Je lui ai écrit en 1982, après avoir lu ses " Mémoires Intimes", suivies des
"Lettres à Marie-Jo",
Livre profondément
émouvant et passionnant que tout le monde devrait lire. Dans ce livre, il parle de mon Grand- Oncle Emile, le Bénédictin, alias Dom Hilaire Duesberg. Je lui ai répondu en lui envoyant des photos
de ses lieux d'enfance, à Liège, en Outremeuse.
Notez sur la page de droite, l'encouragement à écrire l'histoire de ma famille . Voici le texte en clair: NB: la première épouse de Simenon s'appelait
Monique Renchon
Cher Monsieur,
Votre lettre m'a beaucoup touché et je comprends que mon livre vous ait ému, étant donné le sort de votre soeur qui ressemble
beaucoup à celui de ma fille
A Lausanne, j'ai en effet été l'ami du Père Dom Hilaire Duesberg, qui était dans une maison de retraite de Bénédictins au Bouverte, tout au bout du lac. Ils n'étaient là que trois ou
quatre. Il menait une vie frugale. Comme il était ami de la bonne chère, je l'invitais aussi souvent que possible à un bon dîner qu'il appréciait beaucoup.
C'est lui, en effet, qui a baptisé mon dernier fils Pierre, non sans avoir lutté avec l'Evêque du diocèse. je voulais que mon fils, soit baptisé dans notre vilage d'Echandens. Il n'y existait pas
d'église catholique mais un temple protestant. Mais cette histoire, vous l'avez lue dans mes mémoires intimes" et vous savez donc que c'est le Père Duesberg qui a eu raison contre le
prélat.
Je vous signale que j'ai toujours été admirateur de la peinture que l'on dit naïve ou encore peinture brute.(là Simenon confond, l'art naïf n'atant rien à voir avec l'art brut)
C'est curieux que vous ayez trouvé des Renchon dans votre famille. le monde est décidément petit.
Si vous avez envie d'écrire l'histoire de votre famille, même sous forme romancée, faites-le !
Je me souviens des Annonces liégeoises, que
nous trouvions dans notre boite aux lettres. Pour le moment et pour deux, trois mois encore, je suis submergé de lettres, ma porte assaillie par les journalistes, la radio, la télévision. J'étais
allé me reposer à Valmont, mais toutes ces obligations m'y suivaient. Ce n'est donc que plus tard, cher Monsieur, quand cette effervescence sera calmée, que j'aurai le plaisir de vous
revoir.
Croyez, en attendant, à toute ma sympathie
Signature
PS. Que vous devez être heureux dans votre si pittoresque atelier, vibrant de couleurs
Georges Simenon

