Avant de continuer cette période d'après guerre, il ne faudrait pas oublier une autre passion de Vian, à savoir
les voitures et notamment sa Braziers et sa Morgane, en photos ci-dessous. 

Enfin, Boris aimait aussi les chiens. Le voici en 1944, sur une plage de Normandie
En 1946, Vian démissionne de l'Afnor et entre comme ingénieur dans un organisme public s'occupant des commerces du papier, dans
lequel travaille son ami Claude Leon .
Avec le n°5 de Jazz Hot(mars1946) commence le collaboration régulière de Vian à la revue du Hot Club de France. A la salle Pleyel,
l'orchestre Claude Abadie et son trompette Boris Vian sont couronnés du Grand Prix. Parmi les musiciens de l'orchestre, Georges d'Halluin dit Zozo, frère de Jean d'Halluin qui sera l'éditeur des
Vernon Sullivan, de l'Au tomne è Pékin et des Fourmis
Dès le début 1946 aussi, Boris Vian noue des relations amicales avec Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et toute l'équipe des Temps Modernes
au Passage de Rohan, derrière l'Eglise Saint-Germain des Prés. Les Temps Modernes vont rapidement publier une
des nouvelles des Fourmis, dans son numéro 9 de mars 1946.
En juin 46, Boris Vian avec L'Ecume des Jours est candidat au Prix de le Pléiade, qui constitue l'une des plus blles récompenses
littéraires de cette époque. Le jury comprenait Marcel Arland, Albert Camus, Paul Eluard, Jacques Lemarchand, André Malraux, Jean-Paul
Sartre; beaucoup donnent L'Ecume des Jours gagnante avec le soutien avoué de Raymond Queneau, de Jean-Paul Sartre et de Jacques
Lemarchand. Et ce sera l'Abbé Jean Gosjean, appuyé par Jean Paulhan et Marcel Arland (on parle aussi de Malraux) qui récoltera les lauriers pour un recueil de poèmes religieux, dont
plus personne ne parle aujourd'hui. Eternelle histoire (Voir le Goncourt ou un illustre inconnu est préféré à Louis-Ferdinand Céline en 1932). Les Temps Modernes publient 13 chapitres de l'Ecume
des Jours.
Quant à Boris, il se met à peindre et exécute en quelques jours plusieurs tableaux à l'huile. En août, il écrit "J'irai cracher sur vos tombes", supposé traduit de l'Américain et en septembre
1946, il entreprend "l'Automne à Pékin". Le 5 octobre, il descend avec le Major et Jean d'Halluin, dans la cave des Lorientais, rue des Carmes pour y entendre Claude Luther et son orchestre
Nouvelle Orléans. "J'irai cracher sur vos tombes" est publié en novembre par les Editions du Scorpion (Jean d'Halluin) sous le peseudonyme de Vernon Sullivan, soi-disant écrivain noir, tyraduit
par Boris Vian. J'en reparlerai
Avec 1947 commence l'ère des grandes fêtes de Saint-Germain des Prés. En janvier Boris emmène aux Lorientaix, rue des Carmes, pour
y entendre Claude Luther, Jean-Paul Sartre, Raymond Queneau et autres Claude Abadie. Le 11 avril est créé dans un bistro du 33 rue Dauphine, qui se nomme déjà le Tabou depuis 1945, le Club du Tabou où l'on danse au son d'un pick-up jusqu'en juin 47 qui voit
l'apparition d'un véritable orchestre dont Boris Vian est l'animateur avec son frère Alain. Le Tabou devient une cave à la mode où l'on peut voir les vedettes du nouveau Saint-Germain-des-Prés,
telles que Juliette Gréco, Anne-Marie Cazalis et Alexandre Astruc. Des poètes récitent ou clament leurs oeuvres entre deux
prestations de l'orchestre. Sur cette photo, Juliette Gréco est derrière le piano, Anne-Marie Cazalis devant et Boris à gauche à la trompette, évidemment. A l'avant-plan, assis, à droite,
TARZAN, le penseur du Tabou
Boris Vian que l'on soupçonne d'être l'auteur de "J'irai cracher sur vos tombes" est sans cesse dénoncé par les journeaux à sensation comme le pervertisseur de notre innocente jeunesse. A peu
de jours de là en mars 1947, un représentant de commerce, ancien collaborateur des nazis, étrangle dans une chambre d'un hôtel de la rue du départ à Montparnasse, sa maîtresse, en laissant ouvert
sur la table de nuit "J'irai cracher sur vos tombes", à la page même où est décrite la strangulation par le héros Lee Anderson de l'une des soeurs Asquith, Jean. La presse est aux anges, elle
accuse le roman de fomenter tous les meurtres possibles et imaginables. Vian s'inquiète de la plainte déposée par Daniel Parker,
moraliste qui a déjà pourfendu Henri Miller
Parution de l'Automne à Pékin aux Editions du Scorpion
Le 16 août 47, une loi d'amlnistie fait échapper aux poursuites toutes les publications parues avant le 16 janvier. La potence dressée par Daniel Parker est provisoirement démontée
En 1948, Boris a une fille, Carole. Mais le début de cette
année est marqué par un évènement tragique. L'ami intime de Vian, Jacques Loustalot dit le Major, meurt à 3 heures du matin en
tombant d'un balcon d'une maison (Voir la photo prémonitoire de mon article précédent). Il est inhumé le 1' janvier au Cimetière de Pantin
Parution du second "Sullivan" " Les Morts ont tous la même peau" et gestation du troisième "On tuera tous les affreux"
En juin 1948, Boris Vian abandonne "Le Tabou", où se maintiendra jusqu'en 1950, son frère Alain, pour participer à la fondation d 'une nouvelle cave, le Club
Saint-Germain-des-Prés, rue Saint-Benoit. Ce club ne retrouvera jamais l'athmosphère du Tabou. Mais Boris va y recevoir tous les grands musiciens américains de jazz: Duke Ellington,
Charlie Parker, Kenny Clarke, Miles Davis etc...Voici le couple vian avec Duke Ellington
Rappelons ce que Vian écrivait: " Dans la vie il y a seulement deux choses: c'est l'amour de toutes les
façons et la musique de la Nouvelle Orléans ou de Duke Ellington. Le reste devrait disparaître car le reste est laid ".
Voici Vian accueillant Errol Garner à son arrivée à Orly
Ci-dessous à la Discothèque du Club
Saint-Germain-des-Prés. De gauche à droite: Tommy Potter, Boris Vian, Kenny Dorham, Juliette Gréco, Michelle Vian, Charlie Parker
(1949)
Michelle Vian, Duke Ellington
et Boris Vian en 1949

