Serge Poliart
est né dans la région du Centre en 1953, à Familleureux(Secteur de Seneffe), petit village rural, situé
entre La Louvière, une cité minière surgie des pâturages au 19esiècle et Ecaussines (Julos Beaucarne), un petit village moyenâgeux, que jouxtent des carrières de petit
granit.Il est le dixième et avant-dernier enfant, né de mère française, Raymonde Alliot et de père anarchiste-Emile, ( fils de Thur, le tailleur de pierres), qui sera tué par une voiture en 1965,
à l'âge de 55ans. ( Serge a 12 ans ). La mère a ouvert un café après la guerre "au Grand Milo" à Familleureux et celà jusqu'en 1969. Elle décèdera en 1992 à 80 ans
A 14 ans, Serge s'inscrit en menuiserie à La Louvière. Il quitte la menuiserie pour la Céramique et est engagé a la Faïencerie
Boch. Mais les affaires vont mal et Serge démissionne en 1972
Henri lejeune, son cousin et ami anime les Racines du Manoir à Ecaussines et rameute dans le village tous les branchés soixante-huitards. Des concerts, des expositions, des festivals. André
Claes, patron du gastronomique Pilori, et féru de Jazz, organise des concerts et transforme ses murs en cimaises. Son restaurant devient le repère de toutes les contestations ou situationnismes
de l'époque. Serge s'inscrit dans cette mouvance et oublie de plus en plus la terre, pour s'adonner au dessin et accrocher ses travaux dans des expositions collectives. Lejeune le met en contact
avec la Galerie Le Creuset: première exposition personnelle en 1973. Un texte de Jean Louvet commente le travail.
A 19 ans il rencontre Françoise Vispoel, bibliothécaire à l'Albertine avec qui il va vivre à Mons dés 1972, Place du Béguinage.
Grâce à une amie de Françoise, il rencontre Jacques Duez pour une amitié sans limites. Les week-end,
il rencontre Jean-Pierre Denèfve qu'il a connu à La louvière, chez Badot. Il rend souvent visite à Armand Simon, peintre surréaliste.
Françoise a évéillé son jeune ami à la littérature. Les murs de la maison sont garnis de livres. Elle a une immense culture littéraire, se passionne pour Baudelaire, Rimbaud ou la correspondance
de Van Gogh. Quand le couple se sépare en 1975, Serge déménage rue des Arquebusiers dans un entrepôt qu'il transforme en atelier résidentiel. Il s'y retrouve démuni, sans ressourdes ni relations.
Acculé, il trouve un emploi de cuiseur à la Manufacture Royale de Porcelaine de Baudour. Au bout d'un an il ne supporte plus ce
boulot, quitte l'usine sur un coup de tête et perd tous ses droits sociaux. Il descend en Provence rejoindre son
frè
re et sa belle-soeur qui restaurent une maison pour Julos Beaucarne.
Trois mois à prendre le temps de vivre et épuiser ses économies.
A la même époque? Jean-Pierre Denèfve participait aux activités théatrales du Kloak avec Derudder, Savary et Vasseur. Denefve veut
faire une intervention au vernissage de la prochaine exposition de Poliart. Il perçoit en effte tout vernissage comme un coma, état intermédiaire entre la vie et la mort et entend déciller le
publoc. Au Pilori, Denèfve récite son texte dans un décor qu'il a créé, sur fonds de bruits de guerre et de d iscours d'Hitler; la deuxième intervention se produit à la galerie Le Tremplin de Fredy Taminiaux. C'est la naissance du groupe KOMA
En 1977, il lance avec son ami Duez, l'idée des expositions 3X3; trois artistes exposent trois fois dans trois lieux différents. L e projet, soutenu par Jean-Pierre Hubert, alors Directeur du Botanique et Echevin de la Culture à La Louvière, prend jolie tournure, mais hélas, Jean-Pierre décède
brutalement
En 1979, Serge crée à la Maison de la Culture de Mons, un atelier de Céramique qu'il anime jusqu'en 1990. C'est aussi en 1979 que
Michel Discart le met sur le chemin de Franz Van Snick, un ingénieur qui lui propose une rente mensuelle moyennant laquelle il
s'autorise à emporter les oeuvres qui lui plaisent. Toutefois quand Van Snick décède en 82, Poliart est confronté à ses associés qui entendent orienter sa production, la rendre plus vendable.
Serge rompt le contrat et se retrouve une fois de plus sans ressources fixes

