Françoise Lefèvre et Christian Vancau en tournage à DIJON
Voici quelques images de la fin du troisième et dernier tournage de " L'Homme de Boue", tourné cette fois en Bourgogne, puisque toute cette aventure est née de l'amitié virtuelle, devenue réelle par la suite, entre Françoise Lefevre et Christian Vancau, un écrivain français et un peintre belge, qui se rencontrent par hasard sur Facebook en février 2010.
RECAPITULATIF
Voici donc la première lettre que Françoise m'écrit sur FB, alors que je viens d'accepter sa demande d'amitié
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18 février 2010
Merci pour l'amitié... Vous me semblez foisonnant de vie, de créativité. Je ne sais même plus où et comment, je vous ai découvert. Je suis très malhabile avec cet engin dont je suis pourtant en train de me servir. Je crois que votre photo est très "parlante", illustrant bien le "Peau- Rouge qui ne marchera jamais dans une file indienne"... Il se trouve que je suis écrivain (auteur d'une vingtaine de livres) Par goût je vis en retrait. Je suis venue à FB à cause de mes enfants (quatre) Tous artistes dans des domaines différents. Peinture, argile, mosaïque, art dramatique, réalisation de films, violoncelle... Ainsi, je peux suivre ces créatures adorées où qu'elles soient dans le monde ! J'ai toujours nagé à contre-courant et je ne suis pas encore épuisée. Je vais tenter de comprendre comment on peut accéder à un blog, le vôtre en tous cas. J'habite en Bourgogne, non loin de Dijon. Heureuse de vous connaitre. Très cordialement à vous. F.L.
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18 février 2010
Françoise depuis que vous m'avez invité hier, votre nom me turlupine. Donc je suis allé vous voir sur Google et bien sûr que j'ai entendu parler de vous à plus d'une reprise mais, honte à moi, je n'ai rien lu de vous. Je vis dans un trou sans librairie et ma macula à l'oeil droit m'interdit de faire plus d'un quart d'heure en voiture...et je vis seul. Alors je vais commander un de vos livres mais dites-moi celui que vous me conseilleriez en premier "Le petit Prince cannibale" me tente. Chez quel éditeur-libraire me conseillez-vous de commander pour avoir un traitement efficace; je paierai pas Visa. Ma maison est pleine de livres et je suis totalement lié à la littérature, ça peut se voir sur mon blog. J'écris moi-même depuis 1980 un journal qui compte aujourd'hui 47.000 pages. Je suis un grand ami de Christian Bobin.
Fraançoise Lefèvre
Cher Christian, une grosse enveloppe (papier bulles) est partie de chez moi Vendredi dernier,19 février. J'espère qu'elle vous arrivera. L'adresse est celle que vous m'avez donnée lors de votre dernier message. J'espère que vous allez bien malgré cette atteinte à l'oeil droit. Parfois je me perds avec bonheur sur votre blog. Votre maison est comme une caverne des premiers temps, me semble t-il... Et vous avez une vitalité hors du commun. J'aime infiniment la photo de Valérie petite fille avec son chapeu de paille dans le dos et son adorable chignon de danseuse. L' atmosphère sur cette photo me rappelle les plages mélancolique en noir et blanc de Jacques Tati dans son film Les Vacance de Monsieur Hulot. En la regardant, j'entends même la musique. Mais j'y pense, Jeux Interdits aussi. Je retourne à un texte qui me résiste et qui devrait devenir mon dix-neuvième livre... Mais quand? Croyez à mon amitié fidèle. Françoise.
- Voici ma lettre de ce matin, pleine d'émotion. Dites-moi si cette fois vous l'avez reçue
De : christian vancau
Date : 23/02/2010 11:29:01
A : Françoise LEFEVRE
Sujet : VOUS TOUT SIMPLEMENT
Chère Françoise
J'étais sur mon seuil il y a 10 minutes, je savais que ce serait aujour'hui et je voulais prendre votre colis en mains propres. Il était bien là dans les mains de la postière, amené donc par une autre femme. Je n'avais pas mes lunettes. Essayer tout de suite de lire votre adresse, je suis encore sur le seuil, j'y arrive, c'est bien vous, je rentre, et impatient j'ouvre et je prends un livre, et monte chercher mes lunettes, je regarde le petit billet jaune, "La première habitude", j'ai un trac fou, tant pis je fonce, j'ouvre, je lis la première page et.... je pleure..des larmes incontrôlables jaillissent..; c'est plus fort que moi.et je pleure encore en vous écrivant, submergé par l'émotion que me procure votre style, une seule page.......
Et je me suis souvenu immédiatement que c'était la deuxième fois que celà m'arrivait, parce qu'on n'oublie pas ces choses-là, parce que ça n'arrive presque jamais.La première fois ..devinez............
une caisse de livres de Christian Bobin, en 1990 je crois, Christian que je n'ai plus vu depuis des années, (1976) qui est à peine connu à l'époque, j'ouvre la caisse en carton, je n'ai jamais rien lu de lui, j'ouvre un livre au hasard, et je commence à pleurer, des frissons, exactement comme avec vous. C'est fabuleux
C'est une émotion fantastique, inexplicable, bouleversante. Alors voilà, merci, merci, amie, de ce cadeau superbe dont je vais m'imbiber dans les jours qui viennent....dans ce silence total de mon territoire et je vous écrirai évidemment
Je vous écrirai comme je vous sentirai, sans vous envahir, vous n'êtes pas obligée de me répondre
Je vais me plonger dans votre oeuvre, que dis-je m'immerger
Et bien sûr que je vous renverrai la brochure après scannage
Plein de tendresse et de reconnaissance
Ce matin une aigrette blanche est venue se poser, annonciatrice de vous, vers 9 heures. J'ai pensé à vous, me suis dit "elle va venir Françoise", (Je crois aux signes et en outre sa blancheur était de cygne) et j'ai photographié cet immense oiseau blanc, un albatros baudelairien. Je vous enverrai la photo que je dois retravailler d'abord. Vous saurez ce qu'elle veut dire, qu'elle est venue ce matin, me parler de "Plume", dans le pays d'Henri Michaux
A très vite
Christian Vancau
Après avoir lu les 18 livres de Françoise, j'ai rédigé 10 articles sur son oeuvre durant les années 2010 et 2011. Un travail de collaboration constant, accompli par couriel et par téléphone..
Et un jour en juin 2011 elle m' envoie son fils Hugo Horiot "Le Petit Prince Cannibale" qui vient filmer mon territoire en Belgique pendant 5 jours(13 heures de rushes). Et c'est tout de suite, complicité et amitié..
Le film sera projeté en octobre 2011 en avant-première à Paris-Bastille, puis sera gravé sur DVD et mis en vente.


En juin 2012, rebelote mais cette fois avec d'autres personnes qui se joignent à nous, sur mon territoire à Moircy, Merlin Brenot, Violette Gérard, Danielle ma compagne, Valérie ma fille, Jean-Philippe son époux, Sacha, un de mes petit-fils
Et fin septembre 2012, nous bouclons la boucle, en réalisant une 3e partie en Bourgogne, dans le pays de Françoise. Deux nouveaux-venus dans le film: Jean-Claude Horiot, le père d'Hugo et Hermine Horiot, violoncelliste et soeur d'Hugo. A la camera, Hugo Horiot et Merlin Brenot, son neveu, petit-fils de Françoise, puisque fils de sa fille aînée Rebecca. Les 3 tournages vont être remixés en un seul long métrage
VISITE DE DIJON AVEC FRANCOISE le 2 octobre 2012
Nous débarquons au Parc d'ARCY, à gauche et au milieu de ce plan, en face de l'Hôtel de la CLOCHE

Juste derrière La Cloche, la place Grangier et son immeuble d'angle "magnifique specimen de l'art nouveau"
Le JARDIN DARCY a été créé en 1888, en plein centre de la ville pour rafraîchir les poumons des ouvriers de l'époque, dans un souci d'hygiène morale.
La fontaine du Parc d'Arcyet le fameux Ours de Pompon qui en fait n'est pas de lui mais d'un de ses élèves: Martinet
Le sculpteur POMPON
La sortie du Parc et la Porte Guillaume

L’église Notre-Dame de Dijon, considérée comme un chef-d'œuvre d'architecture gothique du XIIIe siècle, est située au cœur des 97 hectares du secteur sauvegardé de Dijon. Elle s'élève place Notre-Dame.
L'Eglise Notre-Dame et ses "fausses gargouilles
L'intérieur de l'Eglise Notre-DameEt à la sortie Françoise, telle une Pieta
Et de tourner dans les rues qui entourent cette église, en commençant par admirer son clocher, avec le fameux JACQUEMART
Le Jacquemart de Notre-Dame de Dijon[modifier]
Cette horloge est située sur un campanile qui s'élève sur l'amorce de la tour sud de la façade occidentale de Notre-Dame. Elle comporte quatre automates métalliques dont deux, nommés Jacquemart et Jacqueline, sonnent les heures avec un marteau sur une grosse cloche, les deux autres automates, leurs « enfants » Jacquelinet et Jacquelinette, frappant de quart d'heure en quart d'heure, chacun sur une petite cloche.
L'automate Jacquemart et la grosse cloche ont été ramenés de Courtrai, en Belgique, après le pillage de la ville par les armées de Philippe le Hardi en 1382. Cette année-là, le duc de Bourgogne partit en campagne afin de porter secours à son beau-père, le comte de Flandre, pris de court par une rébellion qui s'étendait entre Lille et Courtrai. La ville de Dijon avait fourni au duc mille hommes d'armes. Après la victoire bourguignonne, Philippe le Hardi s'empara à Courtrai, en novembre 1382, d'une horloge placée sur la tour des halles, munie d'un automate sonnant l'heure sur une cloche, qui passait pour une merveille. Il la fit démonter et l'offrit à Dijon, sa capitale. Ce qui restait de Courtrai fut livré au pillage et les dommages s'ajoutèrent à la perte de vingt mille hommes chez l'adversaire.
La famille ducale et les Dijonnais se cotisèrent pour placer en 1383 l'horloge et l'automate au-dessus de la façade occidentale de l'église Notre-Dame. La cloche, qui s'était brisée lors du transport, fut refondue à Dijon et reçut le prénom de sa marraine, la duchesse Marguerite de Flandre.
L'étymologie du terme Jacquemart est incertaine ; ce nom n'est attesté, pour l'automate de Dijon, que depuis 1458.
Un second automate, figurant une femme, fut ajouté en 1651 à droite du campanile, pour sonner les heures alternativement avec Jacquemart. Les Dijonnais l'appelèrent Jacqueline.
En 1714, le poète dijonnais Aimé Piron demanda à la municipalité de donner des enfants aux époux. Cette année-là ou peu après, un enfant automate fut adjoint au couple pour sonner les demi-heures. Les Dijonnais le nommèrent Jacquelinet.
En 1884 fut ajoutée Jacquelinette, qui frappe les quarts d'heure avec son frère.
Continuons autour de l'Eglise par la rue Musette, le rue des Forges, la Rue de la Chouette ave la Maison MILLIERE, sans oublier les maisons de bopis du XVe siècle, jalonnant la rue de la Verrerie
Et LA MAISON MILLIERE
La maison Millière est une maison à colombages de style gothique du XVe siècle, à Dijon, 10 rue de la Chouette, enCôte-d'Or. Elle est classée monument historique depuis1943.
- En 1989, quelques scènes du Cyrano de Bergerac deJean-Paul Rappeneau sont tournées devant la maison Millière, avec Gérard Depardieu, Anne Brochet et Vincent Perez.
et surtout la rue de la Chouette, où nous irons poser notre main gauche sur la Chouette en faisant un voeu
et dans cette même rue de la Chouette, la Maison Millière
Et voici Françoise Lefèvre et Christian Vancau répétant une séquence très proche de celle de Notre-Dame de Paris avec moi dans le rôle de Quasimodo, bien entendu, ou alors de celle " d'Eugène Sue me regarde, je t'aime, je t'aime, je t'aime"
Et Françoise va m'offrir un livre au Marché avec des gravures anciennes de DIjon où l'on retrouve ces lieux que nous venons de parcourir
Nous traversons alors le Palais des Ducs de BourgogneEt rejoignons la Place François Rude ou Place du Bareuzaï, ce vigneron perché sur la fontaine et qui foule le raisin à ses pieds.
Une place piétonne animée. Les jours de Marché, il est même difficile d'y circuler. Le point de mire c'est bien la statue du Bareuzaï, petit personnage rappelant les activités des vendangeurs au travers des bas rosés de ceux qui devaient fouler le raisin
Ensuite nous allons nous diriger vers les Halles et le Marché, du côté de la rue Musette et de la rue Quentin
Au bas de la maison la plus étroite de DIjon, une magnifique épicerie,àa l'angle de la rue Quentin et de la rue Ramay
Miam, miam, produits régionaux, comment résister????
Un dernier tour à l'intérieur des halles
Bon ben, on commence à avoir faim, le marché touche à sa fin, il est temps de retourner. Nous allons retraverser le parc d'Arcy et Françoise me demandera de la photographier aux côtés de l'OURS de POMPON
Après DIJON
De Jean-Claude Horiot ce 3 àctobre
Cher Christian
Merci de ton message amical et des photos. Tu as su Capter " l'esprit des Louvières". La photo de la forêt des bambous est stupéfiante. Votre visite a été un beau et profond moment. Je vous embrasse
JC
PS: Bien sûr, je montrerai les photos à Françoise ce Week-end
Ma réponse ce 4 octobre 2012: Bien reçu Jean-Claude et merci pour ton merveilleux accueil, ce fut pour nous un séjour merveilleux. Je t'envoie quelques photos à mon tour. Ta pierre est à l'abri dans ma chambre, car, comme toi, j'ai la passion des cailloux. Sommes rentrés hier vers 17h00, en peine tempête. La veille magnifique iste de dijon avec Françoise. A bientôt
De Françoise ce 3 octobre
Merci pour ces nouvelles Christian. Oui, belle rencontre, beaux instants et....tant de rires. J'ai senti Danielle fatiguée par instants, j'espère qu'elle va récupérer, une fois chez elle. J'ai été heureuse de la connaître un peu mieux. C'est un être plein de charme et sans doute très précieux pour toi. Embrasse-là pour moi.
C'est fou ce qu'on a rigolé
J'ai été heureuse de te lire quelques pages de ce texte avec lequel je lutte. Merci pour ton appréciation. Je dois maintenant le retrouver
Je t'embrasse. Je vous embrasse
Françoise
Le 5 novembre, je vais voir en clinique à Libramont le chirurgien orthopédiste Vandepaere. Diagnostique confirmé. Opération fixée le mercredi 12 décembre. Pas possible avant. Une prothèse artificielle à la hanche droite et puis 6 mois après normalement à la jambe gauche
De Françoise Lefèvre
Merci Christian pour toutes ces nouvelles. J'avais vu en effet, que tu dois être opéré le 12 décembre. Tu sais, tu dois te réjouir à l'idée de retrouver toute ta verve, toutes tes forces et cette belle autonomie qui fera de toi un homme neuf au printemps! Et quel homme! Ah!Tu verras! Tu verras! ... Je t'assure que l'épreuve passée, tu te demanderas pourquoi tu n'as pas décidé cette opération plus tôt!
Le 16 novembre, Mail de Danielle. Elle me quitte et c'est définitif !!!! Aucune dispute préalable. A n'y rien comprendre. Comment vais-je pouvoir vivre mon opération et ma convalescence, seul, dans un trou, sans voisins, à 75 ans, totalement immobilisé, avec le Centre de convalescence de Ste Ode qui vient d'être fermé. Je commence à m'organiser, décroche une dame qui s'ocupe de coordonner tous les éléments de la convalescence. Commander un lit à la Croix rouge car je dois impérativement dormir en bas, contacter une équipe d'infirmières, pour mes piqûres quotidiennes et les soins de ma plaie, trouver un Kiné à domicile, trouver un organisme qui m'apporte un repas par jour.
Heureusement Danielle réapparaît le 29 novembre. Elle a eu peur de l'amour, peur de devoir renoncer à l'entourage de sa famille mais elle ne peut pas non plus se passer de moi
Le 4 décembre je suis chez le cardiologue Boyasis. Il y a un problème cardiaque au niveau de ma valve mitrale abîmée. Il faudra injecter un produit pendant l'opération. Je vois l'anesthésiste le 6 décembre, une dame bien sympathique. Je ne la verrai pas le jour de l'opération, elle se sera fait remplacer
Fin novembre 2012. Extraits d'une correspondance avec Frédérique Deghelt, écrivain. Paris-Montmartre
Cher Christian
Merci de votre réponse
Quand je vous disais qu'elle avait beaucoup d'importance pour moi (Il s'agit de Françoise Lefèvre) c'est qu'elle a représenté comme certains autres écrivains (ils sont peu) dans ma vie, un choc. Parmi les rencontres d'autres auteurs, il y a des rencontres qui nous placent dans la position du frère d'écriture, comme si l'autre qui écrivait était à la fois, une part de nous-même, et ce que nous ne savons pas faire encore. J'ai plusieurs frères d'écriture et une soeur, c'est elle. Je l'ai lue grâce à Hubert Nyssen qui était mon éditeur et mon ami. Je suis un des derniers auteurs à être entrée dans sa collection, Actes Sud. Il m'a parlé de Françoise parce que nous avions une conversation sur les colères de frustration de mon dernier petit garçon qui est handicapé moteur (j'ai quatre enfants)
Sur son conseil, j'ai lu "Le petit Prince cannibale". Ce livre a été une rencontre, un pansement aussi. Imaginez: je découvrais une femme qui écrivait et comme je l'étais, était raptée par son amour maternel. Tout était comme dans ma vie même
J'ai ensuite lu tout le reste et les sentiments continuaient. les sensations d'amour jusqu'à l'amour des fenêtres , rien dont je puisse dire que j'étais éloignée. Puis j'ai découvert votre blog, le film, ce qu'était devenu Hugo. Et puis je me suis dit que je devais lui écrire, lui dire ce que je vous dis là parce que la relation à l'autre, celle qui est directe, est aussi nécessaire quand on écrit....
Vous avez la chance de vivre dans la nature, c'est mon plus gros manque. Je suis à Montmartre et m'échappe d la ville, le plus souvent possible
En tout cas merci infiniment de votre mot et d'être un passeur
Frédérique Deghelt
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Frédérique Deghelt est une romancière, journaliste, réalisatrice de télévision.
Elle est écrivain à temps plein depuis 2009.
Frédérique Deghelt a publié en 1995, aux éditions Sauret, un premier roman, "Mistinguett, La valse renversante".
S'en suivent : "Je porte un enfant et dans mes yeux l'étreinte sublime qui l'a conçu" (2007), "La vie d'une autre" (2007), "La grand-mère de Jade" (2009), "Le cordon de soie" (2011).
"La vie d'une autre" est porté au cinéma par Sylvie Testud, en 2012, avec Juliette Binoche et Mathieu Kassovitz.
En 2016, "Libertango" obtient le Grand prix de la ville de Vannes.
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Autre lettre de Frédérique. Extraits
Je ne peux m'empêcher de vous écrire au fur t à mesure de mes découvertes. Cette page de votre rencontre avec Françoise, je ne l'avais jamais vue et pourtant je me suis promenée un peu sur votre blog quand je l'ai découvert; J'ai dû être captée par autre chose. Et là soudain, je découvre votre proximité avec Bobin; Il y a chez moi quelques étagères de livres qui sont sur des radiateurs, un radiateur par auteur dont un pour Christian Bobin et un que j'ai en projet pour Françoise
Bobin je le rencontre un jour de spleen dans une librairie qui s'appelle "N'oubliez pas de lire"...vers Bastille. Il y a une table entière pour lui. Nous sommes en 1990 et comme vous le dites, il est peu connu. Il répond immédiatement à mes préoccupations du moment sous forme d'oracle...
Je le lis. Je lis tout comme on le fait avec chaque rencontre importante. Ensuite je lui écris, il me répond. A cette époque j'écris dans l'ombre, comme on respire, sans se dire qu'on peut en faire un métier.... J'écris depuis que je sais lire. C'est la façon d'être au monde. Nous allons échanger souvent avec Christian Bobin, que j'ai vu il y a quelques jours dans un spectacle offert par la grande librairie. Je lui enverrai mon premier livre parce que ceux qui nous précèdent sont des guides et ouvrent des chemins que nous ne saurions refuser...
Il fait déjà nuit gris sur Paris. Les journées sont à brûler dans la cheminée
Autre lettre de Frédérique
Je vous envoie trois de mes livres
Le côté indien dont vous me parlez. J'ai des origines gitanes...Je n'ai jamais été le cow-boy quand nous jouions enfant. Il me semblait grossier et ne connaissait rien à la nature
Je vais essayer de retrouver un texte inédit, écrit il y a dix ans qui s'appelait "Du plus loin que je remonte, je suis une indienne..
Désolée pour votre hanche. La santé est vraiment notre plus important cadeau et comme le disait Bette Davis "vieillir c'est pas pour les mauviettes". Comme je viens de passer le demi-siècle, je le découvre avec consternation. J'envoie des pensées de rétablissement sur votre hanche en rade et deux ou trois merles parisiens à vos fenêtres
De Frédérique ce 10 janvier 2013
Pas de nouvelles bonnes nouvelles... Comment allez vous ? Cette convalescence s'effectue-t-elle bien ?
Pour ma part, je suis noyée dans la recopie de mon livre dont je ne m'extrais que pour les urgences et tenir twitter et facebook comme des gammes d'écriture en raccourci. Mais c'est un chemin comme un autre et plutôt plus passionnant qu'un autre alors je tente de me rattraper aux branches mais ne me plains pas.. L'énergie est là c'est l'essentiel.
Magnifiques les dernières publications de votre blog... je suis je vous suis...
A très bientôt
Frédérique=
Sans oublier cet autre courrier avec Michèle LENOIR de Tournai qui m'enverra une peinture magnifique que je recevrai en clinique le jour de ma sortie, le 17 décembre
Je parcours régulièrement ton blog, me souviens avoir été émue par L'Homme de Boue. J'avoue que j'ai bien ri de votre auto-dérision, attendrie par ce vent de liberté qui souligne chaque acte, mais émue, profondément émue, surtout d'imaginer Hugo Horiot derrière sa camera et à un moment, très précisément, j'ai eu l'impression qu'il me permettait lui, cet homme qui avait été fermé sur lui-même, qu'il m'autorisait à me fondre en lui pour regarder en direct...
J'aime les rencontres biographiques, celles qui parlent de nos tripes, de nos êtres...Je m'interrogeais dernièrement sur le pourquoi du choix des biographies que tu nous partages sur ton blog, certes, des personnes qui nous touchent d'une façon ou d'une autre, l'on devine dans ceux dont tu parles, la fragilité qui les habite, celle de ces êtres entiers et à fleur de peau.....
OPERATION de la HANCHE DROITE
Et le mercredi 12 décembre, avec Danielle, j'arrive à la clinique à 10h20. A 10h30, je suis introduit à l'accueil du service de chirurgie orthopédique, par deux dames, à l'étage. A 11h00 on apporte un lit dans ma chambre. Mon voisin de chambre à 82 ans et vient d-être opéré d'une hanche. Un fou de cyclisme de Bertrix. Je me couche dans mon lit. Calmants. Attente A 13h15, on vient me chercher et on me mène à la salle de réveil. Un monde fou, deslits roulants partout. On me plaque contre un mur. Personne ne me parle. J'interroge. Mon chirurgien est en train d'opérer, je serai le suivant. J'entre en salle d'op. à 14h05. Je ne vois ni le toubib, ni l'anesthésiste. Des infirmières qui s'affairent et me préparent pour la charcuterie. Je m'endors d'un seul coup. Je pense que l'on doit me ramener en salle de réveil à 15h15,(donc 1h10 d'intervention) mais je ne me réveillerai qu'à 16h45, plein d'angoisses et criant c'est fini, c'est fini???Un infirmier me dit que tout s'est bien passé. On me ramène dans ma chambre à 17h05. Danielle est là, je souffre atrocement et on me met sous morphine. Une sorte de distributeur à côté de mon lit. Quand j'ai vraiment trop mal, je puis appuyer sur un bouton vert, mais pas plus d'une fois, tous les 5 minutes. Je ferai 50 prises dans les 48 heures qui vont suivre. Dans mon bras les aiguilles des baxters et sur mon flanc gauche, un drain prolongé par un sachet qui recueille le sang de l'opération et sert aussi à contrôler son évolution interne
Une amie de ma fille, Anne Bossicart, de la section "maternité" viendra me voir, de même que ma fille et mon beau-fils
Jeudi 13 décembre
Nuit insupportable. Le chauffage à fond de cale, 25 degrés, la nuit comme le jour. Impossible de réduire car les vannes thermostatiques sont bloquées. Pourquoi???. C'est ainsi que les cliniques Vivalia font des économies. Impossible d'ouvrir la fenêtre, cela dérange le voisin de chambre
Ma toilette à 8h30. Je ne mange pas mon pain humide et plastifié. On me retire mon drain. Un Kiné rwandais, stagiaire, sympa. Il s'appelle Eric. On m'assied sur le fauteuil à côté de mon lit. C'est intenable, je me fais rasseoir sur mon lit
Danielle arrive à 14h30. Je suis plein d'angoisse claustrophobique. Je suis assis sur mon lit. Mon voisin de lit Doncelle a de nombreuses visites, du club cycliste de Bertrix. Après le départ de Danielle, je parle avec lui. Il y a 4 ans, à 78 ans, il a monté le Ventoux à vélo, 3 fois en une journée, par les 3 face. Il a été enseignant technique. Il est hesbignon, de Voroux-Goreux
Passage de mon chirurgien Vandepaer. Il me dit que mes souffrances violentes au réveil étaient dues à l'état catastrophique de ma hanche
Nuit horrible. J'arrose tout mon lit en dormant. Une infirmière furibarde. Il fallait appeler. Imbécile, comment aurais-je pu appeler, je dormais. Elle change tous mes draps et la ferme
Vendredi 14 décembre
Première promenade avec ma "tribune"
On m'emmène à la radioscopie. Passage du chirurgien. Ma radioscopie est excellente.
Il n'y a aucun parloir à l'étage. Impossible de s'asseoir. En plus la planche de ma tribune est cassée. Une seule tribune par chambre
Repas dégueulasses. J'ai pourtant été visité par une diététicienne le 1er jour. On n'a tenu aucun compte de son rapport. Tout du bluff
Visite de Valérie et de Gauthier Pierson, mon voisin
Robert commence à marcher avec ses béquilles mais il a été opéré 2 jours avant moi
Samedi 15 décembre
Visite de mon généraliste, Philippe Maréchal
Ma tribune a disparu. Avec mes béquilles, je pars à sa recherche, entre dans le réfectoire des infirmières et réclame une tribune et avec un siège non-cassé svp car ça commence à bien faire !!. Un infirmier m'en décroche une et je rentre triomphant dans la chambre sous les yeux ahuris de mon voisin de lit, qui luit part demain
Visite de Monique Bossicart; Je suis allé l'attendre avec ma tribune devant l'ascenseur. Elle n'en revient pas. Monique m'offre un livre sur Paris. Danielle arrive et fait sa connaissance
Ensuite c'est Anne Magerotte qui entre dans la chambre après le départ de Monique. Danielle fait aussi sa connaissance. Anne nous parle de son séjour à Paris, d'une expo intitulée "Bête de Sexe" au Palais de la Découverte, de Frida Kalo où elle a dû "faire la queue" et enfin de " La Pute aux Cailles" (lapsus). Tous les trois, pris de fou-rires
Mais j'angoisse pour le samedi soir. Danielle part à une fête à Awenne, pour le départ de l'abbé Denis, Monique ne peut rester. Peur de la nuit dans ce four. Je téléphone à Cathy Leider mais me trompe et tombe sur Kathy Gueibe, la dame qui m'a vendu Canaille. Je n'ai pas le téléphone de l'autre Cathy
Alors je lis Kenneth White "L'Esprit nomade" et finis par m'endormir jusqu'à 6 heures
Dimanche 16 décembre
Un kiné de Durbuy, un certain Bernard, entre :"Monsieur Vancau de Moircy me dit-il! Qui ne connaît Christian Vancau à Moircy ???? Il me passe les béquilles de mon voisin (car moi je n'en ai pas) et on fait le couloir. Magnifique. Arrivé aux ascenseurs, il me dit "j'ai une surprise pour vous et il me fait monter les escaliers puis les descendre. Et ça marche. Il me dit "Super, encore une fois les escaliers demain et vous pourrez rentrer chez vous lundi
Je prends une douche (avec mes béquilles) puis croise le Dr Peeters qui a opéré mon voisin de lit Il me regarde marcher et me félicite. Je lui dis que je sors demain. En fait, rien n'est sûr encore mais je fais courir le bruit partout
Départ de mon voisin le cycliste
Encore de la Dinde sans aucun goût. Je n'ai pour ainsi dire rien mangé depuis 4 jours
Coup de fil de Jean-Paul Laixhay
Visite de Valérie et de Jipé. Le lit de la Croix Rouge n'arrivera à Moircy que mardi soit et non demain, comme prévu
Coup de fil de Pierre Verlaine, urologue à Liège; Ami au Collège Saint-Servais. Plus vu depuis 1976. Son épouse américaine est décédée
Danielle me quitte vers 18h45
Lundi 17 décembre
Arrive à l'aube, mon nouveau voisin de chambre, pour quelques heures. Monsieur Gaussin, fermier à Mirwart, le village voisin de celui de Danielle. Il est emmené en salle d'Op à 9h00
Danielle va à une gastroscopie dans ma clinique à 10h30. Passe me dire bonjour. Au retour, elle parle avec la femme et la fille de Gaussin qui travaille à la clinique, en matenité
Vandepaer mon chirurgien passe à 11h50. Il me confirme ma sortie et a les papiers en mains
Un jeune stagiaire vient me servir mon déjeuner. Je lui dis "C'est mon dernier repas", parole de condamné à mort et lui, pein d'humour, me répond "Votre dernier repas, ici ?"
J'aurais été hospitalisé durant 5 jours, à 75 ans
Et puis je descends avec Danielle, avec mes béquilles d'emprunt que mon ruandais m'a apportées hier. Je dois néanmoins les reporter au comptoir d'accueil et en racheter des nouvelles pour 15 euros. Comment aurais-je fait si j'avais été tout seul. Et aller chercher la voiture au parking en plus. C'est Danielle qui s'occupe de tout. En arrivant devant la porte avec la voiture, il y a un con qui bouche le passage et un embouteillage s'est formé. Je fais signe au paysan de dégager et comme il rouspète, je lève ma béquille vers sa vitre et il déguerpit
Nous devrons passer en Pharmacie pour acheter le matériel des piqûres à venir. C'est fermé car il n'est qu'une heure trente. J'irai dormir à Awenne, chez Danielle, puisque mon lit de la Croix Rouge n'est pas arrivé à Moircy. Je n'ai toujours pas de kiné non plus
Mardi 18 décembre
Nous quittons Awenne et rentrons à Moircy à 11h40. Mon dîner est déjà dans la boite à lettres. Encore de la dinde de merde en rondelles
Vers 16h00 arrivée du lit de la Croix Rouge avec deux messieurs qui le montent dans le coin de feu
Grâce aux infirmières, un kiné de Libramont, un certain Dessoy, me téléphone et viendra demain
Mon beau-fils Jipé descend mon PC et me branche mon Modem qu'il descend au rez-de-chaussée
Une soignante Nathalie Robijns, vient me faire ma piqûre de Clexane
Jipé prend des mesures, il va me construire une rampe pour monter à l'étage plus tard et pouvoir faire mes exercices d'escalier avec le kiné
Le jeudi 20 décembre. 3e Kiné. Je marche avec une seule béquille
Le samedi 22, mon beau-fils m'installe rampe et balustrade au grand escalier du Hall
Le 25 décembre, Valérie ici avec Jipé et son papa Jean le repas de Noêl. Homard. Jean Bieuvelet a apporté une bouteille de Pommard
Mercredi 26, dixième et dernière piqûre de la 1ère boite de Clexane
Le 27 une infirmière m'enlève la moitié de mes 24 agrafes et l'autre moitié le 28 décembre. Kiné n°6. Je marche sans béquilles. Le 28, je monte les escaliers seul et on m'enlève ma 2e série d'agrafes. Le 29 Kiné 7. le dimanche 30 décembre, 13e piqûre
Lundi 31 décembre
Kiné n°8, 14e piqûre de Clexane
Visite de Valérie et Cie (la soeur de Jipé et son mari), de 16 à 19h00
Réveillon calme avec Danielle. On est crevés. Loin d'être au bout du chemin. car mon cas est différent de celui qui ne doit se faire opérer que d'une hanche. Convalescence et rééducation douloureuse car pour récupérer ma hanche droite opérée je dois m'appuyer sur ma hanche gauche complètement foutue, cette hanche qui devrait être remplacée à son tour dans 6 mois mais qui, en fait le sera dans 5 mois, tant la douleur sera devenue insupportable, malgré les progrès de ma hanche droite prothèsée. Je vais devoir encaisser 26 séances de kiné et ce jusqu'au 22 février 2013. J'obtiendrai de me faire opérer de la hanche gauche, un mois plus tôt que prévu, soit le 10 mai 2013
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Le BAREUZAÏ




























