Bedoin est niché aux creux des premiers contreforts sud du Ventoux. Il se targue de posséder l'une des plus
grandes forêts communales de France qui s'étage de 350 à 1910 m.d'altitude et dans laquelle on trouve plus de mille espèces végétales différentes. Une grande partie est classée "Réserve mondiale
de la biosphère" par l'Unesco
Bédoin est une commune française, située dans le département du Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Géographie
Bédoin est situé au nord du département du Vaucluse, entre le mont Ventoux et Carpentras. La superficie totale de la commune est de 9103 ha. dont 6280 ha. de forêt communale, ce qui en fait l'une des plus grandes forêts communales de France2.
On accède au village de Bédoin par la départementale D974 (Carpentras-Bédoin). Bédoin est situé à environ 12 km de Carpentras (10 min) et 35 km d'Avignon (45 min). L'autoroute la plus proche est l'A7, sortie Avignon Nord.
Bédoin est bâti au pied du Mont Ventoux. Ce massif qui culmine à 1 912 mètres d'altitude est une arête calcaire d'orientation est-ouest. Le village se situe à
300 mètres d'altitude, sur le versant sud du Mont Chauve. Cette partie considérée comme le vieux village occupe la colline Saint-Antonin. Le
reste du territoire communal s'étend jusqu'au sommet, il se caractérise par la présence de multiples vallons et combes.
La plaine alluvionnaire de Bédoin contient des sables à forte teneur en silice utilisés dans la verrerie, la céramique et la fabrication de produits résistant à de hautes températures
Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments.
La commune de Bédoin est traversée par la Mède qui prend sa source dans le Mont Ventoux pour se jeter ensuite dans la Sorgue de Velleron. La Mède, qui se nommait Mèze au XIIIe siècle, a été recouverte il y a plus de 30 ans. Elle s'écoule sous la route de Flassan au niveau de la chapelle des Sœurs de Nazareth, puis le long du parking du centre culturel, pour couler à découvert au niveau de la cave Un de ses affluents, la Malagrone, prend sa source dans la Combe de Milan.
La commune, située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en fin d'hiver, une
très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à
la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les
précipitations sont peu fréquentes et la neige rare ; à noter, les vents les plus violents de France ont été enregistrés au sommet du Mont Ventoux avec près de 300 km
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Histoire
La présence de nombreuses grottes et abris sous-roche à Bédoin et dans le Mont Ventoux milite en faveur d'une occupation ancienne de ce lieu. Des traces du paléolithique et du néolithique ont été retrouvées sur certains sites de la commune de Bédoin. Des nucléus, éclats, lames et lamelles, grattoirs, perçoirs et armatures de flèches ont été récoltés en abondance sur les sites de Terme Roux et des Vendrans. Des pièces d'industrie lithique ont été découvertes dans la combe de Maraval et une hache en serpentine au hameau des Baux. Dans l’abri sépulcral chacolithique de la Madeleine ont été trouvés des vestiges des âges du Bronze ancien (2300/2200-1600 av. J.-C.), moyen et final: une anse à ruban et des fragments de bords à biseau interne8.
La vigne a été présente depuis l'antiquité. Des vestiges gallo-romains en témoignent. Les premiers ont été découverts près de la fontaine de la Grave, dans le quartier Saint-Eutrope au hameau des Baux, puis récemment les ruines d'une villa gallo-romaine ont été fouillées au hameau les Bruns10.
La civilisation romaine fut anéantie lors des grandes invasions et il a été avancé que Bédoin signifierait le berceau du vin et proviendrait du nom germanique bett-wein (lit du vin)11.
Bédoin apparaît sous le nom de Beduinum en 956 dans le Cartulaire du chapitre cathédral Saint-Étienne d'Agde. C'est une donation de Beduinum et en son district,
faite par Udalfrède, à sa fille Berthe, consacrée à Dieu, le 3 avant les nones de novembre de l'an II du règne du Roi Lothaire, par devant Maître Nazaire, notaire. Il est question également de
Saint-Pierre-de-Vassols, de Canat, d'Asnarie, de Gabian, et leurs districts. Pour Médeilhan, Udalfrède donne la moitié de ses églises, avec leurs serviteurs et servantes.
La chapelle de la Madeleine de Bédoin, ancien prieuré bénédictin, date du deuxième quart du XIe siècle. Un des plus anciens actes du cartulaire de l'abbaye de Montmajour, daté du Xe siècle, indique qu'Exmido, seigneur de Bédoin, donna aux bénédictins de cette abbaye, fondée en 949, la villa et les églises de son fief Beduino, dont une chapelle dénommée Saint-Pierre de Monestrol qui, grâce à ses confronts, serait celle de la Madeleine.
Au cours du Moyen Âge, cette donation fut confirmée régulièrement par les papes Grégoire V (998), Urbain II (1097) et Pascal II (1102).
En 1794, le village de Bédoin comprend deux classes de populations, d’une part des cultivateurs, des maçons, des tailleurs, des tisserands et des marchands et de l’autre, une classe bourgeoise composée d’avocats, de médecins, de nobles catholiques et de prêtres. Ces habitants sont encore très attachés au pape, depuis la fin de la domination pontificale de l’ancien Comtat Venaissin (fin XVIIIe siècle). Six prêtres insermentés ou réfractaires et deux religieuses insermentées ont trouvé asile dans la commune
Le Comtat Venaissin est réuni à la République le 14 septembre 1791. Bédoin se distingue alors par son attitude ultraconservatrice et devient un foyer royaliste. Le village est surnommé « la Vendée du Midi ». Après l’exécution de Louis XVI, s’installe le régime de la Terreur de septembre 1793 à juillet 1794. Les principes révolutionnaires supplantent le culte catholique. Le 28 janvier 1794, la publication de la liste générale des émigrés entraîne la confiscation des biens de treize habitants de Bédoin. François Fructus, républicain, s’installe à la mairie. S’installe alors un trafic de biens nationaux, des orgies, des beuveries qui mécontentent la population .
Dans la nuit du 12 au 13 floréal an II (1er au 2 mai 1794), un groupe de contre-révolutionnaires arrache l’arbre de la Liberté de la place publique (porte Saint-Jean). L’arbre est traîné dans le fossé au pied des remparts et abandonné dans le « pré au porc ». Le bonnet phrygien rouge qui surmontait l’arbre est jeté dans un puits partiellement comblé . L’affiche contenant les décrets de la Convention nationale est arrachée, lacérée, souillée, piétinée.
Le 13 et 14 floréal, la municipalité débute une enquête, sans succès. Le 15 floréal, Agricol Moureau, administrateur du département de Vaucluse et Étienne Christophe Maignet, jacobin représentant du gouvernement révolutionnaire, ordonnent à l’agent national Le Go de se rendre à Bédoin accompagné du 4e bataillon de l’Ardèche commandé par Suchet. Les membres de la municipalité et du comité de surveillance, les nobles, les prêtres, et d’autres suspects sont arrêtés. Tous les habitants, femmes exceptées, sont réunis dans l’église paroissiale. Aucun ne dénonce les coupables. Maignet ordonne alors que le tribunal criminel du département de Vaucluse s’installe dans Bédoin pour y juger les faits commis8.
Extraits de l'arrêté du 17 floréal II :
« Considérant que la justice ne saurait donner trop d’éclat à la vengeance nationale dans la
punition du crime abominable qui s’est commis à BEDOUIN que ce n’est qu’en frappant sur le lieu même où il a été commis […] que l’on pourra porter l’épouvante dans l’âme de ceux qui oseraient
encore méditer de nouveaux attentats […]
« Ordonne que le Tribunal Criminel du département de Vaucluse […] se transportera dans le plus
court délai à BEDOUIN, pour y instruire la procédure et y faire exécuter de suite le jugement qu’il rendra ».
Cet arrêté ordonne « que le pays qui a osé renverser le siège auguste de la Liberté est un pays ennemi que le fer et la flamme doivent détruire ».
Le Go et Suchet, accompagnés de leurs troupes, s'installent dans le village. Ils perquisitionnent, volent, profanent les objets de culte, la flèche du clocher est renversée. La maison de M. de Vaubonne, noble, est pillée.
Le 20 floréal an II, le tribunal s'installe dans la commune, amenant avec lui la guillotine et trois bourreaux. Au terme du procès, 63 habitants sont condamnés à mort, 10 sont « mis hors la loi », une personne est condamnée aux fers, 13 à la réclusion et une à une année de détention. 52 personnes sont remises en liberté, mais restent soumises à l'arrêté du 17 floréal .
Le 9 prairial an II (28 mai 1794), le jugement est rendu sur l'emplacement de l'arbre arraché en présence des habitants, 35 personnes sont guillotinées et 28 fusillées. Les corps dépouillés sont ensevelis dans une fosse commune. La chapelle de Becarras, sur la route de Flassan a été bâtie sur l'emplacement de la fosse.
Le 13 prairial, Le Go donne un délai de vingt-quatre heures aux habitants pour évacuer le village. Le 15, les soldats du 4e bataillon de l'Ardèche incendient le village. Cinq cents maisons et édifices publics, huit chapelles, sont détruites 8. Les soldats font sauter une partie de la voûte de l'église paroissiale.
La ville ayant soutenu l’insurrection fédéraliste, et arraché son arbre de la liberté, le représentant en mission Maignet ordonne, le 4 mai 1794, que la ville soit rasée et remplacée par un monument qui rappelle son crime. La commune est finalement incendiée, et soixante-trois de ses habitants massacrés
En langage révolutionnaire, Bédoin devient « l'infâme », « l'incendié », ou « l'anéanti ».
Le 15 floréal An III, après le 9-Thermidor, le nouveau représentant en mission Debry fait célébrer une cérémonie solennelle de réhabilitation.
Le 16 octobre 1954, d'après le journal Var Matin-République, deux membres du personnel de l'observatoire météo du Mont Ventoux, Michel Figuet et Jean-Louis Ruchon, avaient signalé que ce matin-là, à 7 h. 30, à l'est-nord-est, en direction d'Orange, un engin inconnu planait dans le ciel. Le quotidien expliquait : « L'objet est d'apparence sphérique et métallique. Cet engin a la forme d'un ovoïde avec deux cônes superposés reliés par une espèce d'antenne ».
Le nom de Bédoin (Beduinum) est à nouveau cité dans une donation faite en 993 à l'abbaye de Montmajour par le seigneur Exmidio. Le village a été ensuite appelé successivement Bedoin en 1206, Bedoyno en 1318, Bedoynus entre 1363 et 1415, et aux XVIe et XVIIe siècles, Bedoin (ou Bédoin)8. Il est possible de voir dans le mot Bedoin un nom de personnage germanique, Betwin (« l'ami du lit »).
Bedoin est l'étape idéale pour les fous de vélo qui veulent se lancer à l'assaut de cette montée mythique qu'est
celle du Mont Ventoux, dont les pentes à près de 15% sont terribles pour les jambes. C'est d'ailleurs une des étapes classique du Tour de France







