et une nouvelle venue Lola, la chatte des bois. Ici de gauche à droite, Chélidoine, Congolais et Colombo, frères et soeur d'une même portée, celle de leur mère Mistinguett
Colombo, depuis des mois nous assistions à ta lutte contre la mort, appelant le vétérinaire, te donnant à manger, bouchée après bouchée, depuis plus d'un an. Nous avions failli te faire piquer, il y a un mois, mais tu avais repris vie. J'ai toujours dit qu'un morceau de moi mourrait, le jour où tu disparaîtrais. Ce fut le cas déjà avec Figaro. Mes animaux sont des morceaux de ma chair.
Colombo, tu étais le chat parlant, oui tu parlais et tu répondais. Tu avais une terrible grosse bouille, mon Siamois tout blanc, tu étais celui pour lequel nous avions le plus de tendresse..et c'était atroce de te voir souffrir ainsi.
On t'a retrouvé tout raide dans la caisse où je t'avais couché cette nuit à minuit car tu titubais en cherchant un coin où te retirer-ton cerveau était atteint. Ce matin tu avais gardé cette position dans laquelle je t'avais couché, avant d'aller me coucher mais malgré tout, quand Céline t'a découvert ce matin...je n'y croyais pas...étant parvenu à refouler dans mon sommeil, cette angoisse de ta mort toute proche;.
Tu nous avais accompagné pendant treize ans. On t'aimait bien, tu sais !!!
Ce mercredi 23 avril me voici à nouveau dans le Nord, à Dolhain-Limbourg entre Verviers et Eupen
Ensuite ce sera EUPEN les 24 et 25 avril 1986, curieuse petite ville, une mini-Aix-la-Chapelle. Inspection notamment dans un gros bureau d'assurances, chez Diether Thielen, bien connu sur la place, qui m'invitera à manger chez lui et me racontera la mort de son jeune fils noyé dans son étang.



Voici ce qui va devenir mon restaurant à chaque séjour dans la région, à savoir pendant 3 ans. Chez VISE-MEESSEN à la Haarstrasse. En fait Eupen est la capitale de la région allemande de Belgique.
Ensuite retour dans la région de Verviers et et le 30 avril, je serai en congé pour 10 jours. J'ai fait plus de 3.500 Kms en avril et 112 inspections en mars-avril.
Nous accueillons mon ami Marcel Reynders, retour de je ne sais plus quel pays d'Asie(Mongolie???) dont il a ramené un masque étrange. Le voici et moi en
dessous
Il nous a rapporté deux Poupées Vaudou et des aiguilles pour pratiquer l'Envoûtement, ce que je n'ai jamais fait. Voici le prospectus
Pour me reposer j'entreprends la construction en béton armé de deux barrages au grand étang, un à l'entrée et un à la sortie. Voici un des éléments du barrage d'entrée. Les barreaux sont imposés par Les Eaux et Forêts, je n'ai pas le droit de capter le poisson du ruisseau-écart de 1 cm entre chaque barreau
Sur ma lancée je vais renforcer les 6 barrages du ruisseau. reconstruction complète avec des "U" en fonte enfoncés dans le fond du ruisseau, à la masse, à chaque barrage et introduction des poutrelles en bois dans ces tenants en fonte
Le 7 mai, je ramasse des tritons en forêt dans des ornières de tracteurs et les introduis dans les étangs. Les voici dans des bassins. Il y en a 61 et le lendemain j'en ramènerai encore 25
Et en route vers l'étang. Superbes petite bêtes au ventre orange
Il fait toujours aussi dégeulasse, nous n'avons pas encore vu le printemps. J'ai aussi agrandi le 2e étang et planté des Saules, y compris un Saule Pleureur
Voici l'étang n°2 à la fin de mon congé
L'arrière de notre maison vue de l'étang 2
Et le 13 mai je repars pour les régions allemandes, la région de St Vith, ce qu'on appelle les Cantons de l'Est qui comme l'Alsace avaient été repris par l'Allemagne d'où leur nom de "Pays rédimés". Voici les villages que je vais me taper: Büllingen, Hepscheid-Heppenbach, Weismes, Amel, Elsenborn, Sourbrodt, Rocherath...et bien entendu Sankt-Vith
Saint-Vith, capitale des "Rédimés"
Et redécouverte du barrage de Robertville. Les pions du collège Saint-Servais ont cherché mon corps au pied de ce barrage lors d'une excursion de fin d'année où j'avais fugué avec 2 copains. C'était en 1949
Les 21-22 et 23 mai je suis en inspection dans la région du Sud de Saint-Vith, morne plaine. La voici. J'y accède par Gouvy et Beho
Le 21 mai je suis avec ma chienne Craquotte dans un bois entre Saint-Vith et Manderfeld, à 2 pas de la frontière allemande, à savoir de la "Schnee-Eifel". Il est 12h45 et j'ai terminé une inspection ce matin à St Vith. J'ai mon pic-nique. Le soleil pointe enfin. A peine installés dans un chemin de traverse, nous voyons apparaître un garde-chasse à la Schleu. mais il se montre très aimable et me dit "Nicht den Hund zu weit laufen lassen.." ce qui me paraît évident. Und ich antwort "Ya ya , einverstanden. Krakooot, hast du gehört ?. Komst du hier, bei mir !!!"
C'est en fin d'après-midi que je passe chez les Schouteden à Wisembach, amis des Blavier. Deux peintres, Mathieu Schouteden et Simone HUBY, qui, comme moi, travaille beaucoup sur les déchets. Première prise de contact. Ils vivent dans un chalet. Mathieu a été professeur-frère à Saint-Luc à Liège (Beaux-Arts). Voici une vue prise de leur chalet et en-dessous le vieux viaduc, juste avant d'accéder à leur chalet
Je suis à mille lieues de me douter que mon beau-père est en train de mourir.
Le lendemain je suis à nouveau en "allemagne" à Hinderhausen Crombach et à Oudler-Thommen et le soir tard je me rends à la mortuaire située à On (Jemelle). Je lui avais rendu visite à mon beai-père, à Ste Ode le 28 février et lui avais amené de la bière de Vieuxtemps qu'il adorait. Et là je le vois enveloppé dans un drapeau belge, que les Résistants étaient venus lui mettre en cachette car il n'en voulait pas (il aurait trop souffert du statut de ses parents résistants???). Il ne voulait pas non plus être enterré à On parmi ses camarades résistants. Et donc le 24, nous irons tous à Robermont (Liège) le voir passer au four, puis on répandra ses cendres dans ce grand parc, celui où j'avais enterré mon grand-père Jules Duesberg en 1946.
Louis Nassogne, je l'aimais bien mon beau-père et lui aussi. Il travaillait à la meteo dans les champs d'aviation belges. On parlait de politique ( Il était PS), de Bob Claessen, de François Perrin, mon ancien professeur de Droit, de Rocard et surtout d'Albert Camus qu'il aimait beaucoup. Louis Nassogne et son épouse Charlotte Collignon avait un fils aîné de mon âge et deux filles, Céline mon épouse et Marie-Henriette, qui, elle, avait épousé le peintre de Lierneux Jean-Pierre Rensonnet (alias Ransonnet)
Début Juin. J'en ai marre de ces inspections-travail stupide, emmerdant...et de ces routes qui n'en finissent pas.
Ici en allemagne belge on ne dit pas "wiedersehen" mais TSCHÜSS"
La seule chose positive est que je suis forcé de repratiquer l'allemand
Reprise de contact avec Jean-Pierre Ransonnet
Tenir le coup jusqu'aux vacances
Je ne parviens plus à peindre, je suis complètement pompé par mon boulot
Ma seule compagne, ma chienne Craquotte, nullement les soi-disant "humains" qui m'entourent...
Halte au bord des lacs artificiels. Le Barrage d'Eupen. Seule l'eau m'apaise
Aussi dans la région de Vielsalm. Mon secteur est immense. Je mange au resto "Les Myrtilles"
Retour des Martinets ce 10 juin....
Réunion des Cadres Ippa au Château de GENVAL(Brabant wallon) ce 18 juin .L'horreur...Cauchemard. Tous les cadres assis l'un contre l'autre à écouter les bla-blas de 6 cons successifs avec un exposé final d'un français Christian Loviton, nous parlant de notre avenir...éléctronique. Je me suis enfui à 20h45, avant le diner et suis allé rechercher ma voiture, garée heureusement à 2 kms de là, sinon on ne m'aurait pas laissé partir
Mort de COLUCHE en moto ce 19 juin, près de Grasse. CHOC !!!!
Le 23 juin je pêche 6 truites dans mon ruisseau dont deux de 25 et 35 cms. Je continue de renforcer les barrages
En coupe du monde la Belgique bat l'Espagne et se qualifie pour les demi-finales où elle rencontrera l'Argentine
Valérie, ma fille est toujours en Grèce
Les rats musqués ont détruit le Massettes. Je ne me résouds pas à les faire piéger
Fin juin, je restaure la grande muraille du grand étang en remettant de la couleur à l'huile avec le pouce
Et voici le décor, les deux étangs à la mi-86. Ils font chacun 200m2, creusés à la bêche, à la pioche et à la main....Preuve de ma résistance et les arbres grandissent peu à peu. Tout en bas en fond d'écran c'est un de mes quatre Aulnes









