PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE
1. 1974 - La Première Habitude (Editions Pauvert-Republié dans "J'ai Lu ")(Grand Prix des Lectrices de "Elle", 1974)
2. 1976 - L'Or des chambres (Editions Pauvert
3. 1977 - Le bout du compte (Editions Pauvert)
4. 1985 - Mortel Azur (Jean-Jacques Pauvert chez Mazarine- Réédité chez "J'ai Lu" en 1999) 
5. 1990 - Le petit Prince Cannibale (Actes Sud, republié chez "J'ai Lu") (Prix Goncourt des Lycéens, 1990
)
6. 1993 - Blanche c'est moi (Ediions Actes Sud)
7. 1994 - La Grosse (Editions Actes Sud)
8. 1994 - Hermine (Editions Stock)
9. 1995 - Surtout ne me dessine pas un mouton (Editions du Rocher)
10. 1997 - Un soir sans raison (Editions du Rocher)
11. 1998 - Les larmes d'André Hardellet (Eiditions du Rocher)
12. 1998 - Consigne des minutes heureuses (Editions du Rocher, republié chez "J'ai Lu").
13. 2000 - En nous des choses tues (Editions du Rocher)
14. 2000 - Souliers d'automne (Editions du Rocher)
15. 2001 - L'Offrande (Editions du Rocher)
16. 2002 - Alma ou la chute des feuilles (Editions du Rocher)
17. 2004 - Se perdre avec les ombres (Editions du Rocher) (Prix Marcel Aymé
18. 2008 - Un album de silence (Editions Mercure de France)
LiVRES SUR FRANCOISE LEFEVRE.
UNE AUTRE QUE MOI de Sabine BOURGOIS- K Editions-26190 Rochechinard-2004
Un très beau livre écrit, au début des années 2000, par une jeune lectrice, Sabine BOURGOIS, au départ d' une lettre envoyée à Françoise, Lettre qui devient Livre et au surplus remporte un prix littéraire "A la découverte des écrivains du Nord",en 2004 ou "Prix Furet du Nord" lui remis à Lille, par le Directeur délégué du Furet du Nord, Pierre Coursières


Avec l'autorisation de l'auteur, mon amie Sabine Bourgois
"Il m'a fallu du temps pour me faire à l'idée de vous partager. Et puis avec qui vous partager ?
Vos livres, je ne les prêtais à personne. Ils ne sortaient pas du rayonnage où je les laissais reposer, sur l'étagère la plus basse. D'autres étaient placés en lieu sûr, derrière la porte d'une table de chevet.
J'ouvrais la porte, je les prenais, les palpais longuement puis les rangeais. C'était un cérémonial de rien par lequel je puisais des forces, une imploration silencieuse et secrète, la certitude que ces livres n'étaient pas seulement des livres, et qu'ils avaient le pouvoir de m'emmener plus loin
"Votre voix sort lentement d'un long couloir. Voilà l'image: celle du train dont on peut apercevoir dans le lointain les feux de la motrice, le nuit, sur un quai de gare quasi désert .
On distingue au loin les feux de la motrice; et l'impatience d'accueillir le passsager pour lequel on se tient debout dans le froid, immobile, rend l'avancée du train vers l'extrémité de la voie encor plus lente, plus détachée. A l'impatience se mêle l'appréhension, la langue se plaque contre le palais.
J'aime votre voix tâtonnante, choisisssant ses mots, puis les prononçant sans plus aucune hésitation. Une voix rare à laquelle je n'ai pas accès. Cette voix a choisi le silence, elle parle par la main, par l'écrit. Nous perdons sa volupté grave, l'appel de grottes, d'églises, le cri venu d'uncachot, une voix en perspective comme une toile peinte et ses différents plans. C'est une voix souterraine. une voix de source. Lorsqu'elle perce la surface de l'eau, c'est l'étonnement.
Je vous ai écoutée pendant près d'une heure au téléphone. Vous ne mesuriez pas votre temps. Jaurais voulu conserver votre voix comme je peux conserver vos livres. Mais je connais déjà cette sensation avec la voix des morts. Au moment où je me les rappelle, où je les écoute en moi-même pour ne pas les oublier, pour m'en souvenir jusqu'à ma mort, je suis encore plus seule. A ces moments la mort serait attrayante, si elle permettait de rejoindre ces voix que j'ai tellement aimées.
Votre voix ne m'a pas pris la main. Votre voix a marché devant moi, et je l'ai suivie, en marchant un peu à vos côtés, un peu à votre suite. J'ai essayé de saisir tout ce que vous aviez à me dire, et de tout retenir. Ma mémoire s'est transformée en un panier que j'emplissais et emplissais. Puis il fut plein et vous n'aviez pas fini de parler. J'avais des mots et des phrases dans les poches, le pull, les mains. Tout était important surtout le fil de votre voix qu'il ne fallait pas rompre. Je balbutiais des mots, je vous les tendais, vous les preniez, nous tentions de raccomoder notre conversation. Vous accrochiez ce fil au vôtre, et vous repartiez en tête, délestant encore tous ces mots et parfois une douleur contenue. Je tendais les mains. Pour recevoir la douleur je tendais les mains. Je ne sais pas si j'ai souvent refusé de partager la douleur. Refusé de partager le plaisir: oui. Refusé de partager la solitude: oui. Refusé de partager la douleur, je ne sais pas. Parfois la douleur de l'autre devient immédiatement la mienne. Et si je dois partir, je l'emporte avec moi. Et si je ne sais pas la porter, j'en porte la culpabilité, qui est une autre forme de la douleur."
"Françoise. Je voudrais vous rencontrer pour démythifier l'image que j'ai de vous. Pour me libérer des liens que j'ai tissés entre vous et moi. pour que vous m'apparaissiez enfin comme un être humain, ni pire, ni meilleur. Pour qu'à mon tour je puisse écrire, même mal, même dans la douleur et même par bonheur. Car l'écriture m'est nécessaire également. Je vous ai érigée en maître de l'écriture et j'ai tant besoin de vous détrôner : Car l'oeil de celui qu'on vénère est aussi l'oeil de Caïn "
Livre admirable, une véritable écriture, elle aussi. A lire impérativement
"Les Caresses de l'absence chez Françoise Lefèvre" de Pierre Perrin (Editions du Rocher - 1998)

























