Ma Biographie 1 Je suis né en 1937 à Gand-
Une biographie, je l'ai rédigée sur papier il y a quelques années, uniquement celle de mes 30 premières années, couvrant donc la période, allant de 1937 à 1967, mais personne ne l'a lue, pas plus que mon journal couvrant la période de 1980 à ce jour et totalisant 183 volumes et près de 46.000 pages. Je vais donc essayer de partager, via ce blog, ce parcours qui est le mien et qui fût semé d'embûches, un parcours pour le moins chaotique, mais riche et passionnant et que je ne regrette en rien !
Tout a commencé à Gand, le 1er Novembre 1937, la veille du jour des morts, plus funeste que cela tu meurs et de surcroît en plein "Brumaire", comme dirait Bonaparte, un des plus laids mois, automne enterré et neiges d'hiver, pas encore présentes. Ce jour-là, mon grand'père paternel, qui est gynécologue, me met au monde, à notre domicile, en plein centre de Gand, à deux pas de Saint-Bavon, où je serai baptisé. Ma mère, une liégeoise, Suzanne Duesberg, a épousé mon père, un Chirurgien gantois et est venue s'installer à Gand. Ils s'étaient rencontrés lors d'une croisière en Norvège (Tous les bourgeois, à cette époque se rencontraient en croisière... oublié Le Titanic). J'aurais été conçu sur les hauteurs de Rome au début de l'année 1937. Personnellement je ne me souviens pas vraiment, si ce n'est un bruit de branchages, assez sauvage, qui parfois retentit encore à mes oreilles, sur fond de cloches romaines. Ah les coquins!
Tout me prédestinait à vivre en vrai flamand pur et dur, mais voilà, la guerre est là. En juin 1940, mon père, refoulé sur les plages de Dunkerke avec beaucoup d'autres, parvient, lui, pardi il était médecin, à s'embarquer pour l'Angleterre et en juin nous prenons la route de l'exode et partons pour Montpellier, dans la voiture de mon grand'père gantois et nous allons y rester pendant trois mois. De ce voyage je n'ai que quelques souvenirs: un bombardement de nuit dans une cave à Abbeville où nous faisons étape, une chute dans un fossé plein d'eau à Montpellier et un autre souvenir refoulé. En effet, pendant des années, j'ai fait un rêve récurrent: je me trouvais au bord d'une route et deux avions allemands piquaient sur moi; alors à toute vitesse, je creusais un début de trou avec mes mains et m'y enterrait, enfin juste la tête, comme une autruche; les balles traçantes sifflaient autour de moi et je me réveillais transformé en passoire. Et un jour, on m'a raconté que c'était une histoire vraie. Nous avons en effet été mitraillés sur la route de Montpellier alors que voitures et charrettes étaient bloquées en colonnes et que nous pique-niquions, j'ai bien dit "pique". On m'avait mis sur le toit de la voiture, excellente idée et mon jeune Oncle qui devait avoir 18 ans, s'est précipité sur moi, m'a pris dans ses bras et à plongé dans le fossé en me couvrant de son corps. C'étaient deux stukas, blindés et camouflés à mort, crachant leurs vomissures meurtrières.
Bref trois mois plus tard, toute la famille, sauf mon père, remonte à Gand. Et de là, ma mère, ma soeur et moi, partons à Liège, pour aller vivre Quai Mativa, ches les parents de ma mère, les Duesberg. Ma soeur Danièle est née en 1939 et nous nous entendons à merveille. Mon grand'père est professeur d'anatomie à Liège mais il a été Recteur de l'Université de Liège, ami personnel du Roi Leopold III et Ministre de l'Instruction Publique. Il mesure plus de deux mètres et à l'Université on l'appelle "Le grand sympathique". On me dit que les étudiants d'aujourd'hui, étudient encore dans ses livres d'anatomie
Mon grand-père a emmené toute sa famille en 1914, à Baltimore aux USA, ayant été nommé Professeur d'anatomie à Boston et ce jusqu'en 1918. Il avait 4 enfants, dont ma mère, née en 1914. Deux nouveaux enfants ont été mis au monde là-bas, Adrien et Nénette, et y sont morts de la polio pendant la première guerre
Mon acte de naissance, ma grand-mère Adrienne aux USA avec une de ses trois filles, ma mère dans les bras de son père, ma grand-mère et quatre de ses enfants, la maison de Baltimore, ma mère à 4 ans, mon grand-père Jules, Adrien et Nénette, morts de la polio aux Usa, et ma grand-mère avec sa petite dernière, Antoinette, dite Nénette











