Elle commence à chanter dans les années 1960. En 1970, elle crée le groupe Alpes avec Patrice Moullet. Les albums
réalisés avec ce groupe sont considérés aujourd'hui comme ce qui se faisait de plus libre et de plus intense en France, avec Magma, dans la musique rock du début des années 1970. Humaniste, militante,
ses engagements multiples, pour la Palestine, pour les réfugiés chiliens fuyant le coup d'État de
Pinochet, pour les réfugiés du franquisme, pour les anarchistes, etc., en ont
fait dans les années 1970 une « pasionaria rouge ». Elle a été qualifiée également de « grande
prêtresse de la chanson française »2. Elle s'est installée dans les Ardennes dans les années
1980.
Biographie
Elle est tout d'abord comédienne et tourne entre autres avec Jean-Luc Godard. Sur le tournage du film Les Carabiniers, elle
rencontre Patrice
Moullet qui tient le rôle principal.
Entre 1964 et 1966 Catherine Ribeiro enregistre une quinzaine de titres édités par le label portugais
Estudio puis chez Barclay. Ce sont des créations originales d'auteurs / compositeurs français ou des reprises du folk américain; on y remarque plusieurs titres de Bob Dylan, malheureusement dans leur
adaptation française, comme il est courant à l'époque. C'est ainsi que Catherine Ribeiro figure, le 12 avril 1966, sur la photo du siècle réalisée par Jean-Marie Périer pour
le magazine Salut les copains. Ces premiers disques se vendent bien (les arrangements délicats sont à la mode des sixties et la voix jeune de Catherine
Ribeiro particulièrement sensuelle), mais le monde du show-biz la fait fuir — « Je ne veux pas me transformer en cover-girl… la chansonnette de tous les jours ne
m'intéresse plus. J'ai gâché beaucoup trop de temps. » — (Catherine Ribeiro).
Catherine Ribeiro +
Alpes
Patrice Moullet, qui a lu certains de ses poèmes, l'encourage à poursuivre l'écriture et lui propose de les
mettre en musique. Après une tentative de suicide qui la voit passer le printemps 1968 à l'hôpital , Catherine Ribeiro participe, l'été suivant, à la réalisation d'une maquette avec le groupe 2 bis (qui se restructure
plus tard en Alpes). Cette maquette permet la signature d'un contrat avec la maison de disques Festival qui édite les deux premiers
albums.
D'emblée, le travail est très original mais choque à peine à une époque où tout est possible: —«Les paroles
ne sont qu'un accessoire, je préfèrerai qu'on en arrive presque à des onomatopées pour remplacer les paroles. On le fera peut-être; Il faudrait que la voix serve d'instrument... Ce que je
cherche à faire, c'est détruire complètement la chanson classique, avec refrain et couplets régulier.»— (Catherine Ribeiro) 9.
La notoriété du groupe Alpes, jusque là plutôt confidentielle, augmente d'un coup,
en
1970, après sa participation impromptue au
festival d'Aix-en-Provence. « Sa carrière étonnante, […] c'est d'abord celle d'une voix énorme : voix d'espoir et de désespoir, voix de naissance et
d'agonie, voix de haine et d'amour, voix du cœur et du sexe, voix du râle et du cri, voix magique par delà les mots qu'elle profère, voix des entrailles qui va droit aux entrailles de ceux
qui l'écoutent… ».
En 1971 Catherine met au monde
Ioana, souvent citée ensuite dans les chansons et à laquelle sera dédié l'album Le Temps de l'autre.
Boycotté par les médias dès 1972, Catherine Ribeiro + Alpes réalise au total 9 albums, se produit dans plus de 500 concerts dans des salles grandes
(Pavillon de
Paris, Olympia, Bobino, salle Wagram, Théâtre de la Ville, salle de la Maison de la Mutualité) ou petites, devant
de grands rassemblements (Fête de l'Humanité), drainant des centaines de milliers de spectateurs, en France et à travers le monde (Zagreb, Cuba, Alger, Barcelone etc.). Le concert païen donné le 16 décembre 1972
en la cathédrale Sainte Gudule de Bruxelles devant 4 000 personnes, est représentatif de cette période (le
groupe se produira assez souvent dans des églises en absence d'autres salles disponibles, en profitant de la maitrise de la sonorisation de ces espaces par l'organiste Patrice
Lemoine).
La rupture sentimentale survenue entre Catherine Ribeiro et Patrice Moullet ne met pas fin à leur collaboration artistique; ils se retrouveront pour produire encore plusieurs albums
Alpes et même bien après la dissolution du groupe qui intervient en 1982, lorsque Patrice Moullet
décide d'abandonner la scène pour se consacrer à la recherche musicale : — « Patrice est jusqu'à présent le seul à composer des musiques permettant à chacun de mes mots, chacune de
mes intonations de s'exprimer pleinement, exactement, de même que mes mots et intentions vocales expriment pleinement les intentions de ses notes » — (Catherine Ribeiro).
Catherine Ribeiro + Alpes figure sur la Nurse with Wound list. Et les albums avec le
groupe Alpes sont considérés comme ce qui se faisait de plus intense et de plus libre dans le rock français, avec Magma, au début des années 1970.
En 1975, la chanteuse propose à sa maison de disques d'enregistrer un album d'hommage à Édith Piaf qu'elle chante depuis son enfance; le projet attendra deux ans avant de se réaliser. Récompensé d'un Grand prix de l'Académie Charles-Cros
Le blues de Piaf est suivi
par un album de chansons inédites sur des textes de Jacques Prévert. Cet éclectisme,
caractéristique de la personnalité de l'artiste, a pu troubler les fans du groupe Alpes.
En 1977 Catherine Ribeiro est présente à la première édition du Printemps de Bourges.
Un point culminant est atteint en mai 1982 avec trois semaines de concert à
Bobino. Elle
y interprète des titres d'Alpes: Ame debout, Diborowska, Un Regard clair obscur, Tous les Droits sont dans la Nature, La Vie en bref,
La Nuit des Errants, des textes personnels plus récents tirés de l'album Soleil dans l'ombre : Juste de quoi dormir, Sans Amarres, Insoumission
Mondiale, Dans le creux de ta nuit, Guet-apens, Folle Amérique, et de rares reprises de Jacques Brel : Ne me quitte pas ou d'Édith Piaf : Les Amants d'un jour.
Lors d'une des représentations, François Mitterrand, alors président de la
République se glisse dans la salle, non sans avoir attendu que la Folle Amérique soit terminée de jouer pour éviter un incident diplomatique (ce titre étant un
brulot dénonçant la politique réganienne).
Repli
En 1984 elle épouse Claude Démoulin (1939-2009), maire de Sedan de 1983 à 1989, avec lequel elle aura, en
1985, un fils, Jonathan.
En mars 1985 le dernier contrat avec Philips arrive à son terme En 1986 elle autoproduit Percuphonante, un album
réalisé avec Patrice Moullet.
Mais le CD de compilation Tapages nocturnes ne se vend qu'à quelques milliers d'exemplaires et,
malgré quelques concerts à l'étranger et une apparition aux Francofolies de La Rochelle pour un hommage à Léo Ferré, Catherine Ribeiro traverse une
période difficile, compliquée par les problèmes rencontrés par sa fille Ioana, devenue toxicomane. 
Retour sur scène
En 1992 Catherine Ribeiro chante à l'auditorium du Châtelet sur un répertoire chanson française
(quelques titres personnels, mais surtout des reprises de Brel, Ferré, Piaf, etc.). De ce spectacle est tiré un album en public, L'amour aux Nus. En 1993 elle revient aux Francofolies de La
Rochelle et enregistre un album studio qui marque un retour aux sources (du groupe Alpes) : Fenêtre ardente. En 1994, elle évoque l'idée
de remonter un groupe.
En 2002, elle décide de reformer le groupe Alpes et avec Patrice Moullet projette de sortir un
nouvel album intitulé La Pierre et le Vent. Ce projet échouera.
En 2005, à Valenciennes, après trois ans de préparation, elle donne avec Francis Campello, musicien
d'Alpes, et son nouveau groupe, un concert composé des grands titres des années 1970 et des nouveaux titres composés entre 2002 et 2004 par Patrice Moullet sur ses derniers textes.
Le 11 janvier 2008, Catherine Ribeiro revient sur une grande scène parisienne, le Bataclan, dans le cadre d'une tournée française. Une captation faite à Palaiseau sort en disque.
Déclarant avoir du mal avec le regard des autres depuis ses débuts, elle vit aujourd'hui très discrètement
dans les Ardennes(Sedan), mais prépare une autobiographie.
Filmographie
Discographie
Albums studio
Avec Alpes
En solo
-
1977 : Le Blues de Piaf (LP Philips 9101 156) réédité en CD
(Philips / Mercury 548 401-2)
-
1978 : Jacqueries (LP Philips 9101 201), réédité en CD
(Mercury 586 642-2) sous le nom Catherine Ribeiro chante Jacques Prévert, suite à des difficultés juridiques avec les ayants droit de Jacques
Prévert
-
1982 : Soleil dans l'ombre (LP Philips 6313
354)
-
1986 : Percuphonante... (LP Ioana Melodies IM
001)
-
1988 : 1989... déjà ! (LP EPM FDC 1057) réédité en CD avec 2 titres bonus
-
1993 : Fenêtre ardente (CD Mantra 642 081)
-
1997 : Chansons de légende (CD Arcade 302701 2)
Albums en public
-
1992 : L'amour aux nus (CD Mantra 642
073)
-
1995 : Vivre libre (CD Alby WMD 112601. Il existe aussi un
DVD Vivre Libre, Théâtre des Bouffes du Nord,
31 janvier-12 février 1995)
-
2002 : Live au Théâtre Toursky (double CD Vocal Music GC
0201)
-
2005 : Catherine Ribeiro chante Ribeiro Alpes, enregistré à Valenciennes le 18 novembre 2005
(CD Nocturne)
-
2007 : Catherine Ribeiro chante Ribeiro
Alpes (Live intégral), enregistré à Palaiseau (double CD Nocturne NTCD 437)
-
1964 : Lorsque le bateau viendra (EP Estudio 50.014 publié au Portugal)21
- A1 Lorsque le bateau viendra (When the Ship Comes In, Bob Dylan adaptation Pierre Delanoë / Hugues Aufray) - A2 Ecoute ma
voix (Chris / E. Demarsan) - B1 Dieu est à nos côtés (With God On Our Side, Bob Dylan) adaptation Pierre Delanoë / Hugues Aufray - B2 Ballade à
Michelle
-
1965 : Dieu me pardonne (EP Barclay 70 884)
- A1 Dieu me pardonne (F. Veber / David Whitaker sur la musique de Banks of the
Ohio (en) - A2 C'est fini entre nous (It's_All_Over_Now,_Baby_Blue (en), Bob Dylan adaptation Pierre Delanoë / Hugues Aufray) - B1 La voix
du vent (Tears Won't Help B. Husband / M. Spinelli) - B2 Reviens-moi, je t'aime (F. Veber / David Whitaker sur la musique de Kumbaya (en))
-
1966 : Le Chasseur (EP Barclay 70 973)
- A1 Le Chasseur (J.M. Rivat, J. Pierre, G. Jérome) - A2 Les cloches dans la vallée
(The Bells
of Rhymney (en), Idris Davies (en) / Pete Seeger, adaptation Vline Buggy) - B1 La chambre bleue sur la mer (Vline Buggy, J. Pierre, G. Jérome) - B2 Donne-moi
la main (Long Black Veil (en), Marijohn Wilkin (en) / Danny Dill (en),
adaptation A. Saury, D. Dull)
-
1966 : La nuit et le vent (EP Barclay 71 063)
- La nuit et le vent (G. Blaness / M. Jourdan) - Écoute ma voix (Chris / E. Demarsan) - Rien n'y fait,
rien n'y fera (C. Righi / J.P. Morlane) - Le rêve et la réalité (G. Blaness / M. Jourdan)
-
1995 : Vivre libre; CD promotionnel
- Melocoton (Colette Magny) - Vies monotones (Gérard Manset) - Perlinpinpin (Barbara) - Que serais-je sans toi (Louis Aragon / Jean Ferrat)
45 tours
-
1969 : Aria / La solitude avec 2bis (S Festival 878)
-
1969 : Sœur de race / Voyage 1 avec 2bis (S Festival SPX 79)
-
1970 : Thème en bref / Silen Voy Kathy (S Festival SPX 128), avec Alpes, live enregistré au festival de
Port Leucate en juillet 1970.
-
1972 : Jusqu'à ce que la force de t'aimer me manque / Roc Alpin (S Philips 6837 102), avec
Alpes
-
1974 : La petite fille aux fraises / L'ère de la putréfaction (S Philips 6837 208), avec
Alpes
-
1974 : Un regard clair (obscur) / L'ère de la putréfaction (S Philips 6837 223), avec
Alpes
-
1975 : Une infinie tendresse / Prélude médiéval (S Festival 6837 288), avec Alpes
-
1976 : Les Partisans / La Varsovienne (S Philips 6042 243), avec les Chœurs de l'armée
soviétique
-
1977 : Dernière sortie avant Roissy / Le
bonheur tout de suite (S Philips (6172 036), Bande originale du film de Bernard Paul
-
1977 : Hymne à l'amour / Les amants d'un jour (S Philips 6837 442)
-
1979 : Chanson de la ville à prendre / Aria populaire (S Fontana 6172 763), Bande originale du
film de Patrick Brunie
-
1982 : Amour petite flamme / Dans le creux de ta nuit (S Philips 6010 618)
-
1982 : Jour de fête / Carrefour de la solitude (S Philips 841 267-7)
-
1982 : Guet-apens / Sans amarres (S Philips 6010.515)
-
1986 : Plus de reproches / Insoumission mondiale (S Phonogram)
-
1986 : Elles / Soleil (S Ioana Melodies 020)
-
1993 : Stress et strass / Le Cerf-volant (S)
-
C
aux 2 bis et N°2 (Festival /
Musidisc ALB 284)
-
1987 : Tapages nocturnes, compilation de titres figurant sur Percuphonante et certains
45t des années 1980, ainsi qu'un inédit Joëlle, qui n'avait pu paraitre sur Percuphonante (LP Ioana Melodies 8526, 10 titres) Réédité en CD 15 titres, avec un deuxième
inédit Ce soir ma mère
-
1988 : Catherine Ribeiro + Alpes, Master Serie (CD Polygram 842 159-2)
-
1988 : Catherine Ribeiro + Alpes (double CD Polygram 842 160-2)
-
2004 : Libertés ? (Long Box 4 CD Mercury 982 36569) Contient les 12 titres des trois 45 T
parus en 1965 et 1966
-
2012 : Réédition des 4 albums fondamentaux "Catherine Ribeiro + Alpes": N°2, Ame debout, Paix, le rat
débile et l'homme des champs. 4CD en coffret chez Mercury Records sortie le 7 mai 2012.
Autres apparitions
-
1971 : 13 + 2 (LP Thélème réédité en CD sous le label Musea en 1993) Album live collectif (15
groupes enregistrés au château d'Herouville); Catherine Ribeiro + Alpes apparait avec le titre Aria populaire.
-
1980 : Un jour de fête au féminin présent (LP Écoute s'il pleut AT 26 006) Album live avec
plusieurs artistes, sur lequel elle chante Tous les droits sont dans la nature
-
1988 : In The Land Of Mantra (CD Mantra 1996) Compilation de divers artistes, contient
Aria Populaire n°9 de Catherine Ribeiro et Patrice Moullet.
-
1988 : La fête à Ferré.(LP EPM FDD 1024 réédité en CD EPM FDC 1024) Album live enregistré aux
Francofolies de
La Rochelle, avec Léo
Ferré, Nicole
Croisille, Paul
Piché, Claude
Dubois, Mama
Béa, Francis
Lalanne et Jacques
Higelin. Chante La Mémoire et la mer.
-
2004 Femmes De Paris - Groovy Sounds From The 60's - Vol.3 Compilation de divers artistes.
Contient Rien n'y fait, rien n'y fera tiré du deuxième EP Barclay de 1966.
Signalons aussi une lecture d'un texte d'André Gide :
-
La Symphonie pastorale (1991, 2 K7 Auvidis Z 136) récompensée par le prix de l'Académie
Charles-Cros la même année18
Réédition 2002 en version intégrale 3 CD Auvidis AZ 702 puis Naïve, durée 2 h 48, avec présentation par M. Agaert
Livre
Articles connexes
Liens externes
Notes et références
-
↑ Portrait de Catherine Ribeiro, 20H d'Antenne 2 [archive]
le 27 octobre 1980, sur le site de l'INA.
-
↑ a
et b Jacques Renoux, « La furieuse tendresse de Catherine Ribeiro »,
Télérama, n° 1299 du 4 décembre 1974, p. 16.
-
↑ Entretien [archive] dans l'émission Pop 2, 3 avril
1972.
-
↑ Elle se trouve sur la rangée du haut entre Hugues Aufray et Eddy Mitchell.
-
↑ Opinion citée par Pau Guerrero. 2004. Livret de la compilation Ribeiro Libertés ? p. 7.
-
↑ François-René Cristiani. La Ribeiro. Rock & Folk n°71 p61.
-
↑ a, b et c Grégory Schneider, « Ribeiro, de mémoire de pasionaria », le journal Libération,
9 février 2013, p. 24-25
-
↑ —«La maison de disques ne voulait pas entendre parler d'un nom de groupe. Il fallait une chanteuse.»— (Catherine Ribeiro). Ce sera donc Catherine Ribeiro + 2
bis. Propos cités par Philippe Thieyre. Décembre 2007. Désir et Rage. Rock & Folk n°484, p39.
-
↑ Alain-Guy Aknin. Catherine Ribeiro + 2 bis. Bonne Soirée n°2504 du 8 février 1970.
-
↑ —«En 45 minutes, j'ai gagné trois ans de carrière avec des articles d'abord dans tous les quotidiens, puis dans les hebdos, puis dans les mensuels»_ (Catherine Ribeiro).
Propos recueillis par Marc Legras. 1994. Chorus n°7 p15.
-
↑ Etienne Blondet. 1975. Extra n°4/5.
-
↑ Jacques Vassal publie dans un livre (ci-après), le fac-similé de la réponse à la question de son absence médiatique: un renvoi à l'expéditeur de son document sur lequel
était noté rageusement: «Parce que cette sale rouge nous fait chier». Signé, de manière anonyme: «Les producteurs, les programmateurs, les réalisateurs». Jacques Vassal. 1976.
Français, si vous chantiez. Albin Michel.
-
↑ Même pas pouvoir dire qu'on n'aime pas! [archive]
Nos médias n°49 du 1er mai 2007, sur le site Consoloisirs.be
-
↑ Alain Dister. 1972. Sainte-Catherine. Rock & Folk n°73.
-
↑ a
et b Jacques Vassal. 1977. Rock & Folk n°129.
-
↑ Le groupe Alpes devra attendre La Déboussole pour recevoir le même prix.
-
↑
Site
officiel [archive], biographie.
-
↑ a, b, c, d
et e Marc Legras, 1994, Flamme debout, Chorus n°7
-
↑ (en) Interview du 16 octobre 2002 [archive] avec Catherine Ribeiro in "PSYCHE VAN
HET FOLK", Radio Centraal, Antwerpen, Belgium.(traduit du français !)
-
↑ Catherine Ribeiro l'âme solitaire de Sedan [archive]
bel article publié sur le site du journal l'Union L'Ardennais, le 16 juin 2013)
-
↑
Site
officiel [archive], biographie. Cette date est assez étonnante: Ecoute ma voix figure
dans un enregistrement différent sur le disque EP Barclay 71 063 et les deux titres de Bob Dylan n'apparaissent dans la discographie d'Hugues Aufray qu'en 1965 (EP Barclay
70939).
Compilations
-
1975 : La Solitude, double album
correspondant
-
-
Publié le 16/06/2013
- Mis à jour le 16/06/2013 à 13:00
SEDAN (Ardennes). La chanteuse, grande figure du rock post-soixante-huit, vit
discrètement à Sedan, où elle consacre son temps à l'écriture d'un roman autobiographique. De ses 25 albums, Universal a extrait un coffret qui rassemble quatre albums (avec le
groupe Alpes) parmi les plus intenses.
Catherine Ribeiro, aujourd'hui, c'est encore et toujours, une voix. Intempestive,
exigeante, tourmentée, sensuelle et incandescente. Une Âme debout comme le rappelle le titre d'une de ses chansons. En quête d'une paix intérieure mais aussi attentive et à
l'écoute des fracas du monde. Entre une lecture d'un extrait du Baghavad-Gîtâ et un propos indigné face aux événements en Syrie, elle lance : « Je suis une matière inflammable. »
Et cette force brûlante, fébrile, révoltée est comme ravivée à l'écoute de ses premiers opus, offerts comme des oratorios rock, aux accents presque liturgiques. Ils jaillissent
intacts, plus de quarante ans après, de quatre albums réalisés avec Alpes entre 1970 et 1974 et qui viennent d'être réédités chez Universal. Indéniablement, ils marquent pour le
public, comme pour elle, la naissance d'une expérience musicale singulière, unique, inclassable.
Une expérience que Catherine Ribeiro évoque avec nous par téléphone. Car la
chanteuse s'est mise « depuis le 17 décembre 2010 » comme en retrait du monde. Cloîtrée, vivant en ermite, depuis plus de deux ans chez elle à Sedan… Celle qui, pourtant, pendant
des décennies, s'est exposée sur scène et qui avoue entretenir avec soin son visage depuis toujours nous a accordé un entretien… sans visage. « J'assume et je suis, quoi qu'on en
pense, timide » et puis, « je peux rester assise très longtemps à refaire le monde en solitaire », se justifie t-elle. Une solitude qu'elle décrit pourtant comme un gouffre, un
abîme mais qui lui est, pour l'heure, indispensable. « J'ai le regard noyé à l'intérieur de moi », lâche-t-elle. Interroger celle qui fut qualifiée de pasionaria rouge pour ses
textes enflammés, organiques, théâtraux et connue pour ses engagements politiques (en faveur des Palestiniens, des réfugiés du franquisme, des anarchistes…) c'est engager un
dialogue entrecoupé de poésie, de notes extraites de ses écrits en cours et d'écoute de séquences musicales. Comme des défis jetés à l'indigence d'une époque qui cherche souvent à
ignorer le tragique de l'existence. Sans toutefois éluder l'espoir et la joie, sourde. « Réjouissons-nous, la paix est entre nos mains », n'hésite t-elle pas à
clamer.
« Rien ne m'obsède plus que la vie »
Elle parle aussi, avec spontanéité, de son impossibilité du moment à se confronter
au regard des autres, à la foule. Mais aussi, et surtout, de son temps consacré à l'écriture « douloureuse » d'un « roman autobiographique » marqué du sceau de la disparition de
son mari Claude Démoulin. « Dans ce livre, je débute avec l'enterrement de Claude, en décembre 2009, qui m'a littéralement foudroyé, et peu à peu je remonte le temps. » Cet amour
passionné avec celui qui fut maire de Sedan (1983-1989) dura 25 ans. Mariée en 1984, avec un homme « doux », disponible, à l'écoute et « qui a laissé un souvenir magnifique aux
Sedanais » dont elle loue « l'esprit fraternel ».
Son ancrage dans la ville de Sedan est d'ailleurs devenu essentiel pour cette fille
d'immigré portugais. « C'est Claude qui m'a fait aimer les Ardennes et Sedan et je peux dire que, le temps passant, je me sens totalement ardennaise. » Un territoire dont les
paysages sauvages et l'histoire douloureuse et tourmentée lui ressemblent aussi…
La question néanmoins taraude. Sortira t-elle un jour de chez elle ? « Je cherche
encore comment me libérer de ma liberté entravée », admet-elle, lisant un de ses textes, avant de déclarer que « le jour où je mettrai un point final à ce que j'écris, je sortirai
». Quelle en est l'échéance ? « Je ne me fixe pas de terme, j'écris de façon irrégulière, parfois trois heures de suite parfois pas du tout. » En attendant, elle n'a pas oublié la
scène et « le partage avec le public qui me manque ». Son dernier concert remonte à janvier 2008 sur la scène du Bataclan. « Dernièrement, je me suis même surprise à chanter… »,
reconnaît-elle. L'envie est bien là. Un album réalisé avec Alpes serait même prêt depuis 2005. « Rien ne m'obsède plus que la vie », conclut-elle en guise de profession de foi.
Alors tous les espoirs sont permis.
Un coffret avec 4 albums réédités
« Je me suis retrouvée sur scène, en juillet 1970, au festival Pop à
Aix-en-Provence et c’est là, en 40 minutes de concert, que l’on a tout emporté. Tout est allé ensuite très vite… C’est le public qui nous a faits », rappelle Catherine Ribeiro en
évoquant ses premières prestations avec le groupe Alpes. Quatre albums (Alpes + Catherine Ribeiro n°2, Paix, Âme debout, Le rat débile et l’homme des champs) de cette époque ont
été réédités en décembre 2012 par Universal. « Il manque toutefois le premier, Catherine Ribeiro + 2bis », regrette l’artiste.
Il n’empêche que des morceaux comme Poème non épique, Âme debout, Paix, L’ère
de la putréfaction, sont autant de textes qui disent l’âme tourmentée et la chair à vif avec une intensité rare. Et dégagent une poésie radicale, volcanique, qui à la beauté
rugueuse et sombre d’une pierre de basalte brute, oscillant entre Ferré, Artaud et Nerval. L’ensemble est porté par le rock progressif et psychédélique de Patrice Moullet dont la
musique magistrale, gronde, progresse parfois en volutes et circonvolutions amples.
Ces albums plongent l’auditeur dans un sentiment d’urgence, telle une cavale où la
voix de Catherine Ribeiro, entre prière et incantation, enfer et paradis, n’hésite pas à se transformer, à l’occasion, en scansions gutturales et onomatopées rauques.Puis, comme
venu de nulle part, tombe un morceau de fado déchirant. Un opus libre et exigeant. Sans conteste, écouter Catherine Ribeiro + Alpes aujourd’hui, c’est se livrer à une expérience
auditive et physique rare.
Par L'union-L'Ardennais
Publié le 16/06/2013 - Mis
à jour le 16/06/2013 à 13:00
Par L'union-L'Ardennais