Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main
Présentation
:
le blog totems par : Christian VANCAU
:
Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
Carte mondiale des Blogueurs
J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord de Sedan et 75 Kms au Nord
de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est,Sedan etCharleville au Sud-Ouest
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Mon adresse-mail est la suivante: christian.vancau@base.be
" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain
ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti " ( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )
Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre
Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges, un endroit magnifique au bord de la
forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en
Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était
embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à
part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je
me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la
banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" ! En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5
anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis
donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé.
Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en
ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été
fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des
étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis
retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à
suivre).
Archives
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art n'était pas plus
reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de
toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de
la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence,
agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche,
ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres
est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en
Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du
Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des
groupes,quels qu'ils soient,et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux
d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un
journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et
contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de
ce blog
Je termine "L'Ombre de la Bête" de Patrick GRAINVILLE. Livre remarquable. Un livre qui me concerne profondément. Un… https://t.co/C104t2zpz9 Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018
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Extrait de ma bio 1985. Jean DUBUFFET est mort. C'est intolérable. La nouvelle tombe ce mercredi 15 mai mais il est… https://t.co/qGjtC2a6oe Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018
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Deux grenouilles mâles (plus petits que les femelles) sur le dos d'une femelle l'étreignent dans un combat furieux,… https://t.co/b7UWPmaubF Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018
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Henri Michon mon ami bourguignon, celui qui m'a amené Christian Bobin à Libramont en 1976, m'envoie une analyse gra… https://t.co/smBKKB8MGB Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018
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A Anvers ces 21 et 22 mars 1985, en stage informatique au Centre Ordinateur de ma banque Ippa. Tout un parc indusri… https://t.co/HbDhrrVvhw Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018
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Je reçois une lettre de ma mère, pour la première fois depuis 4 ou 5 ans. Ma mère vient d'avoir 71 ans. On dirait q… https://t.co/XZnwmSfi3h Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018
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Extrait de mon journal 1985 "A 2 Kms de Buzenol, en pleine forêt, ce jeudi 28 février à 12h00, avec mes tartines e… https://t.co/wDClG9OTHJ Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018
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Extrait de ma bio 1985. Jean-Luc Godard à la Télé à propos de la sortie de son dernier film "Je vous salue Marie" q… https://t.co/kWvID4Ny9E Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018
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Extrait de ma biographie-1985. Il fait soleil, les glaces dégèlent tout doucement en cette fin février, mais on ne… https://t.co/a8QjtQCsVl Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018
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Texte Libre
Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami
Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à sespairs!http://www.bigmemory.be
"Etre con est tout à fait supportable tant qu'on l'est suffisamment pour ne pas savoir qu'on
l'est."
ADIEU L'AMI !!!! Ce 30 Janvier
2014....
Il a 88 ans. Un personnage. Mine de rien, une cinquantaine de livres dont son autobiographie "Les
Ritals"Né le 22/2/1923 à Nogent-sur-Marne, de père italien (Maçon) et e mère française. Fonde le journal HARA-KIRI en 1960 avec Georges Bernier (Professeur Choron) un mensuel qui deviendra un
hebdomadaire en 1969 "Hara-Kiri Hebdo" puis CHARLIE-HEBDO.
Souffre de la maladie de Parkinson "La Salope infâme" depuis 2011. Proche de Brassens.
Desproges a dit de lui:"Seule la virulence de mon hétérosexualité m'a empêché à ce jour de demander Cavanna en
mariage.
Voici un texte qu'il a écrit dans un Charlie-Hebdo de 1998. A prendre au second degré, de
grâce....
"PAUVRES !!!
Vous n'avez rien à foutre sur cette planète.
Elle est à nous-à nous les RICHES, les puissants, les décideurs
...à nous qui décidons des guerres, nous enrichissons sur les hécatombes, rasons les forêts, perçons les
montagnes, éliminons les espèces vivantes, transformons les fleuves en égoûts et les oceans en cloaques...
Vous exigez d'être traités en êtres humains??? Pauvres larves !!!
Un être humain ça fait trembler Hong-Kong, Singapour et Wall Street, rien qu'en s'approchant d'un
téléphone.Pourriez-vous faire trembler Wall Street du fond de votre boite à cartons???
Vous vous raccrochez à l'illusion que vous avez encore une utilité, celle d'être des réserves d'organes en bon
état, pour remplacer les nôtres quand ils sont usés par les abus de champagne, de cigares et de foie gras.
Quittez donc vite cette chimère car nous savons désormais fabriquer des clones humains, tout à fait en bonne
santé. Nos savants, aux ordres, les feront naître sans assez de cervelle dans la boite crânienne, pour être doués de pensée, si bien que nos papes pourront les décréter privés d'âme et donc
crétaures non-humaines, par conséquent assimilables aux animaux donnés à l'Homme par Dieu afin qu'il en user à son bon plaisir..."
CAVANNA
François Cavanna est un écrivain et dessinateur humoristique français né le 22février1923 à Paris d’un père italien et d’une mère française.
Biographie
La famille Cavanna
Son père, Luigi (1880-1954), était venu de Bettola, village du Val de Nure (province de Plaisance en Émilie-Romagne). Sa mère, Marguerite, née Charvin (1890-1976), est originaire du village de Sauvigny-les-Bois dans la Nièvre. Luigi Cavanna travaille comme maçon, la plupart du temps pour l’entreprise Taravella et
Cavanna. À la suite des menaces de renvoi en Italie pendant les
années 1930, il demande la naturalisation qu’il obtient le 25 octobre 1939. François Cavanna est leur fils unique.
Les études
Durant son enfance, il fait preuve d’un goût exceptionnel pour la lecture et réussit très bien à l’école, malgré une attitude très
dissipée. Il passe le certificat d’études primaires à 12 ans, suit les cours de l’école primaire supérieure (EPS) de Nogent et obtient le brevet en 1939. Mais il n’a pas envie de poursuivre des
études et entre à la poste en septembre 19397.
Le début de la Seconde Guerre mondiale
Il est affectécomme « manipulant auxiliaire » dans un bureau de poste parisien. En juin 1940, il reçoit, comme les autres employés, l'ordre de partir pour Bordeaux. Il quitte Paris à vélo au milieu des colonnes de réfugiés de
l'exode et, par Melun, Fontainebleau et Nemours, atteint Gien où il voit pour la première fois des soldats allemands. Un peu plus loin, près de Saint-Amand-Montrond, il est bloqué par un poste de contrôle allemand et est obligé de rentrer à Paris.
Il perd son emploi à la poste (compressions de personnel) ; il est d'abord commis d'un marchand de fruits et
légumes, puis travaille dans plusieurs entreprises du bâtiment. Fin 1942, il est recruté comme maçon par le service d'entretien d'une firme nogentaise, mais presque aussitôt se trouve requis pour
le STO (début
1943).
Le service du travail obligatoire
Après un assez éprouvant voyage en train, son groupe de requis arrive dans la banlieue sud-est de Berlin, au camp de Baumschulenweg, dans le district de Treptow (actuellement : Köpenick-Treptow). Ils sont affectés à l’entreprise de munitions Graetz A.G. François
Cavanna, ne parvenant pas à obtenir le rendement exigé pour la production d’obus, se retrouve très vite dans un commando disciplinaire chargé du déblaiement des gravats après les bombardements
alliés. À l’usine Graetz, conduisant sa machine, il était assisté par deux requises soviétiques, dont Maria Tatartchenko, avec laquelle il va rester lié pendant les deux années
suivantes.
Début 1945, à l’approche de l’armée soviétique, les requis de Baumschulenweg sont transférés près de Stettin pour creuser des tranchées antichars. Le 4
avril, l’ordre de repli est donné ; François Cavanna et Maria quittent la colonne des réfugiés et entrent en contact avec l’armée soviétique dans un village du Mecklembourg. Il est alors séparé de Maria, dont il perd la
trace ; pendant un mois et demi, il essaie de la retrouver, puis renonce. Il est amené de Schwerin à Lübeck, en zone américaine, et rapatrié fin mai
1945.
L’après-guerre
Il reprend d'abord son emploi d’avant le STO, puis est employé par l’Association des déportés du travail,
fournissant aussi une bande dessinée au journal Le Déporté du travail. De nouveau victime d'une compression de personnel, il se lance pour une première période comme dessinateur à plein
temps, en particulier pour un journal pour enfants, Kim (série Micou et son chien Tomate). Il reprend un travail salarié en 1948-1949, puis redevient dessinateur de presse,
activité dont il parvient à tirer un revenu qu'il juge convenable. Il adopte alors le pseudonyme de Sépia, qu'il utilise jusque dans les années 1960.
De Zéro à
Charlie-Hebdo
En janvier 1954, il devient collaborateur d’une publication toute nouvelle, le magazine Zéro, créé par Jean Novi, dont il va devenir rédacteur en chef. Il s'agit d'un « journal de
colportage » : parmi les colporteurs apparaît bientôt un ex-engagé en Indochine, Georges Bernier, que son efficacité comme vendeur mène au rang de directeur des ventes. Cavanna abandonne l'activité de dessinateur pour se consacrer à l'écriture, tout en se formant
aux aspects techniques du journalisme (mise en page…). Mais il se sent à l'étroit sous la direction de Jean Novi, qui impose des limites au contenu du magazine, d'ailleurs rebaptisé
Cordées, nom jugé moins provocant que Zéro.
Après la mort de Jean Novi (en 1959 ou 1960), Cavanna s'associe avec Georges Bernier et quelques autres pour
fonder en 1960 le magazine Hara-Kiri
(mensuel), puis en 1969 Hara-Kiri
Hebdo qui deviendra ensuite Charlie
Hebdo.
En mai 1968, François Cavanna est brièvement
hospitalisé pour une crise hémorroïdaire. Il ne peut donc pas, à son grand regret, participer aux événements. Cet épisode est raconté avec humour dans son ouvrage Les yeux plus grands que le
ventre.
Durant les années 1970, un épisode important de l'histoire de Charlie Hebdo a été le départ de Delfeil de Ton. Cavanna et lui se sont gravement brouillés au début des années 1970. L'un comme l'autre, ainsi que leur ami Gébé, ont laissé ce qu'il fallait comme clés pour que l'on puisse
comprendre à demi-mot pourquoi : il s'agit clairement d'une affaire non pas politique, ni littéraire, mais personnelle. Cavanna se montrera navré de la décision de DDT de quitter
Charlie Hebdo, ce qui affecte quelque temps sa production littéraire dans l'hebdomadaire. Il le défendra
contre des attaques de Jacques
Martin, insistera sur le fait que « Delfeil a sa place ici à Charlie Hebdo et peut revenir quand il le voudra », peine perdue : la rupture est
consommée.
En janvier 2011, le site Web BibliObs publie les bonnes feuilles du dernier ouvrage de François Cavanna, Lune
de miel (Gallimard), dans lequel celui-ci révèle publiquement être atteint de la maladie de Parkinson, qu'il qualifie de « salope infâme ».
Les
prises de position de Cavanna
Créateur d'un style de narration très particulier et vivant, toujours complice du lecteur, il s'est positionné
comme un grand défenseur des valeurs républicaines et de la langue française. Sa prise de position virulente (en compagnie de Delfeil de Ton et d'autres écrivains) et argumentée contre une réforme de l'orthographe par l'Académie française fut très
remarquée.
Au nom de ces valeurs, Cavanna a sa vie durant mené un combat contre tout ce qu'il considérait comme irrationnel
ou injuste, entre autres l'usage de la souffrance des animaux comme agent de distraction des humains.
Stop-crève (1976)
Cavanna se montre quelque temps obsédé par les questions d'immortalité physique de l'homme. Ses amis de Charlie Hebdo y font souvent référence de façon
mi-admirative, mi-ironique (Wolinski dans
quelques dessins, Delfeil de Ton par quelques
allusions mordantes, Gébé en rêvant de façon poétique sur la
question dans quelques-uns de ses articles).
Son avis sur Choron dernière
En janvier 2009 sort sur les écrans Choron dernière, un documentaire des réalisateurs Pierre Carles et Éric Martin consacré à Georges Bernier, alias Professeur Choron, qui fut dans les années 1960 le complice de Cavanna et un membre éminent de l'équipe de Hara-Kiri,
Hara-Kiri Hebdo et Charlie Hebdo première mouture. Le film accuse la direction du Charlie Hebdo actuel — celui relancé en 1992 — d'avoir délibérément fait l'impasse sur
l'héritage du Professeur Choron en cherchant à occulter sa mémoire et sa contribution à la création du journal. En retour, Philippe Val (directeur de la publication et de la rédaction de Charlie Hebdo), Cabu (directeur artistique) et Jean-Baptiste Thoret (critique cinéma) critiquent
sévèrement le film et dénoncent un parti pris abusif. Cabu, notamment, accuse Georges Bernier d'être directement responsable de la faillite financière de Hara-Kiri, Charlie
mensuel et Charlie Hebdo première version. Cavanna, pour sa part, défend un point de vue moins tranché dans cette polémique qui oppose Carles et Martin à la direction du journal
actuel. Il estime que « ceux qui, aujourd’hui, divinisent Choron ne le font que pour mieux démolir ce qu’est Charlie Hebdo aujourd’hui », mais reconnaît, face à Cabu, les
mérites de Choron (qu'il décrit comme « une intelligence — non, pas “fulgurante”, mais fort vive —, un esprit déroutant, alerte, s’adaptant très vite, d’une audace saisissante, d’une agilité
souvent imprévisible ») et rappelle que, sans lui, « il n’y aurait pas eu d’aventure Hara-Kiri, ni, conséquemment, de Charlie Hebdo ».
Cavanna en
2008
Hommages à
Cavanna
Georges Brassens, qui partage beaucoup des points de vue de Cavanna, demande sa participation et celle de l'équipe de Charlie
Hebdo pour un clip de sa
chanson Le roi.
Cavanna fut considéré par Pierre Desproges comme l'un des derniers grands écrivains vivants. « Seule la virulence de mon hétérosexualité m'a empêché à
ce jour de demander Cavanna en mariage. » Desproges, qui collabora à Charlie Hebdo (première
mouture) pendant la dernière année (1981-1982), admirait le talent de Cavanna qu'il comparait à un Rabelais moderne. Selon lui, Cavanna était un des derniers honnêtes hommes de ce siècle pourri (le XXe) et l'inventeur d'une
nouvelle presse.
L'écrivain et journaliste François Cavanna est mort à l'hôpital de Créteil (Val-de-Marne),
mercredi 29 janvier, à l'âge de 90 ans. Auteur d'une cinquantaine de livres, dont Les Russkoffs et Les
Ritals, il fut le cofondateur, avec Georges Bernier dit Choron, du journal satirique Hara-Kiri qui révolutionna la presse française et ouvrit la voie à Mai
68.
Drôle de parcours suivi par cet autodidacte dont la prose figure aujourd'hui dans les manuels
scolaires. Né en 1923, François Cavanna, fils d'un terrassier italien et d'une femme de ménage originaire de la Nièvre, a grandi à Nogent-sur-Marne où il a subi le racisme réservé aux rejetons
d'immigrés. Dans Les Ritals, il racontera cette enfance en marge du Front populaire, le ghetto familial, les fugues à vélo et sa passion viscérale pour la littérature. Cet ardent
défenseur de la langue française ne cessera de rendre hommage à
l'école républicaine et aux maîtres qui lui avaient inculqué le désir d'apprendre.
DÉMOLITION DE L'HYPOCRISIE
Postier en 1939, maçon trois ans plus tard, il fut, le jour de ses 20 ans, enrôlé dans le Service du travail obligatoire (STO) puis expédié dans une usine d'armement à Berlin. Il y
connut la faim, la souffrance et les humiliations de ceux qui ne furent « ni des héros ni des traîtres ». Cet épisode, il le relatera dans Les Russkoffs (prix
Interallié 1979), Avec Maria, Cavanna achèvera sa trilogie autobiographique. Maria était cette jolie et chantante Ukrainienne qui avait égayé les noires années de la guerre et dont il
était tombé éperdument amoureux. Séparés par les événements en 1945, il traîna, à son retour en France, un « cafard poisseux » sur les quais de Seine. Il passa des années à
essayer de la retrouver, ignorant tout de son sort, ce qui est l'objet précis de
Maria.
Imaginatif, il trouva un emploi de dessinateur à Zéro , un journal vendu à la criée. Parmi les colporteurs, un démerdard à la langue bien pendue, un ancien para, fils d'un
garde-barrière répond au nom de Georges Bernier. Durant six ans, ces deux anars végètent à Zéro en rêvant de créer leur propre journal. En 1960, les conditions sont favorables. Le premier numéro paraît le 9
septembre. Hara-Kiri, « journal bête et méchant ». La rencontre d'un ancien maçon et d'un ex-plâtrier alliés dans une vaste entreprise de démolition de
l'hypocrisie et de la pudibonderie. Pourquoi ce titre ? Parce que se
faire hara-kiri est pour Cavanna « le sommet de la connerie
». Il est le rédacteur en chef cependant que Choron, s'occupe des ventes et des finances.
RÉVOLUTION DANS LES MÉDIAS
Une révolution dans les médias que ce mauvais esprit héritier des dadaïstes, cet humour vachard, très noir qui apparait à l'aube d'une décennie encore marquée par la
censure télévisuelle et les lois sur la protection des mineurs. Il a l'œil et le flair, Cavanna, pour rassembler des talents, aimanter autour de lui des fils de prolos, bourrés de talent. Topor, Gébé, Cabu, Reiser, Wolinski : une
génération comparable à celle qui donna naissance à la comédie italienne. Orphelin de père, Reiser, surtout, est le fils spirituel de Cavanna. Les cadets admirent cet ainé charismatique,
capable de raconter pendant deux heures la guerre de Cent Ans et
d'expliquer les hauts faits derrière les noms de chaque station de
métro. Dans cette compagnie de noceurs, de trublions provocateurs qu'il laisse entièrement libres de leurs mots et leurs dessins, ce fin lettré, passionné d'histoire, ne boit ni ne fume. Mais
il n'est jamais le dernier à s'indigner.
Après dix mois, jugé « dangereux pour la jeunesse », Hara-Kiri est
frappé d'une première interdiction de courte durée. Une deuxième prononcée en juillet 1966, après le 65e numéro, manque de donner un coup fatal à l'entreprise. Décennie de vaches maigres et de mépris. Tant pis, ils forment une
bande de copains liés à la vie, à la mort et jugent mal, de leur côté, les journaux traditionnels. Ces libertaires vomissent le militarisme et la société de consommation. Du reste, il y aura beaucoup de vomi à la « une » d'Hara-Kiri, ainsi que des affreux, sales et méchants. Du
cul et du culte. Du scato et du rigolo. Du pipi-caca pour s'oxygéner et de toniques coups de gueule.
François Cavanna à son
bureau à Paris en décembre 2008. | AFP/FRANÇOIS GUILLOT
COMBLE DE L'IRRESPECT
Parallèlement au mensuel, Hara-Kiri Hebdo, créé en février 1969, se frotte à l'actualité
politique. Et force le respect d'une intelligentsia qui, jusque-là, se pinçait le nez. En novembre 1970, alors que le
général de Gaulle vient de mourir, Hara-Kiri Hebdotitre : « Bal tragique à Colombey : 1 mort ». Comble de
l'irrespect, ce titre est une référence aux manchettes de la presse
populaire quelques jours plus tôt, après l'incendie du « 5-7 », une discothèque de Saint-Laurent-du-Pont (Isère), qui avait fait 146 victimes. Scandale, interdiction et poursuite de l'aventure
sous le nouveau titreCharlie-Hebdo.
Les procès s'accumulent ?
Ils persistent et signent. Chef d'orchestre, cheville ouvrière, mentor, Cavanna est tout cela. Il tient que l'humour est «un coup de poing dans la gueule», un uppercut donné à la
bêtise, un camouflet à l'arrogance. L'arrivée de la gauche au pouvoir marque le début du déclin de l'hebdomadaire. Il disparaît le 23 décembre 1981. Le mensuel, lui, paraîtra jusqu'en 1986. L'aventure aura duré vingt-cinq ans. « On admire
aujourd'hui Hara-Kiri comme une glorieuse réussite, confiait Cavanna au Monde en 2010. Or, même au temps de sa grande diffusion, il était haï à l'unanimité, par la
presse et les artistes. On était un journal vulgaire. On nous reprochait notre mauvais goût. On était une réunion de bandits, d'individus à la marge, de révoltés. » Pourtant il n'éprouvait
pas les aigreurs de la nostalgie. Il collaborera d'ailleurs à Charlie Hebdo lorsque le titre fut relancé par Philippe Val.
François Cavanna à son
bureau de Charlie Hebdo en octobre 1978. | AFP/-
GÉANT AUX PIEDS D'ARGILE
Parallèlement au journalisme, Cavanna s'adonnait à l'écriture. Son premier livre, Les
Ritals, grand succès populaire adapté à la télévision, l'avait imposé comme un écrivain de premier ordre. Cavanna possédait, en effet, un style magnifique, singulier, mélange d'oralité et de lyrisme sec. Un Rabelais moderne, estimait Pierre Desproges. Défenseur des animaux, militant
anti-corrida, écologiste de la première heure, Cavanna se proclamait « à gauche de la gauche ». La vie ne l'épargna pas. Derrière ses airs bourrus, ses bacchantes de Gaulois et ses
coups de gueule, c'était un tendre, Cavanna, un géant aux pieds
d'argile, un féministe qui aimait les femmes et ne savait pas toujours choisir. Tiraillé à en crever entre son épouse et sa
maîtresse (Les Yeux plus grands que le ventre, 1983), il fut sauvé de justesse d'un suicide par pendaison.
Après le décès par overdose de sa petite-fille à l'âge de 18 ans, François Cavanna partit en
guerre contre la drogue, appelant à une réglementation mondiale pour endiguer ce fléau. Vers la fin de sa vie, il habitait un petit studio rue des Trois-Portes non loin de la place Maubert à Paris, à l'endroit même où jadis se tenaient les fiévreuses réunions de rédaction. Dans Lune de miel, paru en 2010, il témoigna de son combat contre
la maladie de Parkinson, des efforts qu'il déployait pour continuer
à écrire, ces pattes de mouche qu'il arrachait aux tremblements.
N'empêche, il se voyait rivé à son écritoire jusqu'à 100 ans. Une vieille monomanie hantait cet utopiste : supprimer la mort, remédier aux causes biologiques du vieillissement, ce qu'il estimait possible pour peu qu'on
accordât aux chercheurs le budget de l'armée. C'était oublier que malgré son grand âge et ses cheveux de neige, cet écrivain de talent, perpétuellement insurgé, était demeuré un jeune homme.