En 1986, le film de Luc Hermant, Louis Savary et Serge Poliart, ART GILLE TERRE FRAGILE ou la véritable
histoire du peintre Serge Hippolyte Poliart raconte: " Fasciné dès son plus jeune âge par le personnage du Gille, le peintre Serge Poliart consacrera la meilleure part de son existence à la mettre en scène dans des
situations particulièrement originales, chaque fois en dehors du temps et de l'espace "CARNAVAL".
Bien au-delà de la problématique intime du peintre Poliart, le film, tente par le montage de démonter les mécanismes souvent déroutants qui nous poussent aux parcours les plus absolus ou les plus
dérisoires "
Le document décroche le prix Antenne 2 et RTBF au Festival national de Bruxelles et le Prix du meilleur film de
genre au Festival International de Mons. Diffusé sur les chaines nationales, il met Binche en émoi. Au Pilori d'Ecaussines, André Claes, fidèle à
sa tradition, expose les dessins de Serge dans son restaurant. Un banquet de notables grassement arrosé se termine par une vindicte où les représentants de la morale publique, s'emportent jusqu'à
emporter les oeuvres scandaleuses pour les jeter dans le canal. Nourri d'un remords qui l'honore, un des comparses récupère les objets du précieux larcin et les ramène à leur propriétaire.
L'exposition d' Un Art Bul à l'Autre mène Poliart et Duez à Paris en 1982. Ils cheminnt vers le
Musée d'Art Moderne sur les pas de BURY qu'ils trouvent désolé de ne pouvoir garder aucune trace de sa prodigieuse exposition. Duez s'arme de sa
camera et, avec son technicien improvisé, passe une semaine à réaliser-historique- dans les coulisses du musée mythique puis dans la propriété de Perdreauville
Serge qui avec d'autres a l'intention d'ouvrir un café-théâtre-galerie sulfureux. Or un vieux bistrot qui accueillait les ferrailleurs Place du
Béguinage est à remettre et l'aff
aire finit par être conclue avec la Brasserie Michaux, propriétaire des lieux
Le nom du bistrot est arêté, El Batia moûrt soû, hommage à Rimbaud et à son bâteau ivre. L'inauguration a lieu en mai 1983. La foule est aussi
nombreuse qu'éclectique, gens de quartier, artistes, agents culturels ou politiciens.
Durant trois années, la Place du Béguinage va connaître une ambiance nocturne délirante, s'animer au rythme des concerts de jazz, des vernissages d'expositions ou des happenings improvisés.
Mais en 1985, le tenancier du Batia est las des nuits interminables et son sens inné des affaires l'a mis dans une situation catastrophique.
En 1986, l'aventure est définitivement terminée
En 1987, Serge obtient un emploi à la médiathèque où il devient responsable des Musiques du
Monde et sillonne les routes du Hainaut au volant du discobus, bientôt accompagné par Thérèse. C'est ainsi qu'à Ville-sur-Haine, le long du Canal du Centre, il découvre une ferme
promise à la destruction après une mesure d'expropriation. Il entreprend des travaux car la ferme est en ruines et en devient propriétaire après bien des péripéties.
L'année 1992 est aussi l'année du film de Richard Olivier, les Fous du Roi qui " téléscope l'art au pays des moules frites ". Poliart, Lizène, Evôye,
Stas, Bucquoy, Broodthaers, Blavier se retrouvent dans la même marmite. Déguisé en Gille masqué, Poliart porte sa croix et expose son regard d'ar
tiste irrévérencieux sur les rituels.. Voici une peinture de 1993 intitulée" Ville
sur Haine", là où vit Serge, entre la Haine et la Trouille

