Bien, après ces quelques photos introduites dans mon texte, que voulez-vous que je vous dise, sinon que, je suis un peintre et donc un visuel, et je crois plus à la suggestion de l'image qu'à celle du verbe, je reviens à ce berceau familial, essentiel pour faire le bilan de sa vie, rapport , comme disent les rapeurs, après Gabin, que nous commençons tous notre vie dans un berceau, hormis un certain nombre de défavorisés, qui la commencent dans un carton roulé sur le trottoir ou dans une poubelle. Je suis donc un enfant de favorisés, un bébé de bourgeois, mais j'insiste, je n'ai rien choisi, d'ailleurs qui choisit ?? Le problème n'est pas là, le problème est de se faire avec ou contre ou plutôt avec et contre ce qui vous est donné au départ, mais avant tout de se faire SOI. Suis-je clair? J'y reviendrai. Pour le moment mon propos est de dire dans quel contexte je suis né, avec quelle éducation et quelle hérédité et de dire ensuite comment je me suis reconstruit par rapport à ces contextes que je n'ai pas choisis.
Donc je nais dans un contexte familial assez particulier. Deux familles bourgeoises:
Celle de mon père, la famille gantoise, un grand-père gynéco (Doc gynéco) dont le père était aussi gynéco, Charles Van Cauwenberghe (1841-1911) et Recteur de l'Université de Gand de 1894 à 1897, époux de Ida Rolin, les Rolin, encore une dynastie, il s'agit donc de mes arrières grands-parents, que je n''ai pas connus. Charles Van Cauwenberghe est issu de la paysannerie, cest lui qui a fait des études de médecine et donc qui a introduit la rupture avec ses prédécesseurs, qui étaient des "Huiliers", des "Olieslaegers" de la région de Wanegem-Wortegem (Oudenaerde comme on dit maintenant). (si je n'ai peint qu'à l'huile pendant des années, ce n'était peut-être pas un hasard ) Un de mes ancêtres,, Pierre-Jean Van Cauwenberghe ((1663-1724) était bourgmestre de Nokere. En passant, la traduction du nom Van Cauwenberghe serait "Du mont des Choucas" et non des corneilles, sinon je m'appelerais "Van Craaienberg". Cauwen en vieux flamand, voudrait dire Choucas. Et Choucas en tchèque se dit Kafka. Pas de quoi en faire un "Procès"!
Du côté de ma mère, il y aussi un recteur d'Université, mon grand'père Jules, donc une sorte de bourgeoise intellectuelle, issue, là aussi, de la médecine, mais issue en même temps d'un milieu, non pas de Huiliers mais de Lainiers, car les Duesberg font partie des grands familles de lainiers de Verviers, avec les Houget et bien d'autres; Et tout ce monde, en pleine prospérité, s'entrecroise et se croise. C'est ainsi, par exemple que Maurice Pirenne, le peintre et frère de l'historien Henri Pirenne, épousera la soeur de mon grand'père Jules Duesberg, ma tante Maria. Mais il y a aussi une prospérité du blé, du grain, de la laine et des tissus à Gand et c'est ainsi que Robert Van Cauwenberghe, le frère de mon grand'père, épousera une Verviétoise, Daisy Beck(ma tante Daisy, très belle femme, que j'ai connue à Ceroux-Mousty), qui était la cousine germaine de Christian BECK, écrivain verviétois(1879-1916) qui est allé rencontrer Tolstoï à Moscou, en faisant le voyage à pied. J'en ai parlé souvent avec mon ami André Blavier, autre verviétrois célèbre, qui avait publié un livre sur lui aux Editions "Temps Mêlés" Christian Beck était aussi le père de Béatrice Beck, Prix Goncourt en son temps, que je n'ai malheureusement jamais rencontrée.
J'ajouterai encore que mon grand-père Jules Duesberg, libéral confirmé et à mon avis franc-maçon, avait une soeur religieuse, supérieure du couvent de Jupille, TanteLoulou et un frère Bénédictin de Maredsous, Emile Duesberg, dit Dom Hilaire avec une figure rubiconde à coller sur une bouteille de 'Bénédictine", Dom Hilaire Duesberg, mon Oncle Emile, exégète de la Bible bien connu, écarté de Maredsous, disons exilé comme non-conforme et envoyé à Ouchy ou Luchy, avec trois autres moines, dans une petite villa au bord du Lac Léman, (professeur d'Exégèse à l'Université de Fribourg ), où il est devenu ami de Georges Simenon et a notamment baptisér son fils Marc, le réalisateur bien connu, époux de Mylène Demongeot. Simenon en parle dans ses "Mémoires Intimes" et nous avons eu un courrier à ce sujet. En fait, ils gueuletonnaient ensemble toutes les semaines, c'est Simenon qui me l'a écrit, ça ne devait pas être triste pardi !


