"LA VIE C'EST COMME UNE
DENT, CA POUSSE, CA VOUS FAIT MAL,... ET PUIS ON VOUS L'ARRACHE"
Mes sources pour cet essai de biographie de Boris Vian sont la Revue Bizarre ci-dessus, grande revue de pataphysique, Février 1966-N° 39-40, le Boris Vian de Philippe
Boggio, le numéro spécial de la Revue Obliques de 1975, le Boris Vian d'Henri Baudin aux Editions du Centurion, Les vies parallèles de Boris Vian par Noël Arnaud (10/18), Boris Vian "Le colloque
de Cerisy (10/18)". Seghers, Poètes d'aujourd'hui par Jean Clouzet, le Boris Vian de Geneviève Beauvarlet, Le Portait d'Auteurs sur Vian (Editions Marval), Le Jazz Hot de décembre 1967, consacré
à Boris Vian, Les chronique de Jazz de Boris Vian et les n°s du Magazine littéraire, 87,, 182, 270 et 388, plus le Hors Série de Janvier 2005 "Les vies de Boris Vian" et
enfin, le Boris Vian
"Manuel de Saint-germain des Prés, Pauvert et le dernier numéro de LIRE "50 ans après, Boris Vian même pas mort.


Boris Vian naît à Ville d'Avray, le 10 mars 1920, fils de Paul Vian et d'Yvonne Ravenez. Le père de Paul Vian était
ferronnier d'art, installé à Paris, et devenu très riche, ce qui permit à Paul de choisir l'état de rentier. Boris a deux frères, Lélio, l'aîné et Alain ainsi qu'une soeur Ninon.(Sur la photo de
gauche à droite, Boris,
Lelio, Alain et Ninon)
Ci-dessous, la
Villa" Les Fauvettes "et une photo de groupe avec Yehudi Menuhin au centre en bas, 14 ans, et juste derrière lui, Boris, âgé de 12 ans.( Yehudi Menuhin pour qui je vais travailler en 1990 et que
je rencontrerai à Bruxelles - aussi minuscule qu'il semble colossal sur cette photo)
Boris et Yehudi à Ville d'Avray, jouant aux échecs
Au niveau scolaire Boris a une institutrice "attachée" à la maison (la pauvre, mais on la libère de temps en temps). A cinq ans il
sait lire et écrire et il prétendra plus tard qu'à 8 ans, il connaissait toute la littérature française jusqu'à Maupassant. En 1928 il entre au Lycée de Sèvres.
En 1929 c'est la crise économique et Paul Vian est contraint de louer la villa a la famille Menuhin et s'installe avec femme et enfants dans le logement du portier rehaussé d'un étage
En 1932, Boris souffre d'une première atteinte de rhumatisme cardiaque (ll a 12 ans)
En 1935, à 15 ans il passe son baccalauréat première partie latin-grec avec dispense et est atteint d'une fièvre typhoïde grave. En 1936 il commence Math.Elém.et Math.Sup au Lycée Condorcet à
Paris et en 1937, il obtient son baccalauréat de philosophie et de mathématiques. Il devient membre du Hot Club de France et s'exerce à la trompette. Son père fait construire au fond du jardin de
Ville d'Avray une salle de bal. C'est la grande époque des surprises-parties qui réunissent chez les Vian parfois jusqu'à 400 personnes. Lélio, Alain et Boris en sont les animateurs
infatiguables. (Autre évènement ma naissance le 1er Novembre de cette même année 1937)
En 1939 Boris est reçu au concours de l'Ecole Centrale. Un an avant il a créé son premier orchestre de Jazz avec François Missoffe (futur Ministre). C'est la guerre et en 1940 l'exode pour
Capbreton dans les Landes. Rencontre avec sa future femme Michelle Léglise dont la famille a émigré dans la même station balnéaire (et moi j'arrive à Montpellier). Rencontre aussi de Jacques
Loustalot, fils d'un maire d'un village voisin, âgé de 15 ans et qui se présente déjà comme le
"bienheureux Major retour des Indes". Il devient le grand ami de Vian. A nouveau surprises parties et guindailles. Sur la photo de droite le voici sur le toit de la Maison des Sciences et plus
bas , une autre photo prise à Capbreton, le montre avec Michelle Leglise et Boris Vian. Il a 15 ans et en paraît vingt, il est borgne , séquelle d'une tentative de suicide à l'âge de dix ans.
Jacques Loustalot mourra à Paris en 1948, à l'âge de 23 ans en tombant d'un balcon. D'agréable visage malgré son infirmité, d'une politesse raffinée et même prodigue (il allumait une cigarette et
jetait le briquet), excellent danseur, aimant le jazz, déjà solide buveur, esprit déconcertant et, en toutes circonstances, d'un comportement insolite, Jacques conquit Boris dès le premier jour.
Il deviendra son ami inséparable, le familier de Ville d'Avray, le compagnon de Saint-Germain des Prés. Ci-dessous-dessous, le Major en Curé, une de ses tenues préférées

En 1941 la famille rentre à
Paris et Boris épouse Michelle Léglise. Il est toujours élève de l'Ecole Centrale. Les surprises-parties recommencent de plus belle à Villed'Avray. Alain Vian est devenu batteur dans l'orchestre
de Claude Abadie, le clarinettiste. Boris Vian intègre cet orchestre en jouant de la trompette et son frère Lélio de la guitare (Claude Abadie ancien élève de l'Ecole Polytechnique
deviendra plus tard, un des responsables de la Banque de Paris et des Pays-Bas). Voici les trois frères Vian et au centre le futur ministre, François Missoffe, à la
guitare

En 1942, Boris et Michelle ont un fils, Patrick. Le 5 août 11942, Boris reçoit son diplôme d'Ingénieur des Arts et
manufactures. En août il est nommé ingénieur à l'AFNOR (Association française de Normalisation), affecté à la normalisation detubes en verre. En 1943, l'orchestre Claude Abadie prend le nom
d'orchestre Abadie-Vian. Boris est réformé de service militaire à cause de sa maladie de coeur. En 1944, Boris fait la connaissance de Claude Luther. Il rencontre en août Claude LEON qui devient
batteur de l'orchestre Claude Abadie et sera l'un des meilleurs amis de Boris. On retrouve Claude Leon dans plusieurs récits de Vian sous le nom de Dody. Il jouera un rôle important dans
l'Automne à Pékin puisqu'il sera sous son nom d'etat civil, l'ermite dont l'acte saint consiste à faire l'amour en public. Paris libéré, l'orchestre Abadie donne de nombreux concerts de Jazz pour
diverses associations et pour des cantines de l'armée américaine.
Photo ci-dessous, Vian à la trompinette alors que plus bas c'est de la trompette qu'il joue. Vous remarquerez qoe pour un cardiaque, il ne ménage pas ses bronches. Justement l'instrument
qu'il n'aurait pas fallu jouer. Vian condamné à mort depuis l'enfance
devait faire exploser la vie qu'il lui restait à vivre



Disons tout de même qu"au sein de cette liesse liée aussi à la fin de l'occupation, le père de Boris, Paul Vian est purement
et simplement assassiné le 22 novembre 1944 par des rôdeurs surpris en pleine nuit dans la cuisine de la maison de Ville d'Avray. Les circonstances de cette mort restent mystérieuse car on est en
pleine période de réglements de compte. Peu de temps après, la belle villa sera vendue dans les pires conditions.
Le 18 Juillet 1945, Vian signe un contrat avec Gallimard, pour Vercoquin et le Plancton remanié sur les conseils de Raymond Queneau, ami de Jean Rostand qui sera surement l'homme
et l'écrivain le plus proche de Vian
Vian et sa seconde épouse, la danseuse Ursula Kubler, décédée à Eus le 18 Janvier 2010

